Merci à la Suisse!

jeudi, 01.08.2019

Céline Renaud*

En fin soirée du 31 juillet, j’ai reçu une très jolie photo de ma maman, toute souriante, aux côtés d’Ueli Maurer. Notre président de la Confédération était présent à la célébration du 1er août dans une commune du canton de Berne. Pour des questions pratiques, quelques communes fêtent le 1er août déjà le 31 juillet au soir et je peux comprendre que certains ne soient pas d’accord avec la chose. Dans tous les cas, c’est génial en Suisse, cette proximité que nous pouvons avoir avec nos politiciens. Nous devrions l’utiliser beaucoup plus.

Le système de démocratie directe est un cadeau. Je vois tellement de gens maussades en raison des nouvelles quotidiennes toujours très négatives et qui se disent ne rien pouvoir faire. C’est faux! Nous pouvons facilement accéder à nos politiciens au niveau cantonal et même fédéral. Leurs emails sont publics et ils y répondent... Nous avons aussi souvent l’occasion de les rencontrer dans de nombreux événements publics et privés.

Alors en ce jour de fête nationale, est-ce que je suis fière de notre pays? C’est la question que je me suis posée ce matin dans mon lit. Oui, et je veux dire merci. Merci pour cette nature merveilleuse environnante et à tous les hommes qui ont vaincu ces montagnes pour construire des routes à la force de leurs bras alors qu’à certains endroits du globe tout plats, on n’arrive pas à faire construire même des routes pour des questions de corruption. Merci pour la qualité de vie, la paix, la tranquillité. Merci aussi pour l’économie, le système politique, l’éducation, la santé et la liberté. Il y a mille et une autres choses pour lesquelles je remercie d’être en Suisse.

Cependant, il y a toujours la lumière d’un côté et sa part d’ombre de l’autre. Il y a une grande marge d’amélioration possible. Et nous pouvons tous y participer en adressant ces requêtes à nos politiciens, lancer et porter des projets nous-mêmes, et être tenaces... comme des Franz Weber ou encore la Suédoise Greta Thunberg. La ténacité, c’est ce qui nous caractérise, nous Suisses, n’est-ce pas? Quand nous voyons comment les habitants ont survécu dans les Alpes et dans le Jura, et comment nous faisons des chefs-d’œuvre horlogers avec des pièces aussi belles et minuscules... Il y a énormément d’exemples inspirants de survie en Suisse. D’ailleurs, cette survie, c’est une des raisons pour laquelle il y a tellement de brevets et que l’innovation y est si abondante.

La question de l’intégration des personnes en migration divise nos citoyens. Nous ne pouvons pas se voiler la face, il y a un problème. D’une part, l’immense souffrance de toutes ces personnes – et d’ailleurs c’est pour cela que j’ai cité la paix en premier dans mes gratitudes envers notre Confédération helvétique ce matin. Cependant, cette problématique enfle car il semble que nous touchons un plafond sur notre capacité à accueillir. Plutôt que de dire simplement stop comme le préconise certains, ce qui semble invraisemblable au vu de la souffrance de nos prochains, nous devrions beaucoup travailler sur l’intégration et les sanctions. En Suisse, nous sommes super forts pour dicter des lois mais la sanction et l’application laissent à désirer. Au volant par exemple, nous savons qu’il ne faut pas coller la voiture devant nous pour des questions de risques, et pourtant cela se voit partout et trop peu encore été amendés pour cela. Nicolas Sarkozy, alors qu’il était encore ministre, avait fortement fait diminuer la vitesse des automobilistes en France et j’adore le respect des vitesses sur les autoroutes françaises qui m’emmènent dans le nord. L’ancien maire de New York Rudy Giuliani a rendu sa ville propre en amendant. Bref beaucoup d’exemples existent sur une application des lois grâce à une forte volonté et l’application ainsi que la sanction. La question de l’intégration trouve une assez bonne réponse quand nous voyageons aux Pays-Bas, un des seuls états en Europe avec encore une bonne croissance économique.

J’espère que vous avez passé un merveilleux 1er août (ou 31 juillet!) et merci à la Suisse d’être telle que tu es, avec tes ambiguïtés, tout comme nous tous...

*CEO et fondatrice JMC Lutherie





 
 
 

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