Mangeons des insectes pour sauver la planète!

mardi, 19.05.2020

Céline Renaud*

Céline Renaud

Peu de temps après les mesures prises par le Conseil Fédéral pour protéger la population contre le Covid-19, des entrepreneurs de la vallée de Joux ont organisé une action de soutien aux commerçants et entreprises de services de notre région. Une entreprise présente sur cette plateforme a particulièrement attiré mon attention: Gourmet Bugs, qui veut dire des insectes à manger.

Cela a attisé ma curiosité et j’ai pris un bon pour tester mes premiers insectes... préparés sous forme de chips et de pâtes. Et je découvre à mon grand étonnement que c’est excellent, c’est moins gras et plus protéiné. Même notre fille de 7 ans adore. Depuis je mange des insectes par exemple au petit déjeuner avec mes céréales ou je croque des grillons comme snack nature ou encore dans différentes confections. Passé les premières réticences, je me rends compte que cela donne plus d’énergie ainsi qu’un sentiment de satiété plus rapide et plus durable.

Celui qui est à la tête de cette entreprise se dit entomopreneur, qui vient de la contraction de «entomo» qui signifie insectes et entrepreneur. Selon le rapport de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), en 2050, nous serons près de dix milliards d’habitants sur la Terre mais nous ne serrons capables que de nourrir la moitié. Comme nous produisons actuellement notre alimentation, nous allons droit dans le mur. Il est donc impératif de trouver des solutions dès aujourd’hui.

La consommation d’insectes d’élevage est donc une piste très intéressante car cela réduit de façon drastique la consommation d’eau et la production de CO2. En 2017, la Suisse a autorisé la commercialisation d’insectes mais l’intérêt général est retombé depuis. Trois espèces sont autorisées, à savoir les vers de farines, les grillons, les criquets ou sauterelles. Nous sommes beaucoup à nous préoccuper de notre manière de nous alimenter et sans aller dans le végétarisme ou le véganisme strict, nous pratiquons le «flexitarisme». Les insectes répondent aux préoccupations courantes tant au niveau qualitatif alimentaire, respect des animaux et de l’environnement. En effet, en parlant avec cet ami, j’ai été touchée lorsqu’il m’a raconté qu’il ne laissait pas un ver de terre tombé parterre mourir seul dans un coin. Bien au contraire, il le remettait précautionneusement dans un bac prévu à cet effet. 

Nous parlons ici bien d’insectes d’élevage et non pas sauvages, d’une part pour ne pas dérégler l’équilibre naturel et d’autre part, pour des questions sanitaires. Il a été démontré qu’en élevage, ils ne peuvent pas être porteurs de maladies comme cela est le cas avec la maladie de la vache folle chez les bovins par exemple. Les règles d’élevage sont extrêmement strictes afin de garantir la qualité et la sécurité de l’aliment final. En effet, imaginer croquer une sauterelle dans notre jardin ne permet pas de garantir qu’elle n’est pas malade, ni qu’elle n’ait pas été exposée à des pesticides ou autres produits toxiques ou encore porteur de toxines. Toute la chaîne alimentaire est contrôlée sur plusieurs générations avant de commencer la commercialisation à proprement parler. 

Alors si comme moi vous êtes plutôt flexitarien/ne, c’est-à-dire à tendance à vouloir mettre votre attention sur ce que vous avez dans votre assiette et que vous souhaitez une alternative, et qu’en plus cette crise du Covid-19 vous donne à réfléchir sur ce que vous pourriez faire concrètement pour aider notre planète, manger des insectes et devenir entomophages-locavores est une bonne solution pour réduire notre émissions de CO2, limiter la consommation d’eau ainsi que l’utilisation des terrains tout en améliorant notre qualité de vie. Bon appétit!

* Entrepreneure et conférencière





 
 
 

AGEFI

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