L’informatique et le numérique à l’école en Suisse romande

jeudi, 06.06.2019

Olivier Naray*

Olivier Naray

Le Groupement romand de l’informatique (GRI) propose que les écoles collaborent avec les spécialistes ICT au lieu d’attendre que les enseignants actuels prennent deux ans pour se mettre à niveau officiellement. Le niveau des jeunes concernés n’est pas impressionnant en la matière. 

«C’est en anglais,  tu as vu, mince  alors …!» Un peu de panique entre ces écoliers et apprentis enfermés dans une salle avec des ordinateurs pour un focus groupe.  On mesure leur alphabétisation numérique et informatique en tant que «digital natives» dans une enquête focus groupe. Rien que quelques mots d’anglais du premier exercice sèment la peur; finalement, la plupart de ces jeunes atteignent un score correspondant au niveau numérique de l’an 2000…et nous sommes, sauf erreur, en 2019. Facile, dès lors, de déconstruire le mythe selon lequel les jeunes maîtriseraient les outils numériques mieux que les autres. 

Bureautique n’est pas égale à informatique 

Il ressort de ce focus groupe mené avec la HEG Genève, qu’en réalité, l’enseignement informatique, pour non informaticiens, couvre surtout la bureautique (Word, Excel, Powerpoint) et non l’informatique. Oui, la bureautique c’est du numérique mais est-ce que cela suffit-il à l’heure de l’intelligence artificielle et de la robotisation? Pas vraiment. Il faut agir pour rectifier le tir, et vite.

Une appréhension interdisciplinaire

Il est clair qu’un enseignement amélioré de l’informatique et du numérique ne peuvent pas être mis en œuvre par des enseignants généralistes en place et qu’il faut dès lors aussi aborder la question du recrutement d’enseignants spécialisés. Officiellement, un enseignant doit prendre deux ans pour se mettre à niveau en informatique en passant par la Haute école pédagogique. Qui peut-se permettre un tel luxe? Entre temps, imaginez l’absurde: si l’élève, d’emblée, en savait plus que le maître!

Devant la commission parlementaire du Grand Conseil genevois, le Groupement romand de l’informatique, Albin Baptista, président du GRI renchérit: «Il ne s’agit pas d’aller jusqu’à former des codeurs à l’école mais plutôt de rendre les élèves tout simplement alphabète par rapport au numérique comme c’est le cas avec la lecture et l’écriture.» Sensibiliser les élèves pour une utilisation et une application averties et responsables des outils numériques et de mettre en avant la capacité de communiquer et de comprendre la machine, y compris l’intelligence artificielle, voilà le programme recommandé par le GRI.  

Selon le professeur Jean-Philippe Trabichet de la HEG Genève et membre du GRI, «il faudrait distinguer trois niveaux d’intervention dans l’enseignement à savoir l’utilisation d’internet et de quelques applications, la compréhension ou le décodage, puis la création active à savoir le codage». Intéressons nous alors aux éléments tels que d’où viennent ces technologies actuelles qui changent nos vies? Où s’appliquent-elles et pourquoi? Il faut les inscrire dans l’histoire des techniques.

* Responsable Affaires publiques, Groupement romand de l’informatique





 
 
 

AGEFI

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