L’industrie 4.0: une approche numérique simple

mardi, 07.05.2019

Xavier Comtesse* et Christophe Jouffray**

Xavier Comtesse

Si l’on considère les nouveaux moyens électroniques et informatiques (hardware et software) dont dispose l’industrie aujourd’hui, l’usine devra être considérée comme «numérique».

En effet, l’usine moderne est un processus continu dont la chaîne numérique constitue le «système nerveux».

De la conception à la production, de la logistique à l’expérience client... tout y passe. Il n’y a aujourd’hui plus rien qui échappe à la transformation des tâches. C’est cela l’essence même de l’usine numérique: tout est connecté à tout: les gens, les machines et les process. C’est ce qu’offre par exemple la plateforme Tulip, entreprise située à Boston, dans la fabrication d’app pour la production industrielle.

Mais la constitution d’un tel processus a nécessité un changement radical dans la conception même de l’organisation de l’usine. Les nouveaux outils numériques sont nombreux: IoT, sensors/capteurs, chariots et véhicules autonomes, 3D printing, robots et bots, drones, big data, machine learning (ML), R/V (réalité virtuelle), etc. Mais aussi les plateformes informatiques comme le cloud ou l’edge computing ou encore au niveau des télécoms la 5G. Bref, l’usine se révolutionne partout à la fois, c’est ce qui fait la complexité de la phase de transformation actuelle.

Pour y mettre de l’ordre nous proposons une approche organisationnelle en trois étapes:

– D’abord les données: celles-ci sont au cœur du changement. Nombreuses, voire très nombreuses, structurées ou non structurées, etc. elles représentent virtuellement l’ensemble des informations qui traversent l’usine. Sans elles, pas de révolution. Cependant leur usage a changé. On peut les trouver classiquement dans la comptabilité ou beaucoup moins habituellement dans des prévisions analytiques issues de l’intelligence artificielle. C’est la multitude qui fait problème. Il s’agit donc d’abord d’avoir une véritable organisation des données. C’est la base absolue à tout évolution vers le numérique

– Ensuite les capteurs (ou l’internet des objets). En effet, dès lors que l’on a besoin de savoir, il faut avoir des capteurs pour chercher l’information. Par exemple, un chariot qui se déplace seul dans les ateliers aura besoin d’innombrables capteurs pour reconnaître son chemin et éviter les obstacles. Les capteurs sont déjà omniprésents sur les outils, les machines-outils ou sur les véhicules. Demain, ils seront partout!

– Enfin les algorithmes, qu’ils soient classiquement déterministes comme dans la programmation informatique, en robotique ou alors non déterministe comme dans l’intelligence artificielle ou en machine learning (ML), vont devenir le savoir-faire de l’usine moderne. En quelque sorte, les algorithmes représentent toutes les procédures. Avec eux on conçoit, fabrique, déplace et vend toute chose. C’est avec les données, le cœur de l’usine numérique.

Avec cette approche méthodologique simple, il est possible à chaque industrie d’évoluer vers le numérique. Il ne faut pas procéder autrement. La tentation de faire des projets complexes et globaux peut rendre caduc toute accumulation d’expériences. A l’heure actuelle, il est bon d’avoir une vision d’avenir pour l’usine connectée mais il faut d’abord faire le pas de la révolution des données et des algorithmes. Apprendre et maîtriser son avance vers l’inconnu.

* Mathématicien
** Cartier Manufacture 





 
 
 

AGEFI

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