L’hospitalité, un secteur incontournable de la reprise

mardi, 19.05.2020

Benoit-Etienne Domenget*

Benoit-Etienne Domenget

L’hospitalité est bien plus qu’une industrie: ses formations ouvertes sur le monde forgent les compétences des dirigeants de demain. En comptant pour 10% du PIB mondial, ce secteur sera l’un des principaux contributeurs à la reprise.

Quatre mois, 75 millions d’emplois menacés selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies, une baisse de 20 à 30% des arrivées de touristes internationaux, une perte de 2,1 trillions de dollars au niveau du PIB, avec 80% des petites et moyennes entreprises menacées. 

L’histoire nous apprend que ce ralentissement brutal sera suivi d’un fort rebond de l’industrie. L’hôtellerie est l’un des secteurs les plus résistants qui soit et a déjà démontré sa capacité à se redresser rapidement, tout comme après le 11 septembre et la crise de 2008. 

Déjà près de 90% des hôtels en Chine sont à nouveau ouverts, et le trafic aérien chinois fonctionne à plus de 40% de sa capacité. A l’heure du déconfinement, un rebondissement rapide et fort est possible. Les décisions prises aujourd’hui détermineront la nature de la reprise et de la croissance mondiale de demain. Nous devons poser les bases d’une reprise forte, durable et socialement inclusive dès à présent.

Je suis convaincu que cette crise est l’étincelle indésirable qui nous aidera à concilier des visions du monde trop longtemps opposées. Une mondialisation incontrôlée et sans limites n’est pas viable, pas plus que la tentation du repli sur soi ou la quête d’une décroissance idéalisée. Nous avons l’occasion unique d’être le point de départ d’une croissance plus équilibrée et plus durable. 

Et l’hospitalité en sera un de ses moteurs principaux. Car l’hospitalité est bien plus qu’une industrie: c’est l’art du service, du dévouement aux autres, de la générosité, l’ouverture sur le monde. En comptant pour 10% du PIB mondial et un emploi sur neuf dans le monde, la branche sera l’un des principaux contributeurs au rebond de l’économie mondiale et à la reprise du marché de l’emploi.

Il est possible d’associer le développement des échanges mondiaux, les voyage et l’accès aux loisirs pour le plus grand nombre, tout en étant plus respectueux des ressources, plus engagés dans le développement des communautés et des entreprises locales. 

Gérer cette complexité est le défi de notre génération. Les établissements d’enseignement sont déjà à la pointe de cette transformation. S’appuyer sur l’intelligence émotionnelle pour gérer des environnements complexes, réinventer des modèles, maîtriser les codes pour mieux en créer de nouveaux et s’engager pour un avenir durable ne sont qu’un aperçu de ce que nous enseignons et cherchons à inculquer à nos étudiants. Telles sont les qualités essentielles dont la prochaine génération de dirigeants aura besoin pour réussir «le jour d’après».

* CEO, Sommet Education





 
 
 

AGEFI

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