Temps pour penser, temps pour ne pas penser

dimanche, 20.10.2019

L’espace de cerveau disponible n’est plus un facteur de calcul en communication de vente. La semaine à venir de Pécub.

Pécub

Pécub

Le métier des solutions toutes prêtes est définitivement à son affaire. Surtout ne pas réfléchir, faire comme c’est dicté, tout a déjà été bien réfléchi. Surtout ne pas perdre de temps pour penser, acheter suffira. La consommation égo-sensorielle fait son beurre de la grosse flemme. Et pour définitivement combler l’espace de cerveau disponible, on va le gaver de divertissement. «make it simple and stupid». Il faut tenir occupés les trop nombreux de Nietzsche.

Jusqu’à l’âge de cinq ans, l’enfant rêve de devenir Léonard de Vinci, Marco Polo, Archimède ou Christophe Colomb. En période scolaire ou de formation, il rêve de devenir sportif millionnaire ou star de la télé. Après quelques années de vie active à transpirer le salaire, il rêve de devenir politicien. La politique spectacle offre des rentes de situation et la très convoitée starisation. Pas nécessaire d’être savant, il suffit d’assurer un vocabulaire, de sourire à beau slogan. Tous derrière et l’élu devant.

Jusqu’à il n’y a pas bien longtemps, l’homme regardait la nature et se bâtissait en potentiel créateur. Depuis peu, il ne regarde plus directement la nature, il regarde les écrans. La nature multisensorielle est devenue bi-sensoriellement artificielle, image et son. Ecouter-voir-consommer, sans la fatigue de devoir penser. Il n’y a plus d’espace de cerveau disponible, tout est occupé, voire suroccupé par le divertissement. Le René Descartes directeur marketing d’aujourd’hui pourrait écrire, «je ne pense pas, je consomme».

La situation en accélération de dégradation accélérée du moment nous commande de consommer autrement. Oui, presque tout le monde est d’accord, mais alors, consommer autrement comment? En ne consommant pas? Cela n’est pas une option, il y a une socio-économie à conduire. En consommant moins? Cela va laisser des cadavres au bord des chemins. Consommer tout autant, mais des produits intelligents, des produits à inventer. L’homme a une véritable chance de redevenir le créateur qu’il était. A la condition d’oublier définitivement l’homme consommateur-non-penseur.

Partout dans nos entreprises, nos institutions, nos cercles sociaux, il est urgent de se remettre à penser. Une planète à réinventer, quoi de plus stimulant comme chantier?





 
 
 

AGEFI

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