Les trois conditions pour être un vrai manager

dimanche, 05.01.2020

Christophe Clavé*

Christophe Clavé.

En 1954 Peter Drucker publiait «The practice of management». Ce faisant il inventait le management comme une science et un métier à part entière. Un récent numéro de la Harvard Business Review a republié un des articles du «pape du management» intitulé «Qu’est-ce qu’un véritable manager?»
Cet article reflète bien l’ambition de définir l’essence même du métier de manager. Le rôle du manager a évolué depuis 2005, date de la disparition de Peter Drucker, mais ses fondements demeurent incontournables. Selon Drucker trois conditions sont nécessaires pour être un «vrai manager».

1. Obtenir les connaissances nécessaires à sa mission. Le manager s’interroge en permanence sur ce qui doit être fait et sur ce qui est bon pour l’entreprise. Il ne s’agit pas de se demander ce que l’on veut faire, mais bel et bien ce qui doit être fait. La réponse à cette question comprend presque toujours une tâche urgente. L’urgence est un danger qui fait souvent dévier de ce qui est important. La tâche d’un manager c’est avant toute chose de définir la mission de son entreprise ou de son service. Ce n’est que lorsque cette tâche prioritaire est remplie que le manager s’occupera d’autres activités, mêmes celle qui sont plus attrayantes ou urgentes. Lorsque quelques tâches importantes ont été identifiées, le manager décide celles qu’il mènera lui-même, et celles qu’il déléguera. Enfin, le manager vérifiera si les priorités qu’il a définies sont les bonnes pour l’entreprise.

2. Transformer ses connaissances en action efficace.  Élaborer des plans d’action, assumer la responsabilité de ses décisions, assumer la responsabilité de la communication et se concentrer sur les opportunités plutôt que sur les problèmes sont les quatre éléments qui permettent d’assurer que les connaissances qu’a le manager sur ce qui doit être fait pour le bien de l’entreprise se traduise en actions efficaces. La rédaction d’un plan d’action est essentielle. Le manager est une personne d’action. Sa raison d’être est de mettre les choses à exécution. La meilleure idée du monde est inutile si elle ne se transcrit pas en actes. Chaque action identifiée s’accompagne de son objectif et de la mesure de son résultat. Et bien sûr, le plan d’action doit être revu et adapté. Comme le disait le général Eisenhower: «planning is everything, the plans are nothing.» Le manager n’est pas seulement action, il est aussi communication qui se tourne vers ses supérieurs, ses pairs et ses subordonnés. Communiquer pour agir et impliquer.

3. Assurer que toute l’organisation se sente responsable. Enfin, les derniers éléments de ce triptyque définissant un véritable manager se construisent autour de la conduite de réunions productives et du travail en équipe. Pour qu’une réunion soit productive il lui faut cinq éléments qui sont un objectif, un ordre du jour, un compte-rendu qui se concentre sur les décisions prises et les responsables de leur mise en œuvre. Adepte du «nous» au détriment du «je» en pensée comme en parole, le manager sait que si la responsabilité du résultat final lui incombe, il ne trouve son autorité et son efficacité que dans le collectif et les équipes qui l’entourent. Quel que soit son profil propre le manager écoute avant de parler, et considère les trois dimensions ci-dessus non pas comme des compétences supplémentaires mais comme sa raison d’être. L’information, l’action et le travail collectif sont bien les trois piliers actuellement décrits comme constitutifs d’une organisation moderne.

* Professeur de stratégie et management INSEEC SBE

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