Les six responsabilités incontournables des dirigeants

dimanche, 02.02.2020

Christophe Clavé *

Christophe Clavé

Le dirigeant est pour une entreprise bien plus que la personne qui la dirige. C’est vers lui que tout converge. Dans une étude récemment publiée le cabinet McKinsey (Carolyn Dewar, Martin Hirt, Scott Keller) considère qu’environ 45 pourcents de la performance d’une entreprise est directement liée à son dirigeant, PDG ou CEO.


Ce chiffre parait énorme. Quoi qu’il en soit, l’influence du dirigeant est déterminante. La littérature est abondante sur l’isolement jupitérien, illustrant la solitude du chef.
Les interviews de dirigeants qui tentent de percer leurs secrets mettent en avant le sacro-saint triptyque «définir la stratégie», «façonner la culture» et «nommer les bonnes équipes aux bonnes places».

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C’est bien sûr juste et essentiel. Lorsqu’on va dans plus de détails, il ressort que la capacité à faire un usage optimisé de son temps, la détermination, la résilience et la tolérance au risque sont des vertus cardinales du métier de dirigeant. Cela également est juste et essentiel.

La stratégie «corporate»

Au-delà de ces éléments, les dirigeants les plus performants s’approprient et gèrent directement un certain nombre d’activités consubstantielles à leur fonction, définies comme leurs six responsabilités incontournables.

La responsabilité #1 c’est la stratégie, et plus particulièrement la stratégie dites «corporate». C’est celle qui définit la vision de l’entreprise (ce que l’entreprise veut devenir), les quelques grandes décisions qui transforment l’entreprise, son portefeuille d’activités et son business modèle. Enfin c’est également celle qui alloue les ressources.

La responsabilité #2 c’est l’alignement entre l’organisation et la stratégie. S’assurer que les postes à responsabilités sont occupés par les meilleurs talents, assurer que l’organisation fonctionne, que l’information circule et que les décisions se prennent vite et bien, rechercher l’équilibre permanent entre agilité et stabilité. J’ajoute la nécessité de ne pas laisser à des postes de responsabilités des leaders incompétents.

La responsabilité #3 c’est l’optimisation des compétences et la recherche de l’intelligence collective. Assurer que les collaborateurs collaborent c’est-à-dire travaillent ensemble. Combattre les fausses idées, la forme de pensée qui empêche d’agir («on a déjà essayé», «on a toujours fait comme ça»…) et surtout garantir la cohérence des actions entre elles et avec la stratégie.

La responsabilité #4 c’est le soutien des actionnaires. La gestion de son conseil d’administration, ou de ses actionnaires est pour le dirigeant performant une clef de la réussite.

Le développement de leurs compétences, leur soutien à la stratégie, leur attention aux actions et objectifs vraiment importants (au détriment des enjeux secondaires) sont des facteurs clefs de succès pour un dirigeant et un board modernes.

Incarner l’entreprise

La responsabilité # 5 c’est la prise en compte des parties prenantes extérieures à l’entreprise. Le dirigneant est la voix et le visage de l’entreprise. Il l’incarne. Il doit entendre et prendre en compte les attentes des stake-holders externes et y répondre, dans la mesure de leur impact sur l’entreprise.

Enfin, la responsabilité #6 c’est le leadership. L’objectif ici est pour le dirigeant d’obtenir un engagement de grande qualité de la part de ses équipes. La connexion avec l’entreprise et avec les équipes doit être authentique.

Ces six responsabilités ainsi exposées ne sont guère révolutionnaires. Mais elles constituent une belle feuille de route pour tout dirigeant en quête d’excellence.

* Professeur de stratégie & management INSEEC





 
 
 

AGEFI

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