Les risques liés à la technologie évoluent sans cesse

jeudi, 31.01.2019

Nathalie Feingold*

Nathalie Feingold

On parle souvent de «nouveaux risques» pour désigner les risques liés au numérique et à la cybersécurité. Mais sont-ils réellement nouveaux? Pas vraiment, puisqu’ils ont l’âge des technologies sous-jacentes, c’est-à-dire plusieurs dizaines d’années! Ce qui est nouveau en revanche, c’est leur magnitude, leur complexité et la rapidité avec laquelle ils se propagent. La gestion des risques doit donc s’adapter.

On qualifie souvent de «nouveaux risques» les risques liés aux nouvelles technologies. Dans le Larousse, l’acronyme NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) désigne «l’ensemble des techniques utilisées pour le traitement et la transmission des informations (câble, téléphone, internet, etc.)». On comprend à travers cette définition que les nouvelles technologies ne sont parfois plus si nouvelles que cela! Et dès l’apparition de ces outils, les risques liés aux problèmes de transmission des données, de dépendance aux technologies ou de falsification à distance des informations ont émergé.

En revanche, ce qui est nouveau, c’est la croissance exponentielle de leur complexité (effet «boîte noire» de certaines technologies), de leur magnitude (attaques qui peuvent provenir de partout sur la planète) et de leur rapidité de propagation (liée à la puissance et à l’interconnexion des systèmes).

Ce qui est nouveau également, c’est notre hyper connectivité. Que l’on soit «tech addict» ou attaché à maintenir un ancrage dans les méthodes traditionnelles, il est difficile, voire impossible de ne pas faire reposer tout ou partie de la gestion des entreprises sur des données. Toutes les dimensions stratégiques sont impactées: production, logistique, finance, RH, juridique…

Enfin, un autre changement majeur impacte les entreprises qui autrefois – il n’y a pas si longtemps – étaient quasi exclusivement valorisées sur leurs performances financières. Or, désormais, actionnaires, clients et salariés attendent qu’elles participent à la croissance économique, mais également sociale, sociétale et environnementale. Leur capacité à prendre conscience et anticiper leur impact global influence leur valeur, qui se compose de plus en plus d’éléments intangibles. De surcroit, le risque de réputation devient prépondérant, comme l’attestent les récents scandales liés aux entreprises prises en flagrant délit de mauvaise gestion des données.  

C’est un changement de paradigme où la gestion des risques doit s’affirmer en tant que discipline vivante, ouverte sur le monde et au fait des enjeux liés à l’innovation. Elle doit évoluer pour s’adapter sans cesse aux transformations de nos métiers et de nos sociétés.
Il incombe également aux conseils d’administration, garants de la stratégie et de la pérennité de l’entreprise, de favoriser la diversité et le renouvellement des compétences en leur sein, afin d’assurer une vision dynamique, aiguisée et à 360 degrés des opportunités et des risques.

En conclusion, les risques liés à la technologie ne sont pas nouveaux, ils évoluent constamment avec les innovations et utilisations qui en découlent. Et cette évolution n’est pas près de s’arrêter! Les entreprises doivent donc s’organiser pour intégrer ces changements dans leur gestion stratégique et opérationnelle.

* Fondatrice de npba





 
 
 

AGEFI

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