Les entreprises avec des politiques de mixité investissent mieux

lundi, 28.10.2019

Jessica Alsford*

Jessica Alsford.

La recherche d’un rapport entre l’entreprise responsable et le retour sur investissement n’en est qu’à ses débuts. Mais les données sont claires dans un domaine – les entreprises les plus diversifiées font de meilleurs investissements. Mais, pour que le développement durable puisse fusionner avec l’investissement traditionnel, il faut qu’il y ait une corrélation claire entre les politiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et le rendement des investissements.
Parmi les quelque 1600 composantes de l’indice MSCI World equity, seulement 38 % des entreprises déclarent des émissions de carbone ou de gaz à effet de serre, d’après Refinitiv. Cependant, grâce aux efforts d’investisseurs et d’organisations telles que le Sustainability Accounting Standards Board, des progrès ont été réalisés – il y a 10 ans, seulement 13 % des sociétés de l’indice ont communiqué ces données. Cette disponibilité croissante d’ensembles de données ESG plus riches permet aux équipes de quants d’identifier les facteurs qui peuvent être intégrés dans les stratégies d’investissement.
La diversité est au cœur des préoccupations des entreprises et des investisseurs depuis près d’une décennie avec le 30% Club lancé au Royaume-Uni en 2010 et l’introduction par la France de quotas de femmes dans les conseils d’administration en 2011. La disponibilité des données sur le pourcentage de femmes parmi les employés et les cadres est relativement faible, mais, en les combinant avec des informations sur la diversité des dirigeants et administrateurs, nous avons pu faire des analyses solides.
En procédant à des tests rétrospectifs au cours des huit dernières années, nous avons pu conclure que les entreprises dont les employés sont plus diversifiés sur le plan du genre réussissent mieux que leurs pairs dont les effectifs sont moins diversifiés. Ces entreprises les plus diversifiées ont surperformé leurs indices de référence régionaux de 1,7 point de pourcentage en moyenne chaque année, tandis que les entreprises les moins diversifiées sur le plan du genre ont sous-performé de 1,4 point de pourcentage. Les rendements excédentaires ont été les plus élevés en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique, à l’exclusion du Japon.
Une contestation courante à l’égard d’une telle analyse est que l’ESG n’est qu’une approximation d’autres facteurs d’investissement tels que la taille ou la qualité. Toutefois, si l’on tient compte de la taille de l’entreprise, du rendement de l’action, de la rentabilité et du risque, nous avons constaté que les groupes diversifiés selon le sexe ont encore surperformé. En particulier, plus le pourcentage de membres indépendants est élevé, plus l’incidence sur le rendement du cours des actions est importante.
Démontrer que l’ESG est une source de génération d’alpha supplémentaire devrait favoriser davantage le recours à l’investissement durable dans l’industrie de la gestion d’actifs. Et le fait d’avoir obtenu de bons résultats en matière de critères ESG sera récompensé et encouragera les entreprises à améliorer leur approche propre.

* Responsable mondial de la recherche sur le développement durable, Morgan Stanley





 
 
 

AGEFI

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