Les différentes facettes de l’impression 3D

mardi, 12.03.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Les techniques de l’impression «additive» sont pour beaucoup d’industriels encore récente. Bien que l’on trouve des imprimante 3D dans beaucoup d’usine, elles sont pour l’essentielle utilisée pour le prototypage de pièces spécifiques. La phase d’un usage industriel est encore rare. C’est pourquoi nous allons aborder ce chapitre en analysant une à une les différentes facettes de l’impression 3D: l’additive manufacturing, le desktop manufacturing, les makers, la co-création.

Historiquement, l’industrie usine la matière première en la forgeant, la pressant, la décolletant, la perçant, la limant, etc. à l’aide de machines-outils. En somme, l’industrie soustrait de la matière à la matière pour obtenir des pièces, des éléments, des objets, des outils puis par assemblage des machines et des systèmes. Désormais, la «nouvelle» révolution industrielle va consister à additionner la matière à la matière pour obtenir les mêmes éléments jusqu’ici trop complexes ou impossibles à réaliser par soustraction comme par exemple des pièces contenant des cavités entièrement closes. On passe donc de l’ère de la soustraction à celle de l’addition pour schématiser cette révolution.

Pourtant ce n’est pas seulement un changement de forme mais bien de fond car les techniques, méthodes, approches, savoirs et inventions vont prendre une toute nouvelle orientation. Selon Véronique Athané, Operations Director chez MPS, «on revient avec l’impression 3D à un modèle proche du modèle de production artisanal, ou le producteur et l’utilisateur final sont une seule et même personne qui produit un bien unique». Mais l’impression 3D implique aussi la remise en cause d’un modèle de production que nous tenions pour acquis depuis la révolution industrielle, à savoir la production de masse, forcément standardisée et de préférence délocalisée dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre.

Aujourd’hui, l’apparition récente d’un appareil bon marché, facile d’usage et aux normes FFF comme l’imprimante 3D va permettre de changer la donne. Elle est à filament plastique qui couche par couche va reproduire n’importe quelle forme 3D. Elle est accessible à tout un chacun et s’est vendue par milliers de par le monde. On devrait atteindre le million d’ici deux ans. Aujourd’hui, ce sont les ingénieurs, les designers, les créatifs qui s’en emparent dans de nouveaux lieux appelés FabLab, TechShop ou Creative Center mais des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile, la téléphonie ou la médecine, ont déjà franchi le pas.

L’enjeu pour l’essentiel se situe dans la multiplication de ces centres de fabrication additive. Le président Obama l’a bien compris en proposant la création de 15 centres aux Etats-Unis sauf qu’il en faudrait un dans chaque ville américaine et donc des centaines voire des milliers.

En Suisse, une dizaine de centres existent depuis plusieurs années. Les premiers étaient situés à Lucerne et Neuchâtel. Conçus autour du concept de FabLab, ils expérimentent de manière encore confidentielle avec des entreprises locales, la conception d’objets additifs. Là aussi, le Parlement fédéral et le gouvernement suisse n’ont pas encore pris conscience de ce bouleversement. Car toujours selon Véronique Athané: ce qui est particulièrement prometteur, dans ces technologies d’impression 3D, c’est la tendance à la relocalisation de la production que ces technologies permettent. Un espoir certain pour une Suisse industrielle.

* Mathématicien





 
 
 

AGEFI

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