Les chauffeurs professionnels VTC veulent travailler, laissons-les rouler

dimanche, 28.06.2020

Jean-Pascal Aribot*

Jean-Pascal Aribot

La crise du coronavirus a eu un impact considérable sur les secteurs du tourisme et du transport à travers le monde, affectant ses nombreux acteurs y compris les taxis et les VTC (véhicules de transport avec chauffeurs).

La crise du coronavirus a eu un impact considérable sur les secteurs du tourisme et du transport à travers le monde, affectant ses nombreux acteurs y compris les taxis et les VTC (véhicules de transport avec chauffeurs).

Plus que jamais, Uber se mobilise pour aider les chauffeurs à exercer leur activité en toute sérénité, avec notamment la distribution gratuite de masques. Pourtant, leur reprise s’avère compliquée en raison de blocages administratifs. En effet, de nombreux chauffeurs utilisant une application de type Uber n’arrivent pas à obtenir l’aide financière Covid-19 (APG) car les autorités chargées des assurances sociales refusent de les reconnaître comme travailleurs indépendants, alors qu’elles reconnaissent les chauffeurs de taxi comme indépendants depuis des décennies.

Pourtant, les chauffeurs utilisant l’application Uber sont eux aussi des indépendants. Ils sont libres de décider du moment, de la durée d’utilisation, du lieu et de sa fréquence d’utilisation. A ce jour, divers conseillers nationaux, de tous horizons politiques, ont présenté des propositions visant à clarifier le statut des personnes utilisant les plateformes numériques dans le but de générer un revenu. La crise actuelle pourrait faire accélérer les discussions politiques pour allier indépendance avec protection sociale.

Alors que la situation est déjà contraignante pour les chauffeurs professionnels durant cette phase de crise et d’instabilité, la nouvelle Loi sur l’exercice des activités économiques (LEAE) en vigueur dans le canton de Vaud a pris une nouvelle direction. Alors qu’une preuve de demande d’affiliation en cours suffisait aux nouveaux chauffeurs pour leur permettre d’exercer, une preuve confirmée d’affiliation à l’AVS leur est désormais demandée. De leur côté, les autorités chargées des assurances sociales ont cessé de fournir cette preuve d’affiliation à l’AVS, discriminant les chauffeurs utilisant une plateforme digitale comme Uber. Par conséquent, ce sont des centaines de chauffeurs pourtant détenteurs du permis professionnel qui n’auront ainsi plus la possibilité de générer un revenu.

Des opportunités économiques attractives

Cette réalité est d’autant plus inquiétante en cette période d’augmentation du chômage. Il m’importe de souligner que la profession de chauffeur professionnel et indépendant offre une flexibilité et un accès à des opportunités économiques attractives, comme souligné dans le récent rapport de l’Office fédéral de la statistique sur les travailleurs de plateforme.

Après la crise du Covid-19, les chauffeurs veulent travailler, comme nous tous. Laissons-les rouler. Pour cela, une solution administrative simple et immédiate serait possible: leur permettre de réaliser leur activité comme indépendant en attendant que le contentieux avec les autorités compétentes soit réglé. 

*Responsable Uber Suisse





 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...