L’économie vaudoise résiste malgré des vents contraires

jeudi, 31.10.2019

Claudine Amstein*

Claudine Amstein

La plupart des entreprises du canton de Vaud sondées par la CVCI sont confiantes en dépit des nuages noirs qui s’amoncellent à l’horizon international. Le développement durable, quant à lui, est toujours davantage pris en compte par les sociétés.

Guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, ralentissement conjoncturel mondial, incertitudes géopolitiques: les raisons d’être optimiste ne sont pas nombreuses pour le monde de l’économie en cette fin d’année. Au niveau suisse, le centre de recherches conjoncturelles KOF de l’École polytechnique fédérale de Zurich voit son baromètre économique atteindre son niveau le plus bas depuis 2015. Malgré ce contexte défavorable, la confiance des entrepreneurs vaudois reste bonne. Les résultats de l’enquête conjoncturelle semestrielle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), publiés mercredi, montrent que les chefs d’entreprises sont plutôt optimistes quant à l’évolution économique à moyen terme. Le constat vaut également pour le secteur industriel, bien qu’il soit davantage soumis aux aléas des marchés mondiaux.

La marche des affaires est jugée satisfaisante ou positive par 85% des sondés pour cette année, aussi bien dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Les excellents résultats de 2018 ont permis une hausse sensible des salaires en début d’année, puisque près de 60% des entreprises ont accordé des augmentations de l’ordre de 1,2% en moyenne. En matière d’emploi, la dynamique est elle aussi favorable: plus d’un quart des répondants ont procédé à des engagements, tant dans l’industrie que dans les services. Cette tendance devrait s’inscrire dans la durée puisqu’un sondé sur cinq prévoit d’embaucher l’an prochain. Seuls 7% d’entre eux s’attendent à devoir réduire leur personnel.

Manque de visibilité à long terme

Si les perspectives paraissent favorables à moyen terme, un pic semble toutefois avoir été atteint. Les milieux industriels, notamment, observent quelques signaux qui tempèrent le climat conjoncturel actuel, ainsi qu’un manque de visibilité à plus long terme. Les capitaines d’industrie sont d’ailleurs globalement moins satisfaits du niveau de leurs marges d’autofinancement que l’an dernier. En outre, 37% des entreprises ont procédé à des investissements cette année (contre 38% en 2018). Ce pourcentage devrait encore baisser l’an prochain, à 35%. 

Tous les feux ne sont heureusement pas au rouge: la croissance, même si elle a une tendance baissière, reste positive. Et notre économie conserve des fondamentaux solides. La vigilance reste toutefois de mise, et les réformes doivent être poursuivies pour assurer le maintien et le développement de bonnes conditions-cadres. Il conviendra notamment de clarifier et de régler rapidement nos relations avec l’Union européenne, un dossier majeur pour 2020. 

Dans le cadre de cette enquête, la CVCI a également sondé ses membres sur leur politique en matière de développement durable au cours des deux dernières années. Quatre répondants sur dix déclarent avoir mis sur pied des actions ou des projets dans le but d’améliorer la performance économique de leur entreprise, tout en intégrant des enjeux environnementaux ou sociaux. A titre d’exemple, 29% des entreprises ont déjà établi des plans de mobilité. Les firmes de plus de 100 collaborateurs sont encore plus nombreuses à avoir franchi le pas (56%). Les mesures instaurées consistent principalement en des encouragements à utiliser les transports publics (61%) et, pour près d’un répondant sur deux, en services aux collaborateurs (crèche, restaurant d’entreprise, télétravail, vidéoconférence, etc.). La CVCI, qui met sur pied des séminaires pour accompagner les entreprises dans l’établissement de plans de mobilité, salue cette évolution et va poursuivre sa politique de sensibilisation.

* Directrice, CVCI





 
 
 

AGEFI

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