Le télétravail: massif

mardi, 14.04.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

La crise du coronavirus a nécessité une réorganisation des entreprises. Certains avaient déjà commencés ce processus de télétravail depuis longtemps.

Discussion avec Christian Brunier, directeur général des Services industriels de Genève (SIG) qui est l’une des entreprises pionnières en la matière en Suisse romande. 

Comment concrètement les choses ont changé pour les SIG (travail à distance, intervention sur le terrain, mobilisation tank force etc.)?

Depuis plusieurs semaines, SIG a activé son plan de gestion de crise. Cela implique notamment que nos plans de continuité d’activités, qui sont régulièrement testés depuis 10 ans, ont été mis en place. Cela nous permet de garantir la distribution de l’eau, du gaz, de l’électricité, de la chaleur, de traiter les eaux usées, les déchets, d’assurer l’éclairage public et la fibre optique.

Depuis le début de la crise, SIG met tout en œuvre pour protéger la santé de ses collaborateurs. A titre d’exemple, nous avons immédiatement arrêté tous les chantiers où les normes sanitaires ne pouvaient pas être respectées scrupuleusement.

SIG compte 1700 collaborateurs et nous sommes jusqu’à 1100 à télétravailler en simultané, ce qui est techniquement remarquable. Cela est possible car, depuis plusieurs années, nous avons mis en place un programme nommé EquiLibre, une nouvelle culture de travail pour mieux équilibrer sa vie professionnelle et sa vie privée; et promouvoir le travail à la confiance. Ce programme permet notamment de pouvoir travailler où l’on veut, au meilleur moment, de la façon la plus efficiente, simplement grâce aux technologies portables. 

Nous avons également adopté différentes dispositions spéciales en termes de RH, notamment pour celles et ceux qui ont des problèmes de garde d’enfants.

Est-ce que vous allez continuer à utiliser ces nouvelles techniques de travail, de management après la crise? et comment?

Dès 2013, SIG a développé le projet-pilote intitulé EquiLibre, qui testait notamment la possibilité de travailler à distance. EquiLibre, c’est également l’horaire à la confiance et la gestion du travail par objectif. Ce projet a suscité l’adhésion de nombreux-ses collaborateur-trice-s et nous permet aujourd’hui de faire face à cette terrible crise, de pouvoir continuer à travailler et à délivrer nos services à nos 250.000 clients.

Depuis que nous avons développé EquiLibre, nous avons constaté de nombreux effets positifs, comme l’augmentation de la productivité, une motivation accrue, ainsi que la réduction de la durée et du nombre de trajets pour les collaborateur-trice-s, donc moins de stress dans les embouteillages ou les transports publics.

Nous sommes convaincus que ce mode de travail va s’imposer, car c’est du «gagnant-gagnant», pour l’employeur et pour l’employé-e. Il n’est plus envisageable aujourd’hui d‘astreindre au travail un-e collaborateur-trice durant 8 heures derrière un bureau attribué, comme au siècle passé, alors que les technologies mobiles se déploient. 

Peut-on imaginer des changements plus profonds?

Ces méthodes de travail plus flexibles peuvent, si elles se généralisent, clairement avoir un impact sur notre mobilité. En travaillant au meilleur moment et dans le lieu le plus adapté, sans l’obligation de venir toujours au même endroit aux mêmes heures, les déplacements chutent et s’effectuent au moment le plus favorable. Si toutes les entreprises faisaient la même chose, les problèmes de mobilité seraient résolus instantanément dans toutes les villes du monde. C’est l’une des solutions fortes! En laissant les véhicules professionnels aux collaborateur-trice-s sans les obliger à les ramener tous les jours au siège, les kilomètres effectués ont chuté de 7000 à 10000 par véhicule/an. Efficace!

* Manufacture Thinking





 
 
 

AGEFI

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