Le Swiss Data Forum pour les enjeux futurs

mardi, 09.10.2018

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Une fois l’an les entrepreneurs de la «Data» se réunissent en congrès à Lausanne. Cette année ce sera le 27 novembre. Bien sûr les responsables du numérique dans les entreprises innovantes adorent ce forum car ils peuvent prendre le pouls de l’actualité, échanger leurs savoirs ou être à l’écoute des visionnaires. C’est vital pour eux.

Sous la houlette du Dominique Duay, le Swiss Data Forum a invité cette année des stars de l’innovation de rupture comme Elmar Mock, de l’intelligence artificielle comme Assia Garbinato et Lev Kiwi, des transformeurs digitaux comme Aline Isoz ou encore Daniel Walch, l’architecte d’une médecine à l’écoute de l’innovation notamment celle de la médecine à l’intelligence «augmentée». Un podium impressionnant donc! Le renouveau de la Suisse romande dans la révolution numérique y est bien représenté et les participants pourront discuter des enjeux futurs.

Mais justement quels sont ces enjeux?

D’abord, c’est la maîtrise des données et en particulier la grande quantité: les Big Data. Mais aussi les données non structurées, celles que l’on trouve dans les images (par exemple en radiologie) ou dans les récits (par exemple les tweets ou les chats). Bref des données en quantité phénoménales que seuls les «data scientist» savent pour l’heure bien maîtriser, mettre en forme et utiliser pour donner du sens prédictif aux données.

Ensuite, songeons à tous les objets connectés à Internet (Internet of Things) comme votre téléphone mobile ou à votre «smartwatch» dont le flux ininterrompu des données produites par des censeurs et des applications (complications) de toutes sortes produisent ces mêmes flots immenses de données. Le monde double ces informations médicales tous les 73 jours selon une estimation un peu hasardeuse de l’américain Peter Densen. En tous les cas le nombre de données à disposition est exponentiel.

Enfin, il y a l’intelligence artificielle. L’IA sera d’ailleurs au centre des débats cette année avec la parution du livre «Entreprise Augmentée». L’IA est en fait la phase d’automatisation par les algorithmes de cette recherche de sens dans les Big Data. C’est la phase finale de cette nouvelle approche prédictive. Plus de prévision statistique basée sur la régression et la recherche de corrélation entre jeux de données mais une analyse globale qui cherche dans des masses de données des «features» qui donneraient du sens aux données elles-mêmes et donc qui pourrait servir de prédiction aux «data scientist».

C’est cela la véritable révolution dite numérique qui n’est pas à confondre avec celle de l’informatique qui a débutée dans les années 50/60. Beaucoup de gens n’ont pas saisi à quel point, c’est différent dès lors que l’on a les capacités de capter, de stocker, d’analyser et d’interpréter les données en très grand nombre. On change totalement d’univers. Aujourd’hui, la médecine perçoit à peine la mutation que tout cela va entraîner pour elle. Demain ce sont les signaux multiples envoyés qui permettront une détection avancée des maladies. Par exemple, en tapant simplement sur votre clavier d’ordinateur, on enregistrera votre façon de faire et on pourra déceler le moindre changement comme l’arrivée de la maladie de Parkinson (des scientifiques du MIT l’ont prouvé en 2015).

La donnée ouvre un monde nouveau encore largement inexploré.

* Mathématicien

www.swissdataforum.info





 
 
 

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