Le risque climat: autre enjeu des retraites

mardi, 01.10.2019

Damien Degeorges*

Dans son «Indice Mondial des Retraites» 2019, Natixis Investment Managers rappelle que le risque climatique est un sujet également pour les retraites. Comme en 2018, le trio de tête est composé de pays de l’AELE, mais cette année, l’Islande ravit la première place à la Suisse.

«L’été prochain, s’il fait aussi chaud, je ne reviendrai pas». C’est en somme ce que l’on pouvait entendre de certains habitués de la Côte d’Azur, en 2018, à l’occasion d’un été déjà caniculaire. Non seulement, l’épisode s’est reproduit l’année suivante, en 2019, mais les températures dans le sud de l’Hexagone ont été encore plus élevées. Il ne s’agit là que de la France, or que dire de l’Espagne. Les deux pays attirent depuis longtemps les retraités du Nord de l’Europe. Au point d’ailleurs qu’un pays nordique, le Danemark, en était arrivé à dénoncer ses conventions fiscales avec ces deux pays méditerranéens en 2008 du fait, pour résumé, de ces retraités danois exilés qui ne payaient plus d’impôt sur leur retraite au Danemark. L’histoire pourrait s’inverser avec le temps car le Nord a des atouts qui vaudront chers avec le changement climatique.

L’Islande, puisqu’elle est à l’honneur de ce classement 2019, «coche» de nombreuses cases pour attirer en particulier des retraités ayant acquis des droits à la retraite dans l’un des 30 autres pays de l’Espace Economique Européen ou en Suisse. C’est en effet d’abord un des pays de la zone d’application des règlements européens à la base d’un des grands acquis de «l’Europe du citoyen» qu’est la coordination en matière de retraite. Ensuite et surtout, c’est l’assurance d’un climat frais – et non froid comme on le pense trop souvent – à quelques heures d’avion des grandes villes européennes et américaines. 

L’agglomération de Reykjavík, la capitale islandaise, équivaut, en termes de population, à un peu plus que la ville de Genève. De quoi s’offrir, si l’on est urbain dans l’âme, le savoureux mélange du dynamisme d’une capitale occidentale à taille humaine, entre mer et montagnes, à la qualité de l’air et de l’eau incomparable, où l’accès aux piscines thermales municipales est gratuit à partir de 67 ans, où les tarifs du chauffage sont dérisoires grâce à la géothermie et, surtout, où le prix de l’immobilier reste pour le moins abordable. Pour l’instant.

Investissements durables

Ces pays nordiques, dont l’Islande fait partie et qui représentent ensemble la 12e économie mondiale, souhaitent être la région du monde la plus ambitieuse en matière climatique. En 2030, ce devrait être la région la plus durable et la plus intégrée au monde. Une ambition logique dans ce berceau de la notion de développement durable. 

Or puisqu’il est question de retraites, l’ambition des fonds de pension danois, annoncée en septembre dernier, est d’investir l’équivalent de plus de 50 milliards de francs d’ici à 2030 dans la transition écologique. De quoi consolider l’idée selon laquelle le risque climat est également un sujet pour les retraites.

*Spécialiste des pays nordiques DEGEORGES CONSULTING





 
 
 

AGEFI

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