Le online oui, mais avec de l’interaction et du vivant!

mercredi, 15.04.2020

Céline Renaud*

Céline Renaud

Un jeudi soir à 21 heures, je décide de m’offrir un nouvel apprentissage et du temps pour m’inspirer … Je me décide pour un cours sur la gouvernance en entreprise destiné aux administrateurs. Ce cours est donné online sur huit modules d’une heure à prendre sur les huit prochaines semaines.

Si le sujet est intéressant sur le fond, je décroche très vite car d’abord, j’aurais aimé pouvoir prendre les cours à mon rythme, c’est-à-dire deux d’un coup par exemple alors qu’il est distillé à raison d’un cours disponible par semaine. Ensuite, je subis les 20 premières minutes avec les informations d’introduction usuelles, à quoi ce cours va me servir, ce que nous allons aborder ce qui m’impatiente et pas mal de choses sont connues, il n’y a rien de nouveau ni de surprenant. Finalement, la voix de l’orateur dans ses vidéos m’exaspère et je me perds dans les détails distillés. Bref, la motivation retombe rapidement.

En ce moment, où nous avons majoritairement basculé dans le online, trop de online tue le online. Nous avons tellement de sources de déconcentration, qu’il faut être encore plus vigilant à garder son public en haleine derrière les écrans. Le public n’est plus prêt à investir dans autant de cours online avec du contenu délivré en continu sans interaction. Le public veut du direct, du personnalisable, modulable, succinct et individuel !

Cela fait longtemps que je sais que je devrai passer à du contenu digital pour mes cours que je donne pour parler en public avec le storytelling, mais j’avais de très fortes réticences. D’une part, par mes propres expériences malheureuses et d’autres part, en raison du fait que j’adore écouter et voir les gens, et surtout les ressentir et me laisser inspirer. Donner du contenu sans avoir une réaction en direct en face me rebutait fortement. J’avais pourtant pris pas mal de cours dans ce sens pour me préparer, tester la chose et bien connaître tous les aspects techniques et du contenu pédagogique dans le monde virtuel.

Et le coronavirus est arrivé. Du jour au lendemain, tous mes mandats ont été annulés pour au moins les six prochains mois. J’ai été sous le choc pendant deux heures, puis mon remède étant l’action, je me suis lancée. J’ai décidé de donner des cours online, mais en live. Le contenu online distillé comme avant n’était pas une option en raison de la longue mise en place du coût du développement d’une boutique sécurisée par exemple.

J’ai divisé mes cours résidentiels en 10 modules de 75 minutes avec une thématique abordée à la fois. Les cours sont limités à huit personnes et sont basés sur du travail en direct des participants. Ces derniers doivent se présenter avec la thématique abordée, reçoivent du feedback et des astuces et se relancent une seconde fois. Le feedback constructif et bienveillant des autres participants est la clé du succès. Comme ils sont devant un public en vrai, ils ont peur mais en même temps, c’est le seul endroit où ils peuvent tester directement de nouvelles choses.

Et cela rencontre beaucoup de succès ! Depuis j’ai programmé deux cours tous les jours sur plusieurs sujets et en plusieurs langues. La promesse faite fonctionne : il y a véritablement un effet avant/après. Et je peux également les donner en privé ou en semi-privé (deux à trois personnes). Les cours publics à huit participants peuvent également accueillir des auditeurs uniquement. L’interaction est la clé. Le rythme est soutenu. Les participants peuvent se décider pour des cours de semaine en semaine. Ils peuvent aussi avoir un effet sur la programmation de ces cours. J’en planifie avec des sujets à définir en fonction de la demande. Et à ma grande surprise, je ressens bien les gens au travers de l’écran, je me laisse inspirer et il se passe toujours des choses émotionnelles même à distance. Aujourd’hui, où nous sommes beaucoup à avoir basculé dans la digitalisation avec la crise sanitaire actuelle, les cours donnés sans interaction et de manière rigide, enregistrés au kilomètre n’ont plus la cote. Nous voulons du vivant, de l’action, de l’interaction, bref du live!

* Entrepreneure et conférencière





 
 
 

AGEFI

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