Le gaz naturel, une réponse aux enjeux énergétiques post-Covid?

dimanche, 03.05.2020

René Bautz*

René Bautz

La contraction de la demande en pétrole, à la suite de la pandémie du Covid-19, a déclenché une onde de choc sur les marchés de l’énergie entrainant également une baisse significative des prix sur les marchés spot. Est-ce que cette situation extraordinaire aura un impact sur les stratégies de transition énergétique et les plans de décarbonisation du secteur? Rien n’est moins sûr, les entreprises du domaine de l’énergie ont en général une vision claire à des horizons de plusieurs années.

En ce qui concerne le secteur du gaz naturel, les acteurs restent convaincus que cette énergie et surtout son infrastructure ont un rôle à jouer dans la transition énergétique et la protection du climat.

Infrastructures disponibles pour la transition énergétique

La transition énergétique vers une économie bas-carbone génère des défis considérables en termes de production, de stockage et de transport d’énergie. Une politique énergétique réaliste devra être basée sur les trois piliers que sont l’accessibilité de l’énergie, la durabilité et la sécurité d’approvisionnement. La demande en énergie renouvelable ou décarbonée augmentera de façon importante ces prochaines années, et le stockage à large échelle sera un élément-clé pour répondre à la saisonnalité de l’offre et de la demande. L’infrastructure gazière est à même de répondre à ces défis de façon complémentaire au développement du réseau électrique. En effet, plusieurs études montrent qu’un modèle basé sur le tout électrique serait extrêmement coûteux et diminuerait la sécurité d’approvisionnement, basée sur une seule infrastructure. En Suisse, le surcoût d’un tel modèle est estimé entre 1,4 et 2 milliards de francs par année. 

Les conduites de gaz transporteront à l’avenir non seulement du méthane fossile, mais également du biogaz, des gaz synthétiques produits à partir d’énergie renouvelable excédentaire et même de l’hydrogène. Aujourd’hui, il est déjà possible d’injecter de l’hydrogène à hauteur de 2% dans les réseaux de gaz. Des essais sont en cours à l’étranger pour augmenter ce pourcentage. Ces gaz renouvelables combinés au développement d’installations de couplage chaleur-force décentralisées permettront de compenser en partie le manque de production électrique, notamment en hiver, avec l’arrêt progressif des centrales nucléaires en Suisse. En parallèle, des technologies de décarbonisation seront développées, aussi bien au niveau de la capture du CO2 que de son utilisation en tant que produit industriel, carburant ou combustible. Avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, nous avons la chance d’avoir un institut de recherche à la pointe du progrès au niveau mondial dans ces nouvelles technologies.

En résumé, le gaz naturel est appelé à évoluer vers un monde bas-carbone et, grâce aux investissements déjà effectués dans une infrastructure bien développée, de nouvelles approches seront possibles avec la convergence des réseaux pour répondre aux besoins en flexibilité et sécurité d’approvisionnement.

* Directeur général, Gaznat





 
 
 

AGEFI

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