Le Covid-19 et ses impacts pour la Suisse

jeudi, 19.03.2020

Olivier Sandoz*

Olivier Sandoz

Malheureusement, plus besoin de présenter ce virus qui a déjà tué plus de 9000 personnes dans le monde et qui est qualifié par l’Organisation mondiale de la santé d’ennemi de l’humanité. Les mises en quarantaine et les confinements plus ou moins stricts sont dorénavant une réalité un peu partout. Lors de sa conférence de presse du 16 mars, le Conseil fédéral a proclamé l’état de nécessité pour la Suisse, qualifiant la situation d’«extraordinaire».

Covid-19 est un danger pour la vie de la population mais aussi pour celle des entreprises; il constitue une véritable menace pour l’économie. La seule mesure efficace pour lutter contre ce fléau consiste à forcer les gens de rester chez eux. Cela implique une diminution drastique de l’activité pour de nombreuses entreprises, voire la cessation de toutes les activités pour certaines. Pour la première fois, nous devons affronter une récession due à des mesures prises pour des raisons sanitaires liées à une pandémie.

Les impacts économiques pour notre pays sont nombreux. Le franc suisse, considéré avec l’or comme une valeur refuge, continue de s’apprécier. Si certains secteurs, tels que l’événementiel, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, l’aviation, l’industrie, la culture, le commerce et les services sont gravement touchés, force est de constater que finalement, aucun secteur n’échappe à la crise. Il faut donc réagir vite pour éviter un effondrement de l’économie. On le voit jour après jour, et heureusement, les banques centrales et les gouvernements prennent des décisions fortes pour venir en aide aux entreprises et à l’économie. Contrairement à ce que certains peuvent penser, les mesures qui sont actuellement prises par les Etats ne sont pas en contradiction avec les valeurs libérales, bien au contraire. Etre libéral, cela signifie défendre la liberté, mais aussi la responsabilité et la solidarité afin de préserver autant que faire se peut les emplois et maintenir un des objectifs que nous devons tous poursuivre: la cohésion sociale.

Genève et la Suisse ont déjà pris quelques mesures visant à venir en aide aux entreprises. La FER Genève, qui les demande depuis plusieurs semaines et a fait des propositions concrètes, s’en réjouit. Nous pensons néanmoins qu’il faut aller plus loin, être imaginatif, ambitieux et pragmatique. Nous devons sauver nos PME et nos indépendants et plus globalement l’économie.

En mandarin, le mot crise a un double sens: danger et opportunité. Covid-19 est un danger pour la santé, pour l’économie, ainsi que pour l’ouverture à l’autre et pour les relations multilatérales entre les Etats. Mais il présente aussi des opportunités. Nous observons des mouvements de solidarité citoyenne importants et réjouissants et les évolutions technologiques, qui suscitent de nombreuses craintes, apparaissent dorénavant comme extrêmement utiles pour nous permettre, autant que faire se peut, de continuer nos activités et de trouver des solutions pour éradiquer cette pandémie. Les entreprises, quant à elles, sont forcées de revoir notamment l’organisation du travail. Nous avons tous beaucoup à apprendre de cette crise.

Nous ne pourrons terrasser ce virus que par des mesures concertées et par une solidarité entre les Etats. Si les citoyens doivent rester chez eux, l’esprit d’ouverture est aujourd’hui encore plus important que jamais. Ne cédons pas à la panique et à la tentation du repli sur soi. Ce n’est qu’ensemble que nous parviendrons à sortir de la crise.

* FER Genève





 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...