Le coronavirus fait émerger une nouvelle économie fractale

mardi, 17.03.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Une figure fractale est un objet géométrique dont la structure est invariante par changement d’échelle. L’exemple souvent cité est celui du flocon de neige dont la plus petite partie est l’expression même du tout. En d’autres termes, à chaque niveau de grandeur du flocon de neige, on retrouve la même figure. 

Dans la lutte contre le virus du Covid-19 on peut observer que les quelques comportements «appropriés» par les individus, les familles, les groupes d’individus, les citoyens d’un pays ou de monde sont les mêmes: se laver les mains, garder une distance sociale, éviter les confinements en groupe (d’où la fermeture des écoles, cinémas, etc.) et ne pas voyager (attention au transport collectif lieu de propagation de masse).

Cela signifie bien que l’on a une figure fractale qui se reproduit à l’identique aux différents niveaux de l’organisation sociale. C’est exactement de cela que l’on veut parler ici.

Mais alors qu’en est-il de l’économie fractale?

Jusqu’à présent on avait grosso modo deux modèles d’organisation économique. L’un symbolisé par la «verticalité» montrait l’organisation des entreprises les unes dépendant des autres dans une chaîne de valeur faite de sous-traitance, à savoir des entreprises qui commandait à d’autres des «pièces» pour les assembler à leur produit final comme pour l’industrie automobile, horlogère ou de la téléphonie, etc. On parle alors de «cluster» industriel. Ce modèle s’applique par ailleurs aussi à l’économie des services ou par exemple les entreprises commandent des services complémentaires à leur propres services. L’exemple type, c’est la carte de crédit Visa associés à votre banque.

Depuis quelques années, notamment poussé par Internet, un autre modèle est apparu -en force- beaucoup plus «horizontal»: c’est celui des plateformes. Pour résumer, ce sont plusieurs entreprises qui offrent des produits et des services sur une même plateforme. C’est le cas d’Amazon ou de Digitec, plateformes sur lesquelles on trouve des marchandises produites par toutes sortes d’entreprises. On parle alors «d’écosystème».

Avec la crise du coronavirus et des nouvelles contraintes de «distances» sociales, émerge une nouvelle économie dont les caractéristiques observées notamment en Chine, peuvent être résumées ainsi: e-business, production hyper locale et l’usage de toutes sortes d’apps pour le reste (loisirs et divertissement, culture et éducation, télémédecine et télétravail, etc.). C’est une économie où l’on agit à distance. Sans magasin mais avec des producteurs locaux. Un exemple clé de cette économie est l’arrivée des imprimantes 3D qui permettent d’imprimer hyper localement des objets ou même des pièces manquantes dans une chaîne de production industrielle. Le côté concept global du produit et de l’usage hyper local se retrouvent dans la plupart des apps actuellement disponibles sur nos smartphones. Songez aux californiens Slack, Uber Eats, aux chinois Dingtalk, qui proposent un outil de travail à distance (cette entreprise appartient au géant Alibaba) et à WeDoctor, qui entre autres divulgue gratuitement les données sur l’épidémie en temps réel et propose un outil de consultation en ligne disponible pour les chinois entre 0 et 5 francs selon les applications.

Mais, surtout on assiste à une explosion de nombreux nouveaux acteurs, qui a l’image d’OMall, entreprise chinoise de cross-border e-commerce proposant des centaines de milliers de nouvelles applications pour par exemple, du fitness à distance, des jeux vidéo, d’éducations ou encore de coaching à distance, etc. et bien sûr des offres de livraisons à domicile.

On peut vraiment dire qu’une nouvelle économie est née. Elle est fractale!

*Manufacture Thinking





 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki




...