Le comité d’audit, un «métier» à risque?

lundi, 04.11.2019

Christian Budry*

Christian Budry

La responsabilité d’un conseil d’administration est multiple. Il définit la politique générale d’une entreprise et prend les mesures nécessaires à l’accomplissement de sa mission et de ses buts. Son rôle peut être scindé en deux, à savoir un rôle de pilotage et un rôle de contrôle.

Le rôle de «pilotage» comprend tout ce qui est lié à l’organisation interne et à l’allocation des ressources et celui de «contrôle» tout ce qui concerne la surveillance et les contrôles ainsi que ce qui a trait aux principes de transparence et de publication.

La bonne pratique veut que l’on mette en place des comités chargés d’analyser en profondeur certaines questions techniques. Un de ces comités est le comité d’audit qui devrait selon la bonne pratique (cf. Code suisse de bonne pratique pour le gouvernement d’entreprise):

 

  • Se forger une image de l’efficacité de la révision externe et de la révision interne ainsi que de leur collaboration;
  • Évaluer en outre la capacité de fonctionnement du système de contrôle interne en tenant compte de la gestion des risques;
  • Réviser de manière critique les comptes destinés à être publiés;
  • Décider si le comité peut recommander au conseil d’administration de présenter les comptes à l’assemblée générale des actionnaires ou assemblée des délégués;
  • Évaluer l’indépendance, la performance et les honoraires de la révision externe.

 

Sur la base d’une pratique de plusieurs années au sein des comités d’audit, il ressort certains éléments primordiaux:

 

  • Il n’y a pas de recette miracle. En effet, la composition et l’organisation du comité d’audit doivent être adaptées aux spécificités de l’organisation et de la structure de chaque entreprise;
  • Un contrôle indépendant et objectif. Le comité d’audit doit être en mesure de poser des questions à la direction et d’accorder suffisamment d’attention aux pratiques non conventionnelles. Cela demande de la vigilance, de l’indépendance, de l’intégrité, de disposer des compétences nécessaires et surtout prendre le temps nécessaire pour comprendre les activités de l’entreprise ainsi que les transactions complexes;
  • L’exactitude des états financiers. Il ne s’agit ici pas de procéder à une révision formelle comme le pratique déjà les réviseurs internes et externes. Mais plutôt de se poser des questions tout en tenant compte d’éléments comme la politique salariale de l’entreprise, la connaissance des ratios bancaires qui doivent être respectés et de bien saisir si le management est  plutôt optimiste ou plutôt pessimiste, dans le cadre de ses évaluations, car la comptabilité n’est pas une «science exacte! Selon le célèbre investisseur américain Warren Buffett, trois questions doivent être répondues par le comité d’audit:

 

– Si nous étions responsables de l’établissement des comptes d’une entreprise, aurions-nous agi différemment d’elle?

– Si nous étions des investisseurs, aurions-nous reçu toutes les informations importantes nécessaires pour nous prononcer sur les résultats financiers?

– L’entreprise respecte-t-elle les processus de contrôle interne que nous aurions mis en place, si nous étions au comité de direction?

 

  • Une bonne coordination entre la révision interne et externe. Le comité d’audit s’assure qu’il existe une bonne collaboration entre ces deux instances ceci, entre autres, pour éviter des travaux à double et des coûts excessifs.

 

Comme vous pouvez le constater, accepter de participer à un comité d’audit est devenu un métier qui exige du professionnalisme et d’avoir un minimum d’appétit au risque. Après plusieurs années d’expérience, j’estime ce risque tout à fait acceptable!

* Administrateur, Caisse de pensions de l’Etat de Vaud





 
 
 

AGEFI

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