Le bouleversement des modes de création de valeur

mercredi, 10.06.2020

Marie de Fréminville*

Marie de Fréminville

Le monde numérique envahit nos vies, et la période actuelle ne nous contredira pas: «fake news», collecte des données personnelles, violence sur les réseaux sociaux, chocs technologiques extrêmement rapides avec des impacts sur les relations entre générations, l’employabilité ou la suppression d’emplois.

La transformation des économies d’entreprise change profondément les modes de création de valeur:

- la finance est touchée par l’apparition de robo-advisors

- le trading à haute fréquence concerne la moitié des transactions effectuées

- de nombreuses plateformes sont apparues dans le domaine des services: taxis, locations d’appartements, e-commerce, publicité

- le télétravail se développe. La crise actuelle est un accélérateur, même si elle va aussi faire apparaître l’importance des contacts physiques pour faire avancer les projets et les ventes.

Cette transformation numérique a des aspects positifs et négatifs:

- rapidité, livraison à domicile, amélioration des services, accès à l’information, gestion des dossiers de santé, accès à de nouveaux marchés, accélérations des processus de vente et de production,

- mais se posent les questions des données personnelles et de leur protection, de la cyber sécurité, des consommations d’énergie liées aux outils numériques, au stockage des données et aux communications.

- Les Gafam aux Etats-Unis et les BATX en Chine (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), affirment «rapprocher les êtres humains, dans un monde plus ouvert, avec un souci de l’environnement, de diversité et d’inclusion». Mais, d’un point de vue national, ces transformations numériques entraînent une «colonisation» numérique et une perte de souveraineté, une économie de surveillance et de l’hyper-sollicitation.

Curieusement, l’incroyable accumulation d’innovations ne conduit pas à la hausse des gains de productivité à laquelle on pouvait s’attendre, notamment pour les raisons suivantes:

- une large partie de la population consacre désormais ses efforts à la production de services à faible productivité et faibles gains de productivité.

- l’appropriation des technologies est longue, exige de la formation et une adaptation au changement

- d’énormes investissements sont nécessaires, qui n’apportent pas une efficacité généralisée et à court terme dans la production.

Le rôle du conseil d’administration est d’appréhender ces bouleversements et d’anticiper les conséquences de ces révolutions numérique et technologique sur l’organisation, la gestion des ressources humaines, la performance financière, la sécurité des entreprises, la  robotisation et l’automatisation, les compétences, la formation, la rémunération, l’employabilité, la consommation d’énergie, l’organisation du travail, la collecte de données personnelles pour mieux cibler les consommateurs, et aussi la cybersécurité, qui peut également avoir des impacts significatifs sur la performance et la pérennité de l’entreprise.

La diversité des membres du conseil d’administration est un facteur clé de succès, que ce soit une diversité hommes femmes, une diversité de compétences, de personnalités ou de cultures, pour orienter la stratégie de l’entreprise, maîtriser les risques, et anticiper les enjeux d’éthique et de conformité aux réglementations.

* Présidente, Starboard Advisory





 
 
 

AGEFI

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