La voie bilatérale, quoi d’autre?

mardi, 01.09.2020

Marco Taddei *

Marco Taddei

Faut-il mettre fin à la voie bilatérale? C’est la question que pose en filigrane l’initiative dite de limitation, qui sera soumise au vote populaire le 27 septembre prochain. Un texte qui s’attaque frontalement à la libre circulation des personnes, mais qui en réalité, clause guillotine oblige, fera tomber l’ensemble des accords bilatéraux I en cas de oui dans les urnes.

Un scénario catastrophe à éviter à tout prix. Au cœur géographique de l’Europe, la Suisse ne peut se permettre de jeter par-dessus bord la voie bilatérale, modèle de réussite depuis 2002. A coup sûr, nos entreprises verront leur accès au marché européen et à ses 500 millions de consommateurs entravé par des taxes et des tracasseries douanières.

L’effondrement de l’édifice des bilatérales plongerait l’économie suisse dans les eaux troubles de l’incertitude, avec à la clé une crise sans précédent avec notre plus important partenaire commercial. Dans le contexte actuel, des relations stables avec l'UE sont plus indispensables que jamais.

Pertes d’emplois, éviction de salariés autochtones, sous-enchère salariale: à en croire les initiants, l’accord sur la libre circulation des personnes serait responsable de tous les maux. La réalité est tout autre. Ces dernières années, la Suisse a largement bâti sa croissance sur la quantité et la qualité de la main-d'œuvre en provenance de l’UE.

L’ouverture de notre marché du travail a favorisé les changements structurels, créé des milliers d’emplois supplémentaires, apporté expertise et savoir-faire aux entreprises et contribué de manière significative au niveau de prospérité actuel. Les assurances sociales ont également bénéficié de cette dynamique vertueuse. Même au temps du COVID-19, l’immigration s’est révélée être un atout précieux. Nos hôpitaux n’auraient pas pu fonctionner sans le personnel frontalier.

L’immigration européenne vers la Suisse répond aux besoins en main-d’œuvre des entreprises qui ne peuvent être couverts par le personnel autochtone. C’est un atout pour faire face à la pénurie de spécialistes. Renforcé au fil des années, le dispositif des mesures d’accompagnement fait largement barrage au dumping salarial et social.

Aveuglée par son eurosceptiscisme, l’UDC ne propose aucune alternative qui vaille à la libre circulation des personnes. Le retour en arrière? C’est oublier qu’en 1997, on enregistrait une moyenne de 188.000 chômeurs, un chiffre qui n’a jamais été atteint depuis lors. La réintroduction des contingents? Ce diktat de l’Etat sur l’immigration se transformerait en enfer bureaucratique où l’autonomie décisionnelle de l’entrepreneur se heurte à l’arbitraire des quotas.

Annuler les bienfaits de la voie bilatérale et mettre l’immigration sous tutelle administrative, tel est l’avenir radieux que nous promet l’UDC. Son initiative de limitation doit être rejetée sans réserve.

* Union patronale suisse





 
 
 

AGEFI

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