La Suisse n’a pas à rougir de sa politique climatique

mercredi, 18.07.2018

Patrick Eperon*

Patrick Eperon

Le dernier communiqué de presse de la Commission de l’énergie du Conseil national  (1er Conseil) relatif à la révision de la loi sur le CO2 donne à penser qu’une bonne partie de nos élus fait désormais preuve de pragmatisme en la matière.


Le 10 juillet dernier, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a publié un communiqué de presse relatif aux émissions de CO2 de la Suisse en 2017. Ce communiqué indique des émissions toujours en baisse, aussi bien pour celles imputables aux combustibles (mazout, gaz), que pour celles imputables aux carburants (essence, diesel).


Surtout, les documents publiés à cette occasion par l’OFEV indiquent - si l’on se donne la peine d’une analyse assez simple - que les émissions de CO2 des combustibles et des carburants ont diminué de près de 15% entre 1990 et 2017, alors que la loi sur le CO2 en vigueur exige une réduction de 20% des gaz à effet de serre émis en Suisse d’ici 2020.

Des émissions en baisse

La probable réalisation de l’objectif de réduction fixé dans la loi résulte d’abord de la diminution de 26,5% des émissions de CO2 des combustibles depuis 1990, mais il est clair que l’objectif 2020 serait inatteignable si les émissions des carburants avaient continué de croître, ce qui n’est pas le cas. En effet, le niveau de ces émissions en 2017 est supérieur de seulement 3,2% au niveau de 1990, et ce niveau a diminué ces dernières années après avoir atteint un pic, ce qui est remarquable compte tenu du fait que le trafic individuel motorisé a augmenté de près de 30% en moins de trente ans.


Certains ne manqueront pas de relativiser cette quasi stagnation des émissions imputables à la consommation d’essence et de diesel, en rappelant que la Fondation Centime climatique a pu compenser une bonne part de ces dernières en achetant des certificats à l’étranger. On leur rappellera donc que l’évolution réjouissante des dernières années ne résulte pas de l’action de cette Fondation, qui n’est plus en activité depuis 2013, mais qu’elle est due principalement à l’utilisation de biocarburants, comme le relève l’OFEV. En effet, l’adjonction de biocarburants peut être prise en compte comme mesure de compensation - en Suisse - au sens de la loi en vigueur.


Par ailleurs, on soulignera que la baisse des émissions de gaz à effet de serre imputables à la Suisse est spectaculaire quand on prend en compte que notre pays comptait moins de 6,8 millions d’habitants en 1990, contre près de 8,5 millions en 2017.

Une ligne pour notre politique climatique

En définitive, il est plus que probable que la Suisse atteindra ses objectifs de politique climatique en 2020, tout comme notre pays a respecté l’engagement pris sous le régime du Protocole de Kyoto de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% sur la période allant de 2008 à 2012.


Il s’agit de tenir compte de ces résultats pour fixer notre politique climatique après 2020: la Suisse n’a pas à rougir de sa politique climatique! En ce sens, le dernier communiqué de presse de la Commission de l’énergie du Conseil national (1er Conseil) relatif à la révision de la loi sur le CO2 donne à penser qu’une bonne partie de nos élus fait désormais preuve de pragmatisme en la matière.

* Centre Patronal





 
 
 

AGEFI




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