La Fed en self-control

mercredi, 29.07.2020

La réunion de politique monétaire de la Fed ne devrait pas mener à une annonce majeure, mais l’attention sera portée sur une éventuelle politique de contrôle des taux.

Arthur Jurus*

Arthur Jurus

Aucune annonce majeure n’est attendue lors de la réunion de politique monétaire de la Fed ce mercredi 29 août. Les taux directeurs seront maintenus à 0% et de nouveaux rachats d’actifs ne devraient pas intervenir. Les décisions de politique monétaire sont annoncées en dehors du calendrier officiel : l’extension du dispositif de prêts du 30 septembre au 31 décembre 2020 a ainsi déjà été communiquée ce mardi 28 juillet.

L’absence de nouvelles décisions se justifiera par une incertitude économique toujours importante. Certes le sentiment des directeurs d’achat atteste d’une reprise économique significative. Mais les dépenses des consommateurs américains restent 7% inférieures au  niveau de début d’année. Par conséquent, la désinflation persistera. Dans ce contexte, les conditions financières devront rester accommodantes, en particulier à l’approche d’une vague importante de défaut d’entreprises attendue pour la fin d’année.

L’attention sera portée sur une éventuelle politique de contrôle des taux. Certes, l’engagement de la Fed est déjà important en termes de quantité, puisque les rachats de Treasuries sont désormais illimités. Le taux 10 ans est ainsi stable à 0,60% depuis de nombreuses semaines. Mais un engagement en termes de prix, par un objectif explicite sur les taux conforterait la crédibilité de la Fed. En outre, l’expérience japonaise démontre qu’un contrôle des taux permettrait à la banque centrale de réduire ses rachats nets d’actifs et donc de limiter l’augmentation de son bilan.

Une telle politique a déjà été menée par la Fed entre 1942 et 1951. Sur cette période, les taux de long-terme ont été plafonnés à 2,5%, et ceux de court-terme à 0,38% jusqu’en 1947. L’objectif était de soutenir l’expansionnisme budgétaire pour financer l’effort de guerre. Si le contexte est cette fois différent, la réponse sera identique. Le Trésor américain accentuera ses émissions ces prochains mois pour financer les plans budgétaires annoncés et ceux à venir.

Enfin, l’interrogation porte toujours sur la partie de la courbe qui sera concernée par une politique de contrôle des taux. L’hypothèse des maturités à 3-5 ans est la plus discutée. Le comité de politique monétaire pourrait entamer des discussions sur ce sujet, avant de davantage se positionner lors des conférences de Jackson Hole les 27 et 28 août prochains.

* Chef économiste Landolt & Cie





 
 
 

AGEFI

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