La qualité des données est l’affaire de tous (et pas seulement de l’IT)

jeudi, 09.05.2019

Nathalie Feingold*

Nathalie Feingold

La qualité des données est un sujet majeur. Sans qualité, pas de décisionnel pertinent, ni d’efficacité opérationnelle. La qualité des données est garante du développement à long terme du monde digital que l’on bâtit à partir des données. Partant de ce constat, il serait tentant de vouloir calibrer une fois pour toute la qualité des données et d’assigner cette responsabilité à un nombre défini d’interlocuteurs. Or, bien que ces démarches soient nécessaires, elles ne sont pas suffisantes en raison des propriétés spécifiques des données et des challenges qui en résultent. Le développement d’une «culture data» s’impose.

Qu’est-ce qu’une donnée de qualité? Cette question récurrente occupe une place importante dans le milieu de la data et les listes de critères tentant d’en donner une définition sont aussi longues que diverses; elles vont de l’intégrité des données à leur disponibilité, en passant par leur pertinence, exhaustivité et même éthique! Or, la qualité des données dépend fortement de l’usage et du contexte qui ne sont pas toujours connus a priori, lors de la production de la donnée. La qualité des données doit donc reposer sur un processus flexible, incluant producteurs et utilisateurs de données au-delà des silos organisationnels classiques (IT vs business, support vs opérationnel, back vs front etc.).

Mais, du fait de l’ubiquité des données - elles sont partout et peuvent être manipulées, lues, utilisées par plusieurs personnes ou machines à la fois -, chacun dans l’organisation peut devenir tour à tour producteur ou utilisateur de données, aujourd’hui ou demain. C’est par exemple le cas d’un vendeur dans une chaîne de magasins. Commercial, il est pourtant également utilisateur (fiche client, produit, prix…) et producteur de données (il crée des cartes de fidélité, réalise des inventaires…) qui sont destinées à de multiples usages immédiats ou différés (marketing, finance…).

Dès lors, chacun dans l’organisation devrait appréhender les données comme un actif stratégique de l’entreprise et se soucier de leur qualité. Ce constat est renforcé par le fait que les données sont «poreuses». En réseaux, les flux communiquent, permettant ainsi aux données de mauvaise qualité de se répandre. On dit que les mauvaises données sont contagieuses, et récurrentes si l’on ne corrige pas les problèmes.

Ainsi, des actions concrètes, telles que la formation de tous les collaborateurs quelle que soit leur position dans l’entreprise, la diffusion de bonnes pratiques et la prise en compte générale de l’importance de la qualité des données permettent le développement d’une «culture data» qui incite chaque collaborateur à être acteur dans l’amélioration continue de la qualité des données. Certes, des solutions existent pour nettoyer les données ou favoriser une architecture propice à la circulation de données de qualité, mais ces solutions peinent encore à démontrer leur efficacité en environnement complexe.

L’ubiquité des données, leur porosité et la difficulté de définir de façon absolue une donnée de qualité incitent à faire reposer cette tâche sur l’organisation dans son ensemble, au-delà des silos organisationnels. Pour ce faire, le développement d’une culture data permet à chacun dans l’organisation de comprendre l’importance des données comme actif stratégique de l’entreprise et d’être acteur dans l’amélioration continue de leur qualité.

* Fondatrice, npba





 
 
 

AGEFI

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