La pandémie affecte les cantons de manière très contrastée

mardi, 04.08.2020

Daniel Kalt* James Mazeau**

Daniel Kalt et James Mazeau

Une récente étude d’UBS analyse dans quelle mesure la pandémie du coronavirus a frappé les cantons suisses compte tenu de la diversité de leurs secteurs et de la taille de leurs entreprises.

Chaque secteur a été affecté de manière contrastée par la récession. Ainsi, l’hébergement et la restauration ont été beaucoup plus malmenés que les télécommunications ou la branche pharmaceutique. 

De plus, la récession actuelle est une crise des petites entreprises. Selon l’enquête d’UBS, une entreprise sur cinq qui compte de un à neuf employés a dû cesser ses activités pendant la crise et, lorsqu’il s’agit des petites entreprises (dix à 49 employés), une sur dix. En revanche, seulement 3% environ des grandes entreprises (plus de 250 employés) ont fermé leurs portes.

La structure sectorielle et entrepreneuriale d’un canton joue donc un rôle majeur dans les retombées de la récession sur la production. Si les entreprises des secteurs touchés dans le canton sont particulièrement petites, ce dernier est alors plus exposé à une crise que celui où les secteurs affectés sont généralement constitués de grandes entreprises.

Dans les cantons du Jura, de Soleure et de Neuchâtel, plus de la moitié des employés - soit la plus forte proportion de tous les cantons - travaille dans des secteurs particulièrement exposés. Dans l’Arc jurassien, l’industrie horlogère, qui a subi le contrecoup de la baisse des exportations, est un sujet de préoccupation pour la région. Toutefois, moins de la moitié des entreprises concernées sont petites. 

La part des petites et micro-entreprises est particulièrement élevée au niveau des secteurs concernés dans les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures, des Grisons et du Valais qui affichent, à long terme, une compétitivité relativement modeste, voire faible. Les trois cantons de Glaris, du Tessin et d’Obwald comptent aussi parmi ceux les plus exposés à la crise avec des perspectives modérées à long terme.

Prévisions cantonales

L’évolution économique des cantons pendant la crise du coronavirus est suivie selon quatre facteurs: le chômage, les demandes de permis de construire, les nouvelles inscriptions au registre du commerce et les chiffres d’affaires réalisés au moyen de cartes de crédit. Le calcul du suivi de l’économie repose sur la comparaison des valeurs mensuelles avec la moyenne du premier semestre 2019 et leur analyse par rapport aux autres cantons. 

La combinaison du suivi de l’économie et de la structure sectorielle des cantons permet de faire des prévisions sur l’ensemble de l’année quant à l’impact relatif de la crise sur chacun d’entre eux. D’une part, elle tient compte de la baisse prévue de la création de valeur due à la structure sectorielle et entrepreneuriale de chaque région. D’autre part, elle montre dans quelle mesure la dynamique économique a été mise à mal jusqu’au milieu de l’année par rapport aux autres cantons.

Aucune certitude à l’horizon

A l’heure actuelle, le produit intérieur brut (PIB) cantonal pour cette année est très difficile à évaluer en raison du haut niveau d’incertitude. Néanmoins, il est possible de formuler des suppositions générales quant à l’évolution relative des cantons. 

Ainsi, pendant la crise financière, la fourchette des taux de croissance des PIB entre les meilleurs et les moins bons cantons a avoisiné 10%. Pour l’ensemble de l’année, la Recherche d’UBS anticipe une contraction du produit intérieur brut de la Suisse de 5,5%. Par conséquent, les cantons durement frappés durant l’année en cours doivent s’attendre à un recul de 7,5 à 10%. Pour ceux moins exposés, le repli devrait s’élever au maximum à 2,5%.

*Chef économiste Suisse

**Economiste, Chief Investment Office UBS Global Wealth Management





 
 
 

AGEFI

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