La digitalisation, un mot sur presque toutes les lèvres

mercredi, 12.02.2020

Céline Renaud*

Céline Renaud

Le mot digitalisation est apparu selon le dictionnaire anglais d’Oxford dans le milieu des années 50 déjà. Même s’il est presque sur toutes les lèvres, l’image que nous en avons souvent se résume à la digitalisation du courrier en entreprise! D’ailleurs, c’est bien la définition que nous en donne Wikipédia qui nous parle de digitalisation de lettres, de sons ou de toute information sous forme d’uns et de zéros. Cependant, l’évolution de la digitalisation est tellement rapide et revêt toutes sortes de formes différentes qu’il nous est difficile de l’appréhender dans son ensemble.

Ce dont je suis certaine, c’est que cela aura un impact au-delà de ce que nous pouvons imaginer. C’est déjà le cas avec les impressions 3D utilisées aussi bien dans le secteur médical avec des éléments implémentés dans le cœur par exemple, voire des organes complets que dans la construction. Observer des maisons ou des ponts entiers construits à l’aide d’imprimantes 3D va au-delà de mon entendement.

Dans le cadre du processus de la remise de notre entreprise JMC Lutherie, je suis entrée en contact avec des «Woodworkers» basés en Californie. Ces férus du travail autour du bois possèdent tous une ou deux machines très pointues pour travailler le bois dans leur garage. L’avantage c’est qu’ils ont tous des machines très spécifiques et différentes et surtout, ils savent exactement qui peut faire quel travail. Et leur force réside donc dans le fait qu’ils collaborent en réseau. Ainsi, ils peuvent réaliser des merveilles en s’appuyant sur les compétences des uns et des autres. S’ils se relayent le travail, ils sont aussi capables de faire la programmation de certaines machines à commande numérique à distance pour faire faire le travail sans avoir à s’équiper eux-mêmes avec l’ensemble de ces machines. Cette manière de procéder se décline à l’infini et décide de l’avenir des entreprises. Peu seront aussi grandes que nous les connaissons. A contrario beaucoup de petites entreprises ou réseaux avec des techniques spécifiques feront la force.

De la même manière, là où nous investissons peut-être 30 % de notre chiffre d’affaires en masse salariale, l’investissement de l’informatique va peut-être dépasser ce montant. Je dis «informatique» mais cela concerne tous les projets reliés, de l’intégration à la protection. La semaine dernière, il y a un gros client qui m’a contacté par téléphone car tous les employés de leur groupe au niveau mondial n’avaient plus accès à leurs emails. Ils appartiennent à un provider qui emploient des centaines de milliers de personnes sans avoir aucun accès à la messagerie. Leurs données ont été prises en otage par des hackers basés en Chine... ou peut-être ailleurs d’ailleurs. Auront-ils payé pour récupérer leurs données? Je ne le sais pas. Mais si même les tout grands se font prendre en otage, le risque de cybercriminalité donne un autre goût à tous ces aspects. Comme le terrorisme a impacté nos voyages dans les capitales européennes.

La digitalisation impacte tout notre mode de vie jusqu’à nos goûts et à nos habitudes au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Ce qui est normal car cela appartient à demain et que nous vivons souvent orientés sur nos habitudes du passé. Alors, que nous réserve demain? J’en suis très curieuse et excitée à l’idée de le découvrir comme nos grands-parents ont vu apparaître la première voiture...

*Entrepreneure et conférencière





 
 
 

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