La chaîne de valeur 4.0

mardi, 03.09.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

La chaîne de valeur est une approche systématique visant à examiner le développement d’un avantage concurrentiel. Développée par le professeur Michael Porter de l’Université Harvard à la fin des années 80, c’est une approche bien connue dans le monde anglo-saxon. Il l’a diffusé en français plus tardivement dans son livre «L’avantage concurrentiel» en 2003, aux éditions Dunod.

La chaîne de valeur est une approche systématique visant à examiner le développement d’un avantage concurrentiel. Développée par le professeur Michael Porter de l’Université Harvard à la fin des années 80, c’est une approche bien connue dans le monde anglo-saxon. Il l’a diffusé en français plus tardivement dans son livre «L’avantage concurrentiel» en 2003, aux éditions Dunod.

Cette chaîne se compose d’une série d’activités qui se divisent en deux familles (les activités «principales» et les activités de «soutien») et qui ajoutées ensemble donne de la valeur à l’entreprise. Cette valeur totale fournie par une entreprise permet à celle-ci de construire son avantage compétitif (c’est-à-dire un ensemble d’attributs (pour un produit ou une marque) offrant une supériorité sur ses concurrents immédiats. Encore une précision les activités dites «principales» sont composées de la production, de la logistique interne, du service des ventes et du marketing ainsi que le service après-vente. Et en ce qui concerne les activités de «soutien» ce sont l’approvisionnement, la R&D, les RH et l’administration.

Porter considérait qu’avec cette division des tâches, une entreprise pourrait avoir un outil rationnel pour améliorer ses performances et offrir aux «shareholders plus de valeur.

Mais aujourd’hui tout le modèle de la chaîne est perturbé par une société dont le moteur est le couple «data + algorithmique». On peut alors imaginer une nouvelle chaîne de valeur 4.0. C’est ce que Damian Chiossone, membre du think tank ManufactureThinking a fait. Son modèle tient compte enfin du changement de paradigmes imposés par l’arrivée massive des données (big data) et des algorithmes (IA) dans le champ économique d’une société de plus en plus hautement connectée et intelligente. 

Dès lors, que les consommateurs, les intermédiaires et les producteurs sont assistés ou supplantés par des algorithmes actifs alors la chaîne de valeur de Michael Porter est partiellement ou totalement inopérante même si elle reste valable dans des situations pré-Web.

On a donc bien, aujourd’hui, au moins quatre types de chaînes de la valeur qui sont s’emboitées les unes dans les autres en fonction de la transformation numérique de l’entreprise. Ce nouveau modèle de la chaîne de valeur permet d’analyser les activités des «nouvelles» entreprises. En ajoutant les activités de «data business driven process» et de «core data competence» Damian Chiossone ne fait qu’introduire les nouvelles activités véhiculées par la «révolution numérique». Absolument nécessaire.

Le modèle 1.0, celui d’origine, classique qui s’applique dans les cas où les entreprises font appel à des partenaires dans la création de la chaîne de la valeur (chaîne de sous-traitances, d’intermédiaires, de revendeurs, etc.). Le modèle 2.0 réservé quant à lui au situation où les entreprises ouvrent leur chaîne de valeur à leurs clients «pro-actifs» en les faisant monté dans la chaîne de la valeur  les do-it-yourself ou encore les entreprises utilisant abondamment les réseaux sociaux) et la chaîne de la valeur 3.0 lorsque les data entrent massivement en jeu (exemple Waze et Google Trafic pour la visualisation des bouchon du trafic routier) et finalement le modèle 4.0 qui introduit les algorithmes notamment ceux de l’IA (exemple: maintenance prédictive, médecine de précision ou encore voiture autonome). L’économie directe se construit ainsi.

* Mathématicien





 
 
 

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