La blockchain comme outil commun de convergence

lundi, 10.02.2020

Olivier Desjeux*

Olivier Desjeux

Les précédents articles ont décrit les fonctions et caractéristiques essentielles de la blockchain. Les registres décentralisés qui enregistrent l’image précise de la transaction horodatée lui confère une confiance totalement inédite. Au risque de me répéter, l’immutabilité de ces transactions et la confiance intrinsèque qui en résulte est l’une des caractéristiques essentielles de la blockchain.

Les historiens s’entendront probablement pour associer au changement de décennie l’évolution notable des modèles économiques pour les entreprises. Même si ce changement est déjà bien amorcé, les mécanismes de transformation des matières premières pour en extraire la valeur ont vécus, pour offrir une place grandissante à la valorisation de la donnée. Ils s’accorderont probablement également pour marquer ce tournant de décennie comme celui de l’exigence de transparence de  part des clients.

Jusqu’à présent l’outil informatique était un des éléments clé de création de valeur en entreprise. La planification des ressources et la façon dont elle est configurée tient une place prépondérante dans la façon dont l’entreprise se différencie de sa concurrence. Jusqu’à présent il n’était pas question de partager son ERP et encore moins ses données avec une autre entreprise, tout au plus une structure de données d’achats ou de vente avec ses fournisseurs ou clients.

De même, jusqu’à présent les clients étaient peu regardants sur l’origine des matières et la façon dont elles étaient transformées pourvu que le produit satisfasse la demande. La prise de conscience de l’importance accordée à la bien facture des produits dans des conditions décentes pour l’ensemble de la chaine de valeur gagne de plus en plus le consommateur du quotidien. Ce consommateur qui a appris, à ses dépens, à se méfier du contenu des étiquettes est prêt, aujourd’hui, à octroyer une valeur supplémentaire à des produits dont la traçabilité est indiscutable.

C’est dans ce contexte que la blockchain commence à s’imposer comme un outil de convergence commun à plusieurs entreprises éventuellement concurrentes. Que l’on se comprenne bien, c’est une mutualisation des moyens qui est en train de s’opérer, surtout pas, bien entendu, un partage ou une mutualisation de données. L’ERP garde encore sa place dans l’entreprise. Mais l’outil blockchain offre la possibilité à plusieurs entreprises concurrentes de partager la même plateforme dans le cadre d’un programme d’approvisionnement en matières premières par exemple. La mutualisation des moyens comprend non seulement l’accès à la plateforme Blockchain pour les transactions de matières, comme décrit dans mon article précédent, mais également le service de surveillance des critères d’approvisionnement des matières, le fameux oracle. 

Nous en sommes à au moins trois avantages pour ce type d’utilisation de la blockchain: une seule plateforme commune à plusieurs entreprises concurrentes, renforcement de la protection des droits de l’homme avec la confiance intrinsèque des données, réduction des lenteurs et des frictions inutiles dans la chaîne d’approvisionnement. 

Cette convergence inter-entreprises qui valorise les données est faite pour se développer et durer.

* Consultant stratégie nouvelles technologies





 
 
 

AGEFI

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