Etat des lieux du Covid-19: des effets économiques encore incertains

dimanche, 28.06.2020

Olivier Sandoz*

Olivier Sandoz

C’est une bonne nouvelle, l’Europe se déconfine. Cela signifie-t-il que la partie est gagnée? Malheureusement pas. N’en déplaise aux corona-sceptiques, l’OMS avertit que la pandémie continue de s’accélérer dans le monde. Et pas forcément très loin de chez nous. 

En effet, quelque 640.000 personnes viennent d’être confinées à nouveau dans l’ouest de l’Allemagne. En Suisse, cette semaine, le nombre de nouveaux cas a doublé entre mardi et mercredi. A cela s’ajoute la menace d’une éventuelle deuxième vague que certains annoncent pour cet automne. Selon le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, «si on ne fait pas les choses correctement, une deuxième vague est inévitable». Mais il est vrai que cet avis n’est pas partagé par tous les spécialistes.

Quelles leçons tirer de ces constats? En premier lieu, nous devons faire preuve d’humilité en reconnaissant que nous ne savons de loin pas tout, pour ne pas dire pas grand-chose, sur ce virus et son évolution. Il s’agit de réagir avec pragmatisme, en mettant comme objectif premier la préservation de la santé du plus grand nombre tout en s’efforçant de sauver notre tissu économique. La Suisse et ses autorités ont parfois été critiquées, souvent de façon injuste. La phrase prononcée par Alain Berset «il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire» a certes suscité quelques railleries, bien que la vente de t-shirt avec cette phrase connaisse un véritable succès, mais elle reflète surtout le pragmatisme de nos autorités fédérales et cantonales. A celles et ceux qui ont la critique facile, il n’est pas inutile de rappeler que cet esprit pratique a notamment permis à la Suisse de figurer en tête d’un classement mondial évaluant la réponse des pays à la pandémie de la Covid-19.

Surfer sur la vague Covid

Sur le plan sanitaire, et au niveau européen, les nouvelles sont donc pour l’instant plutôt bonnes. Tel n’est pas le cas pour les entreprises et l’économie en général. Les conséquences sanitaires et économiques sont très incertaines. Or les entreprises n’aiment pas l’incertitude, elles ont besoin de visibilité à long terme.

Pour ne rien arranger, certains n’hésitent pas à surfer sur la vague Covid pour exiger un renforcement des frontières, à développer une méfiance de l’autre et à vanter les mérites de l’initiative UDC dont le but est de mettre un terme à la libre circulation des personnes. 

A cet égard, il est intéressant d’observer que notre ministre UDC de l’Economie prend le risque de se mettre une partie de ses troupes à dos, en défendant le non à cette initiative. Pourquoi une telle position? Probablement car sa fonction et sa présence sur le terrain lui ont permis de constater tous les inconvénients, et le mot est faible, de la fermeture des frontières et du repli sur soi.

Il y a aussi celles et ceux qui ont profité de cette crise pour faire des propositions aussi farfelues qu’une semaine de travail de 32 heures, sans diminution de salaire. En France, la Convention citoyenne pour le climat vient de refuser, heureusement, celle visant à passer à 28 heures de travail hebdomadaires.

Aujourd’hui, certaines revendications laissent à penser que la responsabilité sociale des entreprises et le développement durable n’existaient pas avant la pandémie. C’est erroné. Il faut à tout prix préserver la santé des personnes physiques mais aussi celle des entreprises dont la survie pour certaines est menacée, avec toutes les conséquences malheureuses que cela peut avoir sur l’emploi, notamment. Nous devons donc, loin de toute idéologie, préserver les conditions cadre qui ont fait le succès de notre pays, dans le respect des trois composantes du développement durable: social, économique et environnemental. 

*Directeur général adjoint, FER Genève 





 
 
 

AGEFI

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