Et si on tokenisait la statue de la Liberté?

lundi, 25.03.2019

Sébastien Flak* et Olivier Hezelot**

Sébastien Flak et Olivier Hezelot

A l’heure de la digitalisation et de l’émergence de la blockchain, la tokenisation d’actifs suscite de plus en plus d’intérêt.  La tokenisation fait référence au processus de titrisation consistant à incorporer des droits liés à un actif sous-jacent dans un jeton numérique sur la blockchain. Il serait donc assez aisé de pouvoir inscrire un titre de propriété sur la blockchain, et rendre de ce fait ce titre traçable, immuable, et auditable.

Le crowdfunding, ou plus communément «financement communautaire et participatif», est né dans les années 1700. Mais c’est en 1875 pour un projet qui est encore de nos jours mondialement connu et visité, que ce nouveau mode de financement a été médiatisé. C’est en effet grâce à une levée de fonds majoritairement portée par des notables Français que le projet de la Statue de la Liberté a pu voir le jour. Il faut attendre les années 2000, grâce à l’émergence d’internet, pour voir se populariser les plateformes de crowdfunding, majoritairement portées vers le financement participatif de projets artistiques. 

Dans le cas d’un véhicule d’investissement souhaitant lever des fonds, l’utilisation de la blockchain et l’émission de jetons numérique d’investissements offre également de nombreux avantages telle que la diminution des coûts comparés à une introduction en bourse, une automatisation du processus via l’utilisation de contrats intelligents (smart contracts) ou encore une traçabilité. Les investisseurs sont également avantagés avec ce nouveau modèle d’affaire: désintermédiation, transparence, diminution des coûts d’entrée, accès à un portefeuille d’investissement local, national ou international. 

Pour bon nombre d’entre nous un investissement immobilier reste sûr, durable et tangible. Cependant, entre un investissement en direct nécessitant un capital de départ important et un investissement via un fond immobilier demandant une maîtrise des marchés financiers, le chemin peut s’avérer périlleux s’il n’est pas maîtrisé et bien accompagné.  De plus, dans des pays où l’absence de registres fonciers fiables limite l’investissement, l’accès à la propriété encourage les pratiques frauduleuses. 

La Suisse, par son cadre légal et juridique, et le positionnement de la FINMA sur l’émission de jetons numériques se positionne comme un acteur majeur. Des start-up telles que TokenEstate (tokenisation immobilière), Tend (tokenisation d’actifs) ou encore Mt Pelerin (tokenisation d’actions) montrent déjà la voie et nul doute qu’à l’avenir, d’autres plateformes verront le jour. 

On peut dès lors facilement imaginer les avantages apportés par la tokenisation d’un bien immobilier. Cependant, cela signifie que le registre foncier adopte et reconnait cette inscription sur la blockchain comme valable et légale et qu’un cadre juridique soit mis en place et appliqué. Certains pays tels que l’Angleterre, la Suisse, la Suède ou le Brésil sont d’ores et déjà en train d’étudier la faisabilité d’un tel projet et l’utilisation de la blockchain pourrait à l’avenir remplacer le cadastre et autres registres fonciers.

* Sébastien Flak, Director, Crypto Solutions
** Olivier Hezelot, Executive, Real Estate
Geneva Management Group

 

 





 
 
 

AGEFI

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