Echos d’ambiance au Swiss Economic Forum

mercredi, 05.06.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Cette année encore, plus de 1200 dirigeants de PME ainsi que des représentants du monde politique et des associations de branche se sont réunis fin mai pour le Swiss Economic Forum (SEF) à Interlaken. C’est toujours l’occasion de ressentir sur place l’ambiance dans l’économie suisse. Premier constat: l’ambiance générale parmi les entrepreneurs présents était tout à fait positive.

Dans de nombreuses branches, la marche des affaires a semblé bonne, voire très bonne. Les carnets de commandes sont toujours bien remplis et il n’était pas rare d’entendre des dirigeants se plaindre d’être à la limite de leurs capacités de production. Sur le marché de l’emploi aussi, la situation semble souvent tendue et le recrutement de spécialistes qualifiés reste pour beaucoup d’entreprises un grand défi.

La croissance helvétique dépasse les attentes

L’ambiance globalement positive a été confirmée fin mai par les derniers chiffres de l’évolution du produit intérieur brut (PIB). Au premier trimestre, l’économie suisse affichait une croissance réelle de +0,6% par rapport au trimestre précédent, dépassant ainsi les attentes de la plupart des observateurs de la conjoncture. 

Après ce début d’année positif, la Recherche d’UBS a ainsi revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’année 2019, pour les faire passer de 0,9% à 1,3%.

Le conflit sino-américain reste une source de craintes

Quelques voix plus soucieuses se sont néanmoins fait entendre. A côté du thème récurrent du manque de main-d’œuvre, des représentants d’entreprises fortement intégrées dans la chaîne de création de valeur mondiale se sont montrés préoccupés des possibles conséquences du durcissement du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. 

Même si les analyses montrent que la part de création de valeur suisse dans les exportations tant chinoises qu’américaines est relativement faible et qu’un relèvement réciproque des droits de douane n’aura pas un impact direct très fort sur la Suisse, les répercussions indirectes des récentes évolutions ne doivent pas être négligées.

D’une part, l’incertitude durable pousse de nombreuses entreprises à ajuster leurs plans d’investissement et à reporter leurs investissements de renouvellement ou d’extension dans les localisations touchées par les restrictions commerciales. 

D’autre part, les mesures prises par les Etats-Unis contre l’équipementier télécoms Huawei et d’autres entreprises chinoises du secteur technologique ont déjà entraîné, en un temps record, des rejets considérables dans l’ensemble du secteur. 

L’optimisme au rendez-vous

On constate cependant toujours que, dans le monde entier, la consommation et le secteur des services se portent très bien. L’emploi a fortement progressé ces dernières années, et pas seulement aux Etats-Unis et en Suisse. 

Dans d’autres pays européens aussi, la reprise économique, qui dure depuis 2012, a permis une hausse de l’emploi et donc une nette réduction du taux de chômage. En Europe comme en Suisse, le moral des consommateurs est toujours bon, et tant que les dépenses de consommation continueront à augmenter fortement dans le monde entier, le principal pilier de la conjoncture restera intact. 

Comme le mot d’ordre du SEF, «Yes - the optimist code», s’applique actuellement aussi aux consommateurs, l’optimisme est de mise en ce qui concerne les perspectives de l’économie helvétique.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS





 
 
 

AGEFI

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