Doubler l’EBIT - CO2 = du QI + des ailes + du soleil

jeudi, 07.02.2019

Anne Tschanz Vakula*

Jeffrey Engler, américain avec des origines autrichiennes, fit un rêve, déjà avant de devenir diplômé d’Harvard: celui de pouvoir continuer à voler beaucoup sans péjorer son emprunte carbone. Il décida alors de se concentrer sur un seul objectif: créer un avion, comparable au Boeing 737 ou à l’Airbus A320, qui serait utilisé pour les petites et moyennes distances et qui serait «zéro-émission» d’ici 2039. Mais le jeune entrepreneur était arrivé à la même conclusion que celle que j’ai présentée longuement dans ma chronique «Climat 1/5»: «cela ne marchera pas si ce n’est pas moins cher!».

J’ai rencontré «Jeff» grâce à une présentation de la Banque Barclays et à l’intuition de son directeur général pour la Suisse, Gérald Mathieu, et de ses équipes. Le 28 novembre passé, le Four Seasons Hôtel des Bergues, accueillait banquiers et leurs clients investisseurs à une grande messe financière avec pour sujet «The unstoppable change». La banque britannique, avait invité différents startuppers qui proposaient de réduire les «GHG emissions», grâce à un nouveau modèle d’affaire et/ou à une invention (bio)technologique révolutionnaire. 

Pour passer du rêve à l’ambition, Jeff s’est entouré des meilleurs, notamment des directeurs de chez Boeing et Cessna, qui ont fait le grand saut pour lui et ce projet un peu fou (www.weflywright.com). Jeff possède un leadership très fort. Cela peut servir quand on part de zéro et qu’on prétend attaquer sérieusement un marché (les compagnies aériennes) de 4 trillions de dollars.

Une alternative plus attractive

Outre le fantastique défi technique consistant à remplacer le kérosène par des batteries électriques rechargeables à l’énergie solaire (car si l’origine de l’énergie des batteries n’est pas «propre», l’intérêt de l’exercice est alors limité), il fallait aussi arriver à proposer aux compagnies aériennes une alternative plus attractive en terme de profitabilité.

Selon les différentes hypothèses, données et résultats collectés sur un avion hybride électrique 2 places, qui a déjà été fabriqué et a opéré en test en 2017, le futur avion Wright Electric de 186 passagers devrait permettre à une compagnie aérienne de doubler son EBIT1. Comment? Etant donné que l’EBIT margin moyenne de l’industrie est basse à environ 10%, le simple fait de réduire de 20 à 50% des coûts (achat du kérosène et autres coûts découlant de l’utilisation d’un moteur hybride, notamment coût inférieur de la maintenance) qui eux-mêmes représentent environ 25% du total des charges, permet d’augmenter sensiblement l’EBIT.

Si vous avez besoin de plus de preuves de l’attractivité financière du projet et du sérieux de ses auteurs, vous pouvez visiter le site internet et découvrir le nom de l’un des partenaires de Wright Electric. Pas un petit nom!

Une pure folie

À l’instar des investisseurs (VC et angels), qui ont déjà souscrit au projet Wright Electric, je pense que ce serait une pure folie de ne pas investir dans des sociétés telles que celle fondée par Jeff étant donné qu’il n’y aura pas de profit sur une planète morte suite au dérèglement climatique engendré par la trop grande émission de CO2, CH4 and autres GHGs ayant pour origine l’activité humaine. Il serait totalement irresponsable de ne pas essayer d’absorber l’énergie du soleil et voler!

Earnings Before Interest and Tax

*Directrice Sergan Management





 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...