Digitalisation? Il y a encore bien du travail!

mardi, 03.03.2020

Patrick Joset

Patrick Joset

La vraie révolution numérique sera celle qui remplacera véritablement les interactions inutiles, les intermédiaires superflus et les tâches fastidieuses. Je fais référence à une chronique que j’écrivais dans l’Agefi il y a un peu plus d’une année. Quelques cas concrets et vécus pour démontrer qu’il reste du pain sur la planche.

En tant que secrétaire général dans une fondation, j’ai dernièrement dû mettre à jour la liste des membres du conseil de cette fondation. Vous vous doutez que cette opération requiert la mise à jour obligatoire du registre du commerce, avec légitimation des membres autorisés. Cet acte effectué en bonne et due forme, voilà que je reçois quelques semaines plus tard un formulaire papier de plusieurs pages de la part de PostFinance. Qui me demande de remplir exactement les mêmes informations déjà fournies au RC. A quoi sert donc Zefix, l’accès public à ce fameux RC? De plus, j’en déduis qu’un service de notre chère régie nationale analyse chaque mutation parue dans la feuille des avis officiels de chaque canton… On ne peut rêver tâche plus fastidieuse.

Les banques ne sont pas en reste. Dans certaines d’entre elles, pas moyen de faire une procuration bancaire sans passer physiquement au guichet. Anecdote édifiante, l’aventure qui m’est arrivée il y a quelques semaines. Ayant besoin d’un peu de cash pour me rendre dans un pays isolé, j’avais réservé un montant en monnaie locale auprès d’un institut bancaire renommé de la place. J’ai bien entendu dû me rendre au guichet pour toucher cet argent liquide, contre remise d’un récépissé. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’on m’a demandé de rapporter ce bout de papier. L’employé avait par erreur confondu la copie client avec l’original. Et on en avait besoin pour clore la journée! Revolut et les nouvelles néo-banques, leurs possibilités innovantes, leur interface simplifiée et efficientes via une app sur smartphone ont décidément un bel avenir.

Dans toutes les entreprises, on récolte mois après mois les notes de frais des employés. Qui doivent être scrupuleusement accompagnées de leurs preuves originales. Des heures perdues à classer, agrafer, saisir informatiquement ces petits bouts de papier. Travail que l’on pourrait drastiquement simplifier en adoptant un système de notes de frais digitalisées. Et pourquoi pas sur une base forfaitaire?

D’autres pays, pourtant à la pointe dans bien des domaines, n’ont rien à nous envier en matière de procédures aberrantes: à Dubaï, prenez le monorail qui fait l’aller-retour entre la côte et la pointe de la fameuse île artificielle de Palm Jumeirah. Bien que le parcours soit gratuit, il vous sera distribué un billet magnétique, qui plus est différent entre l’aller et le retour, allez savoir pourquoi. Une fois actionné un portillon complètement inutile, le billet vous sera repris par un employé scrupuleux à la fin du voyage. La palme de l’efficience!

On le constate, à Dubaï ou en Suisse, bien des progrès restent à faire en matière de digitalisation.

* ABISSA





 
 
 

AGEFI

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