COP25: les villes, un acteur majeur au-delà des Etats

jeudi, 05.12.2019

Olivier Ferrari*

Olivier Ferrari

A l’origine du développement de la société, nous retrouvons les grandes civilisations qui ont évolué vers les cités-Etat, en passant par les empires pour arriver à nos Etats contemporains. Ceux-ci voient en interne le développement de nouvelles cités-Etat, de par l’emprise de zones urbanisées qui deviennent des mégapoles tentaculaires. Ces entités de pouvoir propre représentent un acteur majeur d’inversion du réchauffement climatique.

Les parties de cette COP25 abordent l’ensemble des composantes  liées aux défis à relever que sont la réduction du niveau de concentration de CO2 dans l’atmosphère. Il faut stopper le retrait des terres arables conquises par les déserts et renaturer celles polluées par la chimie. En comptant les océans, récipiendaires de nos rejets polluants et autres objets plastiques, fait que tous ces écosystèmes réduisent leur consommation de CO2. Il est aussi primordial de stopper l’éradication massive des forêts tropicales, dont le Brésil enregistre une augmentation de 30% de l’exploitation illégale du bois en 2019, dans l’indifférence générale. Et ceci est sans compter les feux de forêts dans le monde entier, pour gagner des terres pour l’élevage d’animaux, la plantation d’huile de palme, de même que pour faire place encore et toujours à l’extraction de matières premières, dont des énergies fossiles, et un élément non négligeable, assurer l’accroissement exponentiel de villes.

En 2030, 70% de la population mondiale vivra dans des villes. En 2015, les dix plus grandes représentaient 223 millions d’habitants, en 2035 ce sera plus de 300 millions. Tokyo et New Dehli comptent actuellement ensemble presque autant d’habitants que des pays comme la France (67 millions) ou l’Italie (60,4 millions) ou le Royaume-Uni (66,6 millions). On peut comprendre l’importance à accorder à l’urbanisation qui est le récipiendaire de l’excroissance d’une population  mondiale dont l’empreinte sur l’environnement amplifie l’urgence climatique. Ceci est sans compter que la croissance annuelle mondiale de la population est proche des 89 millions d’habitants, soit plus que la population de l’Allemagne actuelle.

Le développement de ces zones urbaines doit intégrer les opportunités et changements de paradigmes en cours. La génération de déchets évoluera vers des productions d’énergies propres par la production de biogaz et de bio méthane. La couverture des toitures en cellules solaires tant photovoltaïques que thermiques permettra une consommation autonome des énergies. L’espace urbain doit être pensé pour accueillir des zones sans circulation en y réintégrant de la nature. Il est en effet aberrant d’utiliser un véhicule de près de deux tonnes pour transporter un corps humain de 70 kg! Ceci implique que les transports publics doivent prendre en compte cette dimension et garantir des connections avec les quartiers et les périphéries. L’utilisation de cycles et véhicule à propulsion électrique s’amplifie et doivent pas interférer avec des voies piétonnières libres de tous moyens de transport. La nature doit également retrouver sa place.

Les cités dortoirs sont un modèle dépassé. Les villes concentrent nos besoins de réduire la pollution, améliorer la qualité de l’air, gérer les déchets et assurer une qualité de vie optimale, soit tout autant d’opportunités de croissance économique.

* Directeur général, Coninco





 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki




...