Concilier travail collaboratif et confinement

dimanche, 10.05.2020

Christophe Clavé*

Christophe Clavé

Depuis plus de dix ans, un thème central de la pensée et de la pratique managériale concerne les modalités d’un travail collaboratif dans le but de générer de l’intelligence collective. Celle-là même qui permet la résolution de problèmes complexes, qui ouvre des champs nouveaux à l’innovation et permet la création de nouveaux avantages concurrentiels.

Le travail collaboratif c’est faire travailler les personnes ensemble, les faire échanger et réagir aux idées des uns et des autres. Une des conditions démontrées de l’émergence d’une intelligence collective est précisément la sensibilité sociale, c’est-à-dire la capacité à entendre les émotions des autres, laisser chacun s’exprimer et s’enrichir de la diversité. Une partie difficile à mesurer mais sans doute significative de la performance provenant de la collaboration est liée aux échanges informels et fortuits, lors de rencontres et discussions non directement liées au travail. Cet esprit de camaraderie crée de la confiance, entretien la réflexion commune, enrichit la pensée. Il semble donc évident que ce niveau de performance soit affecté lorsque les équipes sont empêchées de se rencontrer pour travailler ensemble.

La technologie est bien entendu la première condition pour permettre aux équipes de poursuivre leurs travaux. Les réunions par vidéo sont pratiques courantes. Il faut cependant y inclure certaines règles de fonctionnement indispensables. Organiser la prise de parole pour que chacun s’exprime à tour de rôle, s’assurer que tout le monde s’exprime et soit écouté sont des éléments essentiels tout autant que l’organisation de la conférence elle-même, les horaires, les supports technologiques, l’ordre du jour, le compte-rendu et la date du prochain échange. Il s’agit bien ici de l’alliance de la technologie qui permet l’échange, et des règles de fonctionnement qui en optimisent l’efficacité. 

Pour remplacer les échanges informels, il est nécessaire de planifier et organiser des rencontres digitales sur des sujets annexes au projet principal. Des apéritifs à distance, des discussions et des échanges sur des sujets connexes maintiennent un lien social de qualité entre les membres de l’équipe. Ils permettent d’approfondir l’empathie, l’attention aux autres et le respect mutuel. Ces attitudes sont consubstantielles à la liberté de penser et d’exprimer ses idées, et donc à la créativité. Dans un mémo McKinsey (Comella-Dorda, Garg, Thareja, Vasquez-McCall) insiste sur la nécessité pour l’équipe d’avoir un coach qui l’accompagne dans ses interactions digitales et pour un soutien personnalisé.

Au-delà des réunions par vidéo, la technologie contribue à faciliter la créativité, le partage d’information, la transparence et les espaces de rencontre. Travailler en fichiers partagés est un avantage évident qui permet de s’assurer que l’on travaille toujours sur la dernière version d’un document. Permettre les échanges entre collègues, en dehors des réunions qui réunissent toute l’équipe est très important. Des chats, des plateformes permettant une communication asynchrone jouent un rôle essentiel dans le partage et la construction du savoir. Pouvoir inviter des parties extérieures, les clients notamment, est un autre atout de ces outils digitaux.

Enfin rien ne fonctionne sans leadership. Celui-ci veille à intégrer les clients dans la démarche, rappelle les objectifs et le sens, assure la transparence et une communication positive et motivante, qui sont d’incontournables ingrédients du succès.

* Président, EGMA





 
 
 

AGEFI

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