Comment faire sans leader charismatique sous la main?

dimanche, 27.10.2019

Christophe Clavé*

Christophe Clavé.

Le monde change de plus en plus vite. Sous la pression de la libéralisation des échanges, des nouvelles technologies, de nouveaux concurrents, de la demande changeante et exigeante des consommateurs, des nouvelles générations, et plein d’autres choses encore. Pour faire face, l’entreprise doit se réinventer sans cesse, trouver de nouveaux produits, de nouveaux services, de nouvelles offres, bref renouveler sans cesse son modèle d’affaires (business model).

Pour rendre cela possible, elle a deux options: soit elle est dirigée par un génie, un leader charismatique et visionnaire qui lui montre la voie, soit elle doit optimiser, combiner, exploiter, utiliser toutes les ressources dont elle dispose dans ce but. Soyons-clair, le coup du visionnaire charismatique c’est assez rare. On a eu Steve Jobs, Elon Musk, Jeff Bezos, Jack Ma, en France Xavier Niel... Vous en connaissez d’autres?

Donc si vous n’avez pas un tel génie à portée de main, il va vous falloir trouver autre chose. Cette autre chose c’est la collaboration, le travail en commun, le partage des énergies et des idées, la rapidité d’action. On a une idée? On la teste. Elle ne fonctionne pas? On l’oublie et on passe à la suite. Elle fonctionne? On l’améliore avec de vrais clients. Il n’y a pas de vrai client? C’est que l’idée n’est pas bonne. On passe à la suivante.

Economiquement viable?

Tout cela s’enchaine très vite. La vitesse (1) est ici gage de succès. Parce que le premier qui la commercialisera bénéficiera d’un avantage. Mais aussi parce que si votre bonne idée n’est pas économiquement viable, mieux vaut le savoir très vite, avant d’y avoir investi des heures et de l’argent.

Les clients (2). Il faut des clients disponibles, près à tester vos idées et vous dire très vite si elles ont un avenir ou pas, et comment les améliorer. Pour créer, produire, tester, améliorer, il vous faut une équipe. Et pas n’importe laquelle. Une équipe brillante, rapide, centrée sur le client et ses attentes.

On en arrive à la notion de taille critique (3). La taille critique hier, c’était un volume minimum pour pouvoir réduire les coûts de production. On parle aujourd’hui de taille critique parce que pour créer, innover, penser, produire, tester et améliorer il faut du monde, disponible, concentré sur le même objectif. Et c’est valable dans tous les domaines.

N’oubliez pas, nous raisonnons ici dans l’hypothèse où vous n’avez pas sous la main un génie charismatique. Pour y suppléer il n’y a qu’une seule vraie option: l’intelligence collective. Dans «intelligence collective» il y a «collective». Oui il vous faut des gens compétents, de vrais talents. Oui il faut qu’ils aiment travailler ensemble. Et oui il vous en faut un certain nombre pour que la combinaison de leurs capacités vous donne une chance de créer quelque chose de vraiment différent.

Questionnement et risque

Pour que tout ceci fonctionne il vous faut une culture à la fois ouverte au questionnement ainsi qu’à la prise de risque. La culture du questionnement est celle qui encourage la pensée divergente. Si la notion de culture vous apparait floue, alors faisons simple: la culture c’est le management, la direction de l’entreprise.

Oui bien sûr il y a plein d’autre choses, mais dans la vraie vie les vrais managers (4) ont un tel impact sur les façons de travailler, le profil des équipes et leur motivation qu’on peut prendre un léger raccourci en disant que c’est avant tout le management qui fait la culture. Si ce n’est pas le cas de vos managers, c’est que vous n’avez pas de vrais managers. CQFD.

* Professeur de stratégie & management INSEEC SBE





 
 
 

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