Comment atténuer les risques en cas de deuxième vague?

lundi, 08.06.2020

Adrien Pichoud*

Adrien Pichoud

Alors que les gouvernements du monde entier assouplissent progressivement leurs mesures de confinement, les investisseurs s’intéressent désormais à la tournure que prendra la reprise économique. Ces derniers reprennent doucement confiance, mais les marchés n’en restent pas moins dans une situation précaire. De nouvelles données positives devraient alimenter le rebond, mais une deuxième vague d’infections pourrait également se traduire par un décrochage des marchés.

Construire des portefeuilles adaptés à ces deux scénarios s’apparente à un jeu d’équilibriste. Cela étant, en privilégiant les actifs risqués de qualité assortis de couvertures de protection, les investisseurs peuvent se prémunir contre les risques de baisse tout en s’exposant à la reprise des marchés.

Nous sommes convaincus que la crise du coronavirus ne donnera pas lieu à une dépression durable dans les 12 prochains mois. Le retrait des mesures strictes de confinement associé au soutien continu des banques centrales et des gouvernements devrait permettre d’insuffler une dynamique positive à l’économie au début de l’été. Quoi qu’il en soit, il faudra attendre plusieurs trimestres avant que le PIB, qui a chuté de plus de 10% dans la plupart des pays développés, ne se redresse.

Sa hausse reposera principalement sur l’augmentation de la demande intérieure et la reprise des secteurs des services dans les économies développées en réponse aux besoins de consommation de la population, à mesure que les biens et services redeviennent accessibles. En revanche, il est beaucoup plus difficile de prédire ce qu’il adviendra de l’activité industrielle qui risque d’être plus durablement impactée. La reprise sera donc inégale, et certains pays et secteurs mettront plus de temps à se relever.

En mars, les marchés actions ont cédé à la panique et anticipé une profonde récession, ce qui a créé un décalage important entre les performances économiques et les marchés. Ces derniers adoptent désormais une vision plus positive de la reprise et affichent des valorisations raisonnables des actifs risqués. Toutefois, dans ce contexte, la moindre actualité négative pourrait provoquer une nouvelle baisse. Les marchés actions sont donc à la fois exposés à des risques haussiers et baissiers.

Quant aux perspectives à long terme? Les facteurs structurels qui ont permis de contenir l’inflation au cours de la dernière décennie, tels que la hausse de la productivité et le ralentissement démographique, ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Cependant, la remise en cause de la mondialisation et la possible hausse des taxes sur les marchandises dans certains secteurs pourraient tirer les prix vers le haut. En fait, il nous semble que le marché se montre trop pessimiste à cet égard et que l’inflation dépassera probablement les attentes à moyen terme.

C’est pourquoi nous préférons les obligations indexées sur l’inflation aux obligations d’Etat. Aux Etats-Unis et dans la majorité des pays européens, l’inflation implicite et les cours actuels de ces actifs se situent à des niveaux très bas. En cas d’accélération de l’inflation à moyen terme, ces obligations verront leurs cours augmenter.

A long terme, les taux nominaux devraient rester bas en raison de la politique des banques centrales, et il se pourrait même que les taux réels continuent à baisser. Ces prévisions influent sur le positionnement de notre portefeuille et nous ont amenés à prendre trois décisions stratégiques. Non seulement la baisse des taux réels renforce notre préférence pour les obligations indexées sur l’inflation, mais elle conforte également notre opinion positive à l’égard de l’or et des valorisations

des actions, lesquelles permettent aux investisseurs de s’exposer à des entreprises de qualité dotées d’une bonne visibilité et de bilans solides, en payant un peu plus cher. 

*Chief Economist, Portfolio Manager Syz Group





 
 
 

AGEFI

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