Cinq attitudes pour diriger pendant la crise

dimanche, 12.04.2020

Christophe Clavé*

Christophe Clavé

C’est un fait admis depuis une vingtaine d’année. Ce début du XXIe siècle ouvre une période de changements sans précédent. L’avenir ne sera pas la continuation du passé. Les technologies évoluent à une vitesse jamais atteinte et leurs effets dans nos vies et dans les entreprises se déploient sans interruption. Nous sommes dans le règne du changement imprévisible que les sociologues et anthropologues appellent «la grande transition».

Depuis vingt ans, nos entreprises ont appris à vivre sous ce paradigme d’imprévisibilité. Elles ont inventé l’agilité, la travail collaboratif, l’horizontalisation de leur organisation. Le rôle, les attitudes, les compétences et aptitudes des managers ont forcément évolués pour s’adapter. La crise que nous traversons est inédite, profonde, universelle. Elle requiert des entreprises et des managers ces mêmes aptitudes qu’ils ont développé depuis vingt ans: tenir la barre, mettre l’équipage en action, guetter l’accalmie. Dans un article, McKinsey a ainsi défini ou confirmé les cinq attitudes que les managers doivent adopter dans la tourmente actuelle pour assurer de bonnes et rapides décisions.

1 Prenez du recul. Mettez de la distance entre les évènements, les sollicitations et vous. Pensez la trajectoire de l’entreprise et des équipes dans la perspective de leurs grands objectifs. Posez-vous les questions suivantes: «qu’est-ce qui est le plus important en ce moment?», «à côté de quoi pouvons-nous passer?», «y-a-t-il des actions ou décisions à prendre maintenant qui auront un effet positif plus tard?».

2 Impliquez plus de monde. C’est incontournable. L’époque est au collectif, au collaboratif, à l’ouverture des esprits sur d’autres perspectives, d’autres approches, d’autres croyances, d’autres représentations. La manager isolé comme Jupiter c’était les années 1980. Le dirigeant du XXIe siècle partage, écoute, intègre, apprend. Impliquer ne suffit pas. Il faut cadrer, organiser, allouer rôles et responsabilités. Le collectif est au service de l’innovation et de l’action. Il ne se justifie pas et ne se suffit pas à lui-même. 

3 Faites des choix opérationnels. La période de crise n’est pas celle dans laquelle la stratégie se discute et les grandes décisions se prennent. Il s’agit de tenir la barre, pas de repenser le monde. Managers, décidez, faites des choix opérationnels, impliquez-vous. Mobilisez vos collaborateurs pour identifier les décisions qui doivent se prendre pendant la crise et prenez-les.

4 Pilotez depuis un centre de contrôle. Dans la crise que nous traversons, nombre d’entreprises rapportent qu’à des jours de calme succèdent des paniques où des actions urgentes sont requises. Adaptez vous à cette nécessité. Entourez vous des personnes vitales à l’entreprise. Gardez le lien avec elles, et soyez prêts avec elles à vous mettre en relation pour décider et agir.

5 Enfin, revoyez votre système de délégation. Assurez-vous que le pouvoir que vous avez délégué est entre de bonnes mains. Les leaders de temps calme ne sont pas tous faits pour naviguer par gros temps. Si nécessaire, retirez du pouvoir à certains et donnez le à d’autres. En période de crise, la délégation de pouvoir et l’autonomie de décision sont essentielles quand elles sont placées entre de bonnes mains. Autrement elles mènent au désastre. Encore une fois le manager idéal n’est pas loin du surhomme. Il est agile tout en garantissant la stabilité, il écoute tout en décidant, il prend du recul en même temps qu’il tient la barre.

* Président, EGMA SA





 
 
 

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