Ces Prix Nobel qui soulignent la force de la coopération internationale

jeudi, 17.10.2019

Catherine Lance Pasquier*

Catherine Lance Pasquier

La récompense suprême. Le Prix Nobel de physique a été attribué à Michel Mayor et Didier Queloz pour la découverte de la première planète située en-dehors de notre système solaire. Après le Prix Nobel de chimie décerné en 2017 à Jacques Dubochet, la Suisse scientifique démontre à nouveau son excellence et c’est tout le pays qui célèbre ses chercheurs et met la science à l’honneur.

Ce Prix Nobel est l’occasion de rappeler l’extraordinaire qualité de nos hautes écoles, de nos instituts de recherche et des unités de recherche de nos entreprises. Les performances dans ce domaine renforcent la compétitivité de la Suisse et lui permettent de tenir les premiers rangs en matière d’innovation, ce qui bénéficie à toute l’économie suisse. Dans le domaine de la recherche, il est essentiel de souligner l’importance de la coopération internationale et en particulier européenne, car la Suisse ne peut faire cavalier seul. La participation à l’espace européen de la recherche est fondamentale pour notre place scientifique. Elle lui apporte des ressources financières importantes, la possibilité de mener de grands projets et d’intégrer des réseaux internationaux. Elle permet aussi à notre place de recherche d’attirer les meilleurs talents et renforce l’attractivité de la Suisse pour les entreprises innovantes.

Des ressources considérables

La Suisse est un acteur important des programmes-cadres de recherche de l’Union européenne. Ces derniers, pluriannuels, encouragent la collaboration entre les pays et la coopération entre entités publiques et privées. Ils sont en outre dotés de ressources considérables. Le prochain programme, Horizon Europe, dispose d’environ cent milliards d’euros. Grâce à l’accord bilatéral sur la recherche, la Suisse a accès à ce formidable espace de recherche et de savoir. Elle en a été privée momentanément suite à l’acceptation de l’initiative sur l’immigration de masse en 2014. Les conséquences se sont vite fait sentir, tant en pertes financières que d’impossibilité de participer à d’importantes collaborations. La situation a été entretemps normalisée et il s’agit maintenant d’assurer la participation de la Suisse à Horizon Europe.

L’exemple du domaine de la recherche montre la nécessité d’assurer des relations stables avec notre premier partenaire. La Suisse et l’Europe sont totalement interdépendantes. Cet état de fait impose de ne pas fragiliser l’édifice des accords bilatéraux en remettant en question les fondamentaux de nos relations avec l’Union européenne. Or, la population suisse sera amenée à se prononcer l’année prochaine sur l’initiative UDC visant à mettre fin à l’accord sur la libre circulation des personnes. Une acceptation de l’initiative provoquerait des dégâts considérables sur le marché du travail suisse. Elle mettrait en péril l’ensemble des accords bilatéraux I, de par le lien juridique qui existe entre eux. La recherche, l’agriculture, ou encore les transports seraient directement impactés. L’accès au marché européen serait fortement entravé.

Or, il n’est pas dans l’ADN de la Suisse de se fermer sur elle-même. Le Fonds national suisse de la recherche scientifique et l’Université de Genève ont financé les travaux de nos prix Nobel à une époque où la recherche d’exoplanètes intéressait très peu de monde. C’est cet extraordinaire esprit de curiosité et cette capacité d’ouverture qui font la force de notre pays et qui doivent être préservés. Dynamique, innovante, la Suisse mérite une politique européenne à son image.

* FER





 
 
 

AGEFI

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