2020, l’année de toutes les décisions

mercredi, 27.11.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

En 2020, une série de décisions politiques importantes qui influeront sur l’évolution de l’économie mondiale et des marchés financiers sont attendues. Le prochain millésime s’annonce dès lors comme «l’année de toutes les décisions».

D’abord, tant en ce qui concerne le litige commercial sino-américain que la saga du Brexit, la question sera «deal or no deal?». Les Etats-Unis et la Chine parviendront-ils à s’entendre au moins sur un accord de la soi-disant phase 1? Et la Grande-Bretagne réussira-telle à conclure un accord de sortie avec l’Union européenne? 

Par ailleurs, en plus de la politique monétaire, faut-il utiliser aussi davantage la politique budgétaire pour stimuler la conjoncture? Enfin, l’issue de l’élection présidentielle aux Etats-Unis et, certainement aussi, la campagne elle-même devraient maintenir les marchés sous pression. Ces derniers mois, on a pu constater un net ralentissement de l’économie mondiale. Toutefois, une récession de grande ampleur devrait être évitée l’an prochain.

Les mesures à prendre

Dans la perspective de ces phases potentiellement agitées, il est conseillé aux investisseurs de mettre l’accent sur les actions de qualité et à dividendes ainsi que sur les entreprises axées sur le marché domestique et la consommation: elles sont moins dépendantes du négoce et des dépenses d’investissement. 

En ce qui concerne les obligations, compte tenu des rendements très bas des titres les plus sûrs et des risques de crédit croissants dans le segment à haut rendement, il est préférable de se concentrer sur les obligations présentant une solvabilité moyenne. Par ailleurs, il convient de préférer les métaux précieux aux matières premières cycliques, ainsi que les placements alternatifs peu sensibles aux mouvements du marché.

La fin de la mondialisation

Les investisseurs ont dans tous les cas intérêt à ne pas se focaliser seulement sur les douze prochains mois. On peut s’attendre à une «décennie de transformation» durant laquelle de nouveaux gagnants et de nouveaux perdants pourraient changer la manière dont les investisseurs placent leur argent. 

Dans les années 2020, le monde entier va connaître de profonds bouleversements. On estime que quelque 790 millions d’êtres humains iront s’installer dans des villes. La population active devrait chuter de 25 millions dans les pays industrialisés et augmenter de 470 millions dans les marchés émergents. Le nombre d’utilisateurs d’Internet va passer de 4,3 à 7,5 milliards. Toutefois, la mondialisation a probablement dépassé son apogée et une phase de démondialisation est attendue.

Les défis et les opportunités

En plus d’une politique commerciale à l’orientation plus nationaliste, on observe des efforts pour compenser, par des mesures de redistribution, les inégalités de patrimoine qui se sont fortement accrues dans certains pays. En outre, le changement démographique fait peser une pression de plus en plus forte sur les systèmes de prévoyance, dont la réforme se fait toujours attendre.

Enfin, la prise de conscience croissante des nombreux défis écologiques devrait déboucher sur une phase de renforcement des mesures et des réglementations en faveur de la protection de l’environnement. Les défis qui en découlent dans les domaines de la durabilité et de la technologie offrent les opportunités les plus intéressantes pour les investisseurs.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS





 
 
 

AGEFI

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