Charlotte Crosswell de Nasdaq NLX sur les dérivés de taux

23.09.2015: interview de Charlotte Crosswell, Nasdaq OMX NLX, accordé à Nicolette de Joncaire (Agefi) pour Dukascopy TV

Le nouveau venu sur les dérivés

L'Agefi, 24.09.2015

Nasdaq NLX. La réputation du Nasdaq sur les marchés actions n'est plus à faire. Il est maintenant également présent sur les dérivés de taux. 

Inutile de présenter le Nasdaq comme spécialiste des marchés actions. Pourtant depuis 2013, il offre aussi, depuis Londres (et les pays nordiques), une plateforme boursière pour les dérivés de taux. Alors que jusqu'à son ouverture, les produits sur taux courts (Liffe/ICE) et sur taux longs (Eurex) étaient dissociés, la jeune plateforme Nasdaq NLX, met à disposition, pour le négoce et pour la compensation, une gamme complète sur les deux courbes, en euro et en livre sterling. Ce qui permet enfin plus de flexibilité dans l'appel des marges (cross-margining) et de sérieuses réductions de coûts. Entretien avec Charlotte Crosswell, CEO de Nasdaq NLX, venue à Genève à l'occasion du forum des dérivés Bürgenstock.

Pourquoi Nasdaq, traditionnellement orienté vers les actions, s'est-il lancé dans les dérivés de taux d'intérêt, en concurrence avec des acteurs bien établis comme Liffe et Eurex?

La fragmentation du marché entre produits de taux courts et de taux longs n'était pas satisfaisante pour les clients. Nous y avons perçu une opportunité d'offrir un service plus en phase avec ce dont les banques avaient besoin: une plateforme de négoce unique (NLX) et une plateforme de compensation unique (LCH.Clearnet). Cet ensemble leur permet négocier les dérivés de taux sur une plateforme harmonisée. L'approche "en silos" a fait son temps. En outre, Nasdaq offre des solutions technologiques qui équipent déjà plus de 70 bourses…

Vous comptez aller plus loin encore

Effectivement LCH.Clearnet (qui appartient majoritairement au London Stock Exchange) a demandé l'autorisation règlementaire pour étendre le cross-margining au niveau des portefeuilles. Cette particularité permettra aux clients de compenser les frais de garantie (marges d'appel) payés contre des dérivés de taux corrélés ce qui présente un avantage significatif en termes de réduction des coûts. Notre approche est très concentrée sur la réduction des coûts.

L'expansion des règlementations vous offrent-elles de nouvelles opportunités?

Sans aucun doute. Avec MiFID2, les banques doivent investir dans des méthodes d'appariement des transactions (matching technologies) et se tournent vers les bourses pour le faire car ce sont les seules plateformes à offrir des moyens qui ont fait leurs preuves dans ce domaine. Attention, il ne s'agit pas pour nous d'entrer en concurrence avec les banques mais de leur offrir, sous forme de partenariats, les instruments qui leur sont nécessaires.

Dans les pays nordiques, vous avez votre propre chambre de compensation mais en Grande-Bretagne vous vous êtes associés à LCH.Clearnet. Pour quelle raison?

LCH.Clearnet est une chambre de compensation solidement établie, en particulier sur les transactions de gré-à-gré. Elle offre en outre une méthodologie de Value-at-Risk (VaR) très innovante pour le calcul des marges de compensation. C'est d'ailleurs cette approche qui va permettre le cross-margining au niveau des portefeuilles.

Il a été question pour vous de lancer des futures de swaps imitant les swaps de taux de gré-à-gré. Le projet est-il toujours d'actualité?

La futurisation des swaps est une tendance qui se développe mais ne correspond encore qu'à une partie infime du marché. Le développement de ce type de produit peut être rapide mais il n'y a pas encore de vraie demande. Pour l'instant, nous attendrons. 

En juillet, Nasdaq lançait aux Etats-Unis des dérivés sur l'énergie (Nasdaq NFX). Encore une fois, vous pénétrez le territoire d'acteurs déjà très établis.

La demande des banques est vraiment très forte et nous travaillons en partenariat étroit avec nos clients. Il est exact que nous entrons en concurrence avec des acteurs historiques mais notre force est, une fois de plus, une réduction significative des coûts de compensation.

Vous parliez plus tôt des solutions technologiques développées par le Nasdaq. En quoi est-ce une force?

Tous nos développements sont conçus par les services technologiques de Nasdaq qui utilise la plateforme de trading Genium INET, l'une des plus rapides du monde et l'une de celles qui offre les fonctionnalités les plus diverses et les plus complètes. Elle présente par ailleurs l'avantage d'être ouverte et de pouvoir interagir avec d'autres bourses et d'autres systèmes financiers. En matière de trading, le développement technologique est une stratégie gagnante. 


Le Nasdaq a lancé des dérivés sur l'énergie aux Etats-Unis en juillet sous le nom de Nasdaq NFX.


 

 

 

CV

Charlotte Crosswell

Charlotte Crosswell est Senior Vice President et CEO du Nasdaq NLX. Elle a été Senior Vice President du Nasdaq OMX Europe et présidente de son Pan European Market depuis mai 2008. Elle était auparavant associée chez Cornhill Corporation Holdings et responsable du développement des affaires de Pension Insurance Corporation. Charlotte Crosswell a été présidente et responsable de NASDAQ International dans la division NASDAQ Stock Market. Précédemment, elle a passé six ans au London Stock Exchange dans de multiples rôles. Sa carrière a débuté dans la division des ventes d'actions européennes de Goldman Sachs. Charlotte Crosswell est titulaire d'un BA en français de l'Université de Southampton.

Company Key facts

Nasdaq NLX

Le Nasdaq NLX est le nouveau marché de dérivés de taux base à Londres, ouvert en 2013. Il permet à ses membres de négocier une gamme de dérivés de taux d'intérêt sur l'ensemble de la courbe, ce qui réunit pour la première fois des instruments à court et à long terme sur le même marché pour le négoce et pour la compensation. Les transactions sont compensées par LCH.Clearnet en utilisant une méthodologie de Value-at-Risk (VaR) très innovante pour le calcul des marges de compensation. C'est cette approche qui permettra le cross-margining au niveau des portefeuilles. Le développement de NLX a été conçu par les services technologiques de Nasdaq qui utilise la plateforme de trading Genium INET.


Retrouvez notre série spéciale Bürgenstock,

avec Alexander Karrer (chef de la division des Affaires multilatérales du Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales), Christian Sjöberg, SIX X Clear, Stéphane Graber, secrétaire général du STSA (Swiss Trading & Shipping Association); Ivan Nappo, ETM EU Compliance, Cargill et Françoise Deshusses, consultante, commodity market risk & compliance, Cees Vermaas, CEO de CME Europe, et Charlotte Crosswell, Senior Vice President et CEO du Nasdaq NLX.


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