Eric Vanraes d'EI Sturdza sur les achats obligataires de la BCE

01.09.2015: interview d'Eric Vanraes, EI Sturdza Investment Funds, accordé à Nicolette de Joncaire (Agefi) pour Dukascopy TV

Couverture du risque par le biais obligataire

L'Agefi, 01.09.2015

 

E.I. Sturdza Investment Funds. Les obligations de qualité sont à sélectionner dans l'univers sélectionné par la Banque Centrale Européenne pour son programme PSPP. La liquidité en est assurée.

Course au rendement: les investisseurs accumulent le risque dans leurs portefeuilles. Actions et obligations high yield? Un cocktail qui peut devenir dangereux estime Eric Vanraes, responsable des taux chez E.I. Sturdza Investment Funds. 

Quels sont les principaux enjeux du marché obligataire actuel?

Un rendement faible et une liquidité insuffisante. Sur les obligations de type investment grade ou souveraines, les revenus sont misérables. Quant aux titres high yield, la liquidité y est de plus en plus problématique. Le monde obligataire est littéralement scindé en deux univers totalement différents ce dont les investisseurs ne se rendent pas toujours bien compte. Ils cumulent les positions risquées en entassant actions et obligations high yield dans leurs portefeuilles sous prétexte que les obligations de haute qualité ne rapportent rien ou pas grand'chose sans se rendre compte de la corrélation importante qui existe entre spreads corporates et marchés actions. En cas de turbulence, ils se retrouveront très insuffisamment protégés.

La partie obligataire doit donc servir de couverture dans un portefeuille?

C'est désormais sa fonction principale. D'un côté, les actions pour le risque et le rendement, de l'autre, les obligations pour le revenu (si faible soit-il) et la couverture du risque. Cela ne signifie pas qu'il est forcément déconseillé d'investir en high yield. Certains titres sont très intéressants. Mais sur le plan de l'analyse risque/rendement, le high yield est à assimiler aux actions, pas aux obligations. En se rappelant de surcroit que les actions sont liquides car elles sont échangées en bourse alors que les obligations le sont beaucoup moins car elles sont négociées de gré à gré.

Où trouver les meilleurs titres obligataires pour une couverture efficace?

Sans aucun doute dans l'univers sélectionné par la Banque Centrale Européenne (BCE) pour son programme PSPP (Public Sector Purchase programme). L’extension de la liste PSPP à 13 nouveaux émetteurs corporates paraétatiques est passé presque inaperçue le 2 juillet, noyée par les nouvelles sur la crise grecque. Cette liste PSPP offre pourtant des alternatives exceptionnelles avec des titres émis par OEBB-Infrastruktur AG, par Enel ou par la SNCF. Des titres sur lesquels la liquidité n'a aucun risque de s'assécher grâce au programme d'achat de 60 milliards d'euros par mois de la BCE. Rarement des titres ont-ils bénéficié d'un market maker de cette envergure!

Les émetteurs de ce type ajoutés par la Banque centrale européenne début juillet ne sont donc que treize. Est-ce suffisant?

Il n'y a aucun doute dans mon esprit que cette liste va s'allonger. La BCE annonce d'ailleurs sur son site que sa liste est sujette à modification à tout moment. Il suffit d'identifier des titres équivalents pour savoir vers quelles valeurs la BCE va s'orienter. Par exemple, les Aéroports de Paris, RTE EDF Transports ou encore Deutsche Bahn Finance. En y regardant de plus près, l'univers est de taille largement suffisante pour couvrir n'importe quel besoin.

Quelle conclusion en avez-vous tiré pour votre propre gestion?

Nous avons éliminé l'essentiel des titres notés BBB et tous les titres de qualité inférieure au profit d’emprunts d’états de la zone euro et de PSPP. Nous avons également privilégié certains corporates paraétatiques susceptibles d’être rajoutés tôt ou tard par la BCE à sa liste PSPP. L'objectif est que nos portefeuilles obligataires offrent une réelle protection à nos investisseurs. C'est le même principe qu'une assurance-incendie. Inutile d'attendre le feu pour y souscrire.  

 

 

 

CV

Eric Vanraes

Eric Vanraes est responsable de la gestion de taux chez EI Sturdza Investment Funds. Il est entré à la Banque Baring Brothers Sturdza SA en 2008. Il est gérant principal des fonds Strategic Euro Bond Fund et Strategic Global Bond Fund, ainsi que gérant principal des mandats de gestion obligataires institutionnels. De 2000 et 2008, Eric a travaillé à l’Union Bancaire Privée en tant que membre de la Direction, responsable de la gestion obligataire crédit «investment grade» et des stratégies «absolute return» obligataires. Il était également administrateur et responsable de l’analyse crédit du fonds UBAM Convertibles Europe. Il a été récompensé en 2003 par S&P et en 2007 par Lipper pour la gestion des fonds UBAM Corporate Euro et UBAM Corporate USD en tant que meilleurs fonds obligataires «Investment Grade», respectivement sur 3 ans et sur 1 an. Auparavant il a travaillé pour la Société Nancéenne Varin Bernier du groupe CIC et  pour la banque de Neuflize Schlumberger Mallet à Paris où il était responsable de la gestion de plusieurs SICAV monétaires et obligataires, ainsi que gérant de mandats auprès de grandes entreprises françaises. Eric Vanraes est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Grenoble et de Sciences Po Grenoble (Institut d’Etudes Politiques). Il détient également un DESS de finance.

 

Company Key facts

EI Sturdza Investment Funds

EI Sturdza gère actuellement 2,3 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour le compte de ses investisseurs (au 31 décembre 2014). La société a obtenu le Lipper Fund Awards cette année pour sa gamme de fonds en actions. Elle est spécialiste de l’investissement en actions chinoises, japonaises, européennes et américaines.

01 - Exposition de la BCE aux corporates
02 - Exposition possible de la BCE

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