La confirmation des objectifs par SGS est ambitieuse

lundi, 17.07.2017

Le plan 2020 prévoit notamment une amélioration de la marge opérationnelle à 18% et des acquisitions pour un chiffre d’affaires d’un milliard.

Christian Affolter

SGS accroît son bénéfice net au premier semestre.

Le groupe SGS a confirmé point par point les objectifs de son plan 2020 lors de la présentation de ses résultats semestriels. A la lumière de l’évolution des affaires au cours du premier semestre 2017, deux éléments paraissent particulièrement ambitieux.

Tout d’abord, la volonté d’ajouter des revenus «de l’ordre de grandeur d’un milliard de francs» par le biais d’acquisitions entre 2016 et 2020. Avec un volume réalisé jusqu’ici d’un peu plus de 150 millions, et seulement 4 acquisitions pendant les six premiers mois de 2017 totalisant un chiffre d’affaires de 7 millions, cela implique une accélération très forte sur la période restante jusqu’en 2020 (L’Agefi du 11 juillet). SGS n’a pas donné plus de détails quant à la manière pour y parvenir. Le montant figurant dans le plan laisse en tout cas apparaître inévitable une ou plusieurs opérations sortant du rythme habituel de petites acquisitions complémentaires, comme SGS en a encore annoncé la semaine dernière, participant ainsi à la consolidation d’un marché toujours très fragmenté. Même s’il ne faut pas sous-estimer la capacité d’un groupe d’envergure mondiale à appliquer les procédures ainsi acquises à une échelle plus importante, et donc à apporter du levier au chiffre d’affaires initial des sociétés cibles. La question si une acquisition d’envergure peut être compatible avec la discipline financière stricte de SGS reste ouverte. D’autant plus que d’autres acquéreurs potentiels se trouveraient certainement sur les rangs, poussant le prix vers le haut. Au vu de la capacité du groupe à générer, comme anticipé, une croissance organique nettement supérieure à celle de ses pairs, il n’y a guère besoin de forcer du côté des acquisitions.

Le deuxième élément, les marges opérationnelles d’au moins 18%, y est lié. SGS a un peu déçu sur ce point, avec 14,1% au niveau du groupe, et une évolution très disparate au sein des différentes activités. Il apparaît néanmoins clairement que le groupe n’achète pas de la croissance. Bien au contraire, il a pu réaliser les taux de croissance les plus forts dans les domaines d’activité ayant également progressé au niveau des marges, au point d’afficher pour leur plupart des niveaux supérieurs à la moyenne du groupe. SGS concentre ses efforts sur les segments les plus porteurs. Par conséquent, le fait que la croissance ait en grande partie été réalisée en-dehors des activités liées à l’énergie est positif. Les deux acquisitions du côté de l’Industrie soulignent la volonté du groupe de diminuer encore l’importance de celle-ci. Car elle a été la principale responsable du recul du chiffre d’affaires comme des marges de cette entité. Il n’est dès lors très probablement pas question de procéder à une acquisition d’envergure marquant une rupture par rapport à ce principe de croître avec une amélioration des marges.

Elles doivent au contraire s’inscrire dans la stratégie de mise en œuvre du plan 2020 que le premier semestre 2017 a rendu plus concrète du côté des marges, malgré le manque de progression de la moyenne du groupe. Que ce soit au niveau des différents segments d’activités, ou même au sein de ceux-ci.

SGS accroît son bénéfice semestriel et confirme les objectifs 2020

SGS a vu ses ventes et son bénéfice net progresser sur les six premiers mois de l'année, mais la performance s'est révélée contrastée selon les divisions. Le spécialiste de l'inspection et de la certification compte encore améliorer sa marge opérationnelle en monnaie locales cette année et table sur 18% d'ici 2020, contre 14,1% actuellement. L'objectif est jugé très ambitieux par certains analystes.
SGS a enregistré un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 276 mio CHF, en hausse de 7% sur un an ou 7,8% à taux de change constants. Le chiffre dépasse les prévisions du consensus d'analystes consultés par AWP, qui escomptait 273,9 mio. Le résultat d'exploitation (Ebit) a progressé de 4,9% à 410 mio.
Les ventes ont augmenté de 4,9% à taux de change constants à 3,05 mrd, un montant en ligne avec les prévisions de 3,04 mrd CHF. La croissance organique a atteint 3,4% au premier semestre, légèrement plus rapide qu'escompté par le consensus AWP à 3,2%.
La société genevoise a réalisé quatre acquisitions entre janvier et juin. Ensemble, les sociétés rachetées ont pesé pour 4 mio des ventes et ont apporté 1 mio à l'Ebit, précise le communiqué.
En prenant en compte les effets non récurrents et l'amortissement des acquisitions, l'Ebit ajusté a augmenté de 4,9% à 428 mio CHF, un chiffre légèrement inférieur aux prévisions qui tablaient sur 433,4 mio. La marge afférente s'est inscrite au même niveau qu'à la même période un an plus tôt, à 14,1% hors effet de change. En incluant ces derniers, la marge a par contre reculé de 0,1 point de pourcentage.
Le directeur général (CEO), Frankie Ng, s'est déclaré optimiste quant à la réalisation d'ici 2020 d'une marge opérationnelle d'au moins 18%. Cette dernière a atteint 14% au premier semestre de l'année en cours. Le groupe continue d'investir dans un centre de services partagés et dans l'amélioration de son infrastructure informatique afin de réduire les coûts.
Les synergies dégagées par ces investissements et la fin des coûts de restructuration permettront au groupe genevois de nettement améliorer ses marges dans trois ans, a assuré le patron.
L'unité Consumer & Retail s'est solidement développée, à la fois en matière de ventes en hausse de 11,4% à 462,7 mio, que du point de vu de la rentabilité. La marge Ebit ajustée s'est établie à 25,1%, soit 0,6 point de pourcentage supplémentaire comparé à l'année précédente.
Le chiffre d'affaires des activités liées aux transports a également connu une solide croissance, de 13,4% à 271,8 mio. La marge opérationnelle a atteint 18%, un chiffre en hausse de deux points de pourcentage. L'amélioration de l'efficacité et l'augmentation des volumes explique cette évolution positive.
La division Agriculture, Food & Life a inscrit des ventes en hausse de 7,7% à 478,3 mio, notamment grâce à la performance des sociétés nouvellement acquises. La marge opérationnelle a gagné 0,8 point de pourcentage à 14,9%.
Dans les segments Oil, Gas & Chemicals, où les ventes ont progressé de 1,3% à 556,4 mio, et Industrial, où elles ont augmenté de 0,3% à 435,2 mio, la situation est toujours problématique. Industrial a inscrit une marge opérationnelle en repli de 2,1 points de pourcentage à 7,1%.
Après une restructuration des activités dans l'unité Minerals, la situation s'est améliorée. Les ventes se sont inscrites en hausse de 5,9% à 323,2 mio et la marge opérationnelle a gagné presque un point de pourcentage à 13,8%. L'unité Certification a vu ses ventes croître de 2,8% à 160,7 mio. La marge Ebit ajustée a quant à elle gagné deux points de pourcentage à 17,1%.
"La solide croissance devrait se poursuivre au second semestre dans les divisions 'Agriculture, Food & Life', 'Consumer & Retail' et 'Certification'", a estimé M. Ng. L'unité 'Transportation' risque par contre de subir une légère contraction d'activité. Quant aux segments 'Oil, Gas & Chemicals' et 'Minerals', ces derniers devraient poursuivre leur accélération entamée en première partie d'année.
L'unité 'Industrial' continue cependant de préoccuper le patron, en raison de la faiblesse continue du secteur énergétique.
Baader Helvea interprète les objectifs formulés par SGS comme un discret relèvement des prévisions, la société parlant d'une "solide croissance organique", alors qu'elle parlait auparavant de "croissance organique au niveau de l'année précédente", soit environ 2,5%.
La Banque cantonale de Zurich (ZKB) trouve quant à elle l'objectif de marge opérationnelle "très ambitieux". Les analystes estiment en effet qu'améliorer les marges est très difficile dans le contexte actuel. (awp)


 
 

 


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