Repositionnement indispensable dans la finance durable

lundi, 26.09.2016

Pour profiler la Suisse comme leader international selon le SFI. Car Londres et Paris progresseraient plus vite.

Piotr Kaczor

L’analyse du Swiss Finance Institute a été réalisée sous la conduite notamment du professeur Philipp Krüger de l'Université de Genève.

SI des gérants d’actifs suisses se sont hissés au rang de chefs de file, dans la microfinance notamment, à l’instar du groupe zurichois ResponsAbility ou des sociétés genevoises BlueOrchard ou Symbiotics, tel n’est pas encore tout à fait le cas pour sa place financière considérée dans son ensemble selon une analyse (white paper) présentée lundi à Zurich par le Swiss Finance Institute (SFI). Sur la base d’un réexamen présenté comme systématique des études académiques et d’une enquête menée cette année.

 

L’analyse du SFI - réalisée sous la conduite des professeurs Annette Krauss et Julia Meyer (Université de Zurich) ainsi que Philipp Krüger (Université de Genève) - ne manque pas de souligner le rôle d’une variété significative d’acteurs spécialisés dans la finance durable en Suisse. Mais elle constate aussi que cette approche (investissements selon des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance ESG) reste perçue comme un segment spécifique, une niche, du marché par une majorité d’acteurs dont les stratégies en la matière sont par conséquent fondées sur la cohabitation de la finance traditionnelle et de la finance durable.

 

Conséquence: le secteur financier suisse est loin de pouvoir se positionner pour l’instant comme chef de file international de la finance durable. Car la Suisse poursuit plutôt en la matière une stratégie d’observation «look and-see». De ce fait, Londres et Paris progresseraient plus vite actuellement dans ce domaine, avec des buts assumés de se positionner comme des hubs de la finance durable.

Quelles seraient dès lors les mesures à prendre pour remédier à cette situation?

Les auteurs de l’étude concluent au besoin urgent d’un engagement crédible et plus vigoureux pour la finance durable de la part des échelons supérieurs du secteur financier suisse (au niveau des conseils d’administration et des directoires). Ils concluent aussi à la nécessité de la mise en place de mesures d’éducation des cadres dirigeants, des conseils d’administration et des équipes de direction. De manière à rehausser le savoir-faire au sein des établissements et des institutions et ancrer ainsi le concept de finance durable.


 
 

 


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