«La Suisse doit s’imprégner d’un écosystème de start-up mature comme Israël»

mardi, 27.06.2017

Nomads Foundation. La présidente du catalyseur de projets innovants sera présente au DLD de Tel-Aviv avec une délégation de 70 Suisses. Parmi lesquels des startupers, des professeurs et des délégués économiques des cantons de Genève et Vaud.

Elsa Floret

Sabrina Cohen Dumani. «Il ne s’agit pas de copier la Silicon Valley ou Tel-Aviv, mais d’appliquer notre culture collaborative au sein de notre écosystème de start-up encore très immature», explique la présidente de la fondation.

En septembre, 70 Suisses parmi lesquels des startupers, des professeurs de transfert de technologie à l’UniGe, des membres des délégations économiques de Genève et Vaud, participeront au voyage organisé par Nomads Foundation au DLD de Tel-Aviv. «La Suisse doit s’imprégner d’un écosystème de start-up mature comme Israël», explique Sabrina Cohen Dumani, présidente de la fondation, qui participe à son quatrième voyage depuis la création de Nomads Foundation. Catalyseur de projets innovants en Suisse, la fondation se fixe comme objectif d’inviter les acteurs locaux à s’approprier la révolution technologique avec l’ADN suisse. «Il ne s’agit pas de copier la Silicon Valley ou Tel-Aviv, mais d’appliquer notre culture collaborative au sein de notre écosystème de start-up encore très immature», explique Sabrina Cohen Dumani, qui estime qu’il faut une quinzaine d’années pour consolider un écosystème.

Cela fait justement quinze ans qu’Israël a développé les conditions-cadres pour attirer les investisseurs étrangers, en créant un fonds (Matching Fund), selon lequel chaque franc investi est doublé par le gouvernement israélien et en ne taxant pas les gains en capital. Autre facteur de succès, les centres R&D des GAFA (Google, Amazon, Facebook & Apple) ainsi que Microsoft et eBay, apportent une plus-value en termes de formation. «L’âge moyen des créateurs de start-up en Israël est de 35 ans. Ils tirent leur expérience des centres R&D ou du transfert de savoir-faire de l’armée, notamment l’unité 8200 de renseignement militaire. Alors qu’en Suisse, seul Google est présent à Zurich pour son centre R&D et l’armée n’a pas d’unité d’élite technologique. Ce qui maintient notre écoystème dans un early stage», observe Sabrina Cohen Dumani. Les résultats sont là: dix milliards d’investissements ont été investis dans les start-up en Israël en 2016 (à titre de comparaison six milliards pour toute l’Europe) contre 5,4 milliards en 2015. Plus de 500 business angels et VC sont actifs en Israël où de nombreux entrepreneurs sont eux-mêmes devenus capital risqueurs.

Et pourtant, les similitudes entre Israël et la Suisse sont nombreuses. Ce sont deux petits pays de 8,5 millions d’habitants, fortement dépendants des marchés extérieurs, dont le tissu économique est majoritairement composé de très petites entreprises et possédant une forte concentration d’ingénieurs et de brevets déposés par habitant.

«Une des différences fondamentales réside dans la culture du risque et de la collaboration. Les Israéliens n’ont pas peur de l’inconnu et la culture de la collaboration au sein de sa communauté high tech est très forte. Les experts sont très accessibles et ils s’entraînent beaucoup entre eux. Ce qui n’est pas le cas en Suisse où chacun prône l’individualisme, le chacun pour soi», regrette la présidente de Nomads Foundation, dont le but est de transposer le mindset collaboratif cher à l’apprentissage au secteur high tech suisse.

«Nous travaillons de concert avec les formations professionnelles et les associations professionnelles, où la culture collaborative s’avère être très forte. Créer des collaborations entre les acteurs clés de la formation et l'innovation est un facteur du succès pour innover dans un monde complexe où les progrès technologiques sont aussi rapides. Notre écosystème high tech aurait donc  tout à gagner de s’imprégner de la culture collaborative suisse inhérente à la formation professionnelle et plus largement à nos institutions politiques. C’est tout le défi de Nomads Foundation: agir comme catalyseur», s’enthousiasme Sabrina Cohen Dumani, qui rappelle qu’ils n’étaient que cinq lors du premier voyage au DLD en 2014.  

Parmi les quatre délégations qui feront le voyage en septembre: P&G et trois baby entrepreneurs sélectionnés par Bilan; l’UniGe avec des professeurs et les responsables du transfert de technologie; 10 start-up sélectionnées par AP Suisse, incubateur avec l’ETH de l’ESA (European Spatial Agency), qui a un fonds d’investissement  pour les start-up en besoin de technique spatiale comme la géolocalisation et l’IOT (Internet of Thing); Innovaud, la promotion économique de Genève et Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat vaudoise à l'énergie et l'environnement.





 
 

...