La Morning note de Mirabaud Securities

lundi, 02.01.2017

Les indices américains ont fini en baisse vendredi soir pour la dernière séance de l’année. Si les volumes ont logiquement été faibles, c’est cependant la déception qui a prévalu puisque le Dow Jones ne franchira pas les 20'000 points en 2016. La morning note de Mirabaud Securities

John Plassard

La raison de la baisse du jour est à mettre sur le compte de la baisse de plusieurs grandes valeurs technologiques (l’indice S&P 500 Technologiques a baissé de 0.98%) notamment Apple (le quotidien japonais Nikkei a indiqué que le groupe à la pomme allait réduire la production de la famille de produits iPhone d'environ 10% au premier trimestre 2017 par rapport à la même période de 2016), ses fournisseurs (Cirrus Logic et Qualcomm ont cédé respectivement 2,53% et 1,27%), Microsoft, Alphabet et Facebook.

A la hausse, les financières ont contribué à limiter le repli général : l'indice S&P du secteur a gagné 0,23% et Goldman Sachs a pris 0,53%, la meilleure performance du Dow Jones.

L'année 2016 se fini malgré tout par une progression de 9,54% pour le S&P, de 7,5% sur le Nasdaq et de 13,42% pour le Dow Jones, grâce essentiellement à la forte hausse enregistrée depuis l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis le 8 novembre.

En terme de valorisation, selon Factset, les sociétés du S&P 500 valent 21 fois leurs bénéfices dégagés sur les douze derniers mois, contre une moyenne de 16 sur les dix dernières années.

Le dollar a perdu du terrain sur la journée, abandonnant 0,3% face à un panier de référence mais il termine 2016 sur un gain de 3,8% et enregistre ainsi sa quatrième année de hausse d'affilée.

Le repli du billet vert n'a pas empêché le pétrole de finir la journée dans le rouge, même si le baril affiche sa meilleure année depuis 2009 avec un gain de 45% pour le brut léger américain (WTI) et de 52% pour le Brent.

Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'Etat américains ont reculé au cours d'une séance abrégée avant le Nouvel An.

Le rendement des bons du Trésor à dix ans a fini à 2,446%. Sur l'ensemble de l'année, il a augmenté de 17 points de base.

L'or, enfin, à 1.151 dollars l'once affiche une hausse de 8,5% sur l'année après trois ans de baisse.

1.    Normalisation oui, mais quand ?

L’année 2017 commence comme l’année 2016 a terminé : Par des questions existentielles.
Selon Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne n'aurait pas commencé à débattre de la fin de son programme de rachat d'actifs (tapering) mais la question finira par se poser. Selon lui, une discussion sera nécessaire au sujet de la normalisation de la politique monétaire mais il faudra procéder doucement.

Des risques liés aux incertitudes en Europe et à l'étranger persistent et pourraient avoir des conséquences pour l'économie en freinant l'investissement et la consommation.
La politique du nouveau président américain aura aussi une influence sur le rythme du tapering européen. Benoît Coeuré s’attend en effet à des changements majeurs dans la politique économique américaine, avec une attention plus grande portée sur la politique budgétaire.

Ces changements sont pour l’instant difficiles à évaluer.

On l’avait bien compris en fin d’année, l’évolution de la politique monétaire de la BCE ne va plus dépendre de l’évolution de son principal mandat (la stabilité des prix) mais bien d’un ensemble de plusieurs facteurs dont les choix de politique économique de la future administration Trump.

Comme nous l’indiquions lors du dernier trimestre de 2016, ce constat implique un accroissement de la volatilité à l’approche des réunions de l’institution de Frankfurt

2.    La Russie déjà par la grande porte

Nous avons dit à plusieurs reprises que l’année 2017 pourrait bien être l’année de la Russie.

Une nouvelle fois (après 2013 où Vladimir Poutine avait trouvé la solution de dernier ressort après que le gouvernement de Bachar el Assad ait franchi la ligne rouge en termes d’armes chimiques) la « résurrection internationale » de Vladimir Poutine pourrait bien venir de la Syrie.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a en effet adopté ce week-end à l'unanimité une résolution … russe saluant l'accord de cessez-le-feu conclu en Syrie sous l'égide de Moscou et d'Ankara.

Les auteurs du texte ont également salué la conférence de paix prévue dans le cadre de l'accord parrainé par la … Russie et la Turquie, qui doit avoir lieu à Astana en présence du gouvernement syrien et de l'opposition avant la reprise, le 8 février, des discussions organisées à Genève par les Nations unies.

Là où les négociations sous le patronage de l'Onu et des États-Unis n'aboutissaient à rien, le président russe a réussi un tour de force en imposant un marché à des adversaires que tout oppose. Il a donc une nouvelle fois remis son pays au centre du jeu.

Cet accord témoigne de l'accélération des bouleversements affectant les équilibres régionaux et internationaux.

La Russie a désormais beaucoup d'atouts dans son jeu et est en position de force, alors que les Occidentaux y sont affaiblis.

3.    L’Espagne confirme

Malgré une crise politique sans commune mesure, la croissance de l'économie espagnole pourrait avoir dépassé en 2016 le chiffre de 3,2% qui constituait la prévision officielle du gouvernement.

Le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, a distillé ce message plein d’espoir en affirmant que la croissance pourrait avoir été supérieure en 2016 à celle de 2015. Il a aussi précisé que l'inflation, qui avait nettement rebondi en décembre avec la remontée des cours du pétrole, devrait avoisiner 1% en moyenne en 2017.

Luis de Guindos a ajouté croire que la Commission européenne n'exigerait pas de Madrid des mesures budgétaires supplémentaires permettant de ramener le déficit public à 3,1% du PIB en 2017, le gouvernement ayant déjà annoncé son intention de relever certains prélèvements obligatoires et de supprimer certains allègements.

Les problèmes politiques en Espagne étant (plus ou moins) derrière nous l’année 2017 pourrait bien confirmer tout le bien que nous pensons de la résurrection de l’économie espagnole.

4.    La chine prête à tout pour éviter les fuites de capitaux

Bien avant l’élection de Donald Trump on avait compris que les anticipations de hausse des taux d’intérêt américain, du dollar et un affaiblissement global de la croissance économique allaient accélérer les fuites de capitaux en Chine.

On estime que lors des 10 premiers mois de l’année 2016, ce n’est pas moins de 690 milliards de dollars qui se sont envolés de Chine. Le gouvernement du pays du milieu a donc décidé de prendre des nouvelles mesures drastiques pour ralentir ces fuites.

Les particuliers désirant convertir leurs yuans en devises étrangères devront désormais fournir davantage d'informations détaillées à leur banque, en s'expliquant notamment sur les fonds concernés en plus de leurs papiers d'identité.

Par ailleurs, les établissements financiers seront sommés, à partir de juillet, de signaler à la banque centrale chinoise (PBOC) tout transfert international dépassant 200’000 yuans (28’800 dollars), afin de lutter contre le blanchiment.

Rappelant que les autorités chinoises s'efforcent de soutenir leur devise en rachetant des yuans, en puisant dans les réserves de devises étrangères de la Chine: ces dernières ont chuté de près de 70 milliards de dollars en novembre 2016.

5.    Cette semaine

Cette semaine de 4 jours pour les marchés américains, britanniques et suisses sera surtout marqué en fin de semaine par la publication des chiffres de l’emploi américain.
Aujourd’hui, nous surveillerons la publication des PMI finaux en zone euro pour le mois de décembre.

Demain, c’est le PMI manufacturier chinois qui devrait tenir les investisseurs en haleine, à moins que cela ne soit les chiffres de l’inflation en Allemagne ou les ISM manufacturiers aux Etats-Unis.

Mercredi, les yeux des investisseurs seront rivés sur l’inflation de la zone euro ainsi que sur les Minutes de la Fed.

Jeudi, nous nous intéresserons à l’inflation en Suisse et à l’ADP de l’emploi américain.

Vendredi finalement, c’est bien évidemment les chiffres de l’emploi américain de décembre qui devraient apporter de la volatilité aux indices. Il ne faudra cependant pas minimiser les chiffres de la confiance du consommateur en zone euro.

Les indices européens devraient ouvrir en baisse ce matin dans le sillage de la clôture des indices américains. La prise de bénéfice devrait être à l’honneur à moins de 3 semaines de l’intronisation de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale. Rappelons que les indices américains, britanniques et suisses entre autres seront fermé aujourd’hui.

Signalons que le modèle Panic/Euphoria de Citigroup montre que lorsque les investisseurs sont euphoriques, comme c'est le cas actuellement, les cours sont en repli un an plus tard dans 70% des cas, la baisse médiane atteignant 12,6%.

Tendance asiatique

La majeure partie des indices asiatiques sont fermés aujourd’hui. On a cependant pris connaissance hier d’une statistique économique très intéressante en Chine. En effet, l'activité des directeurs d'achats du secteur manufacturier a connu une hausse inférieure à ce qui était attendu en décembre. L'indice PMI des directeurs d'achats du secteur calculé par les autorités chinoises s'est inscrit à 51,4 en décembre, après 51,7 en novembre. Le consensus attendait un chiffre de 51,5.

Actualité

Le président de l'institut économique allemand Ifo a déclaré au quotidien allemand Tagesspiegel penser que les Italiens finiraient par quitter la zone euro si leur niveau de vie ne s'améliorait pas.

La Corée du Nord est en passe de procéder à un tir expérimental de missile balistique intercontinental, a déclaré dimanche le numéro un nord-coréen Kim Jong-un.

Le gouvernement chinois devrait se fixer un objectif de croissance économique plus souple pour cette année afin de disposer de marges de manœuvre en matière de réformes, a déclaré un conseiller de la banque centrale à l'agence de presse officielle Chine nouvelle, selon des déclarations publiées dimanche. Huang Yiping, membre du comité de politique monétaire de la Banque populaire de Chine (BPC) et professeur à l'université de Pékin, a déclaré à Chine nouvelle que l'objectif de croissance du PIB pour 2017 devrait être une fourchette de 6% à 7%, à comparer à celle de 6,5% à 7% retenue pour 2016.

Le président élu américain Donald Trump n'a pas exclu, samedi, de rencontrer la présidente taïwanaise si elle se rend en visite aux Etats-Unis après son investiture le 20 janvier.

Le code électoral italien doit être réformé avant un retour aux urnes, a répété samedi le président Sergio Mattarella, lors de ses vœux pour 2017.

Le terrorisme islamiste est la principale menace pesant contre l'Allemagne, a déclaré samedi la chancelière Angela Merkel dans son discours du nouvel an, ajoutant qu'elle allait légiférer pour renforcer les mesures de sécurité. La chancelière promet de nouvelles mesures législatives pour améliorer la sécurité de ses compatriotes.

Energie / Utilities    

- La Libye produit aujourd'hui au rythme de 685.000 barils par jour (bpj) contre environ 600.000 bpj il y a un mois, a déclaré dimanche un responsable de la National Oil Corporation (NOC), la compagnie pétrolière publique. La production a augmenté après la levée il y a deux semaines d'un blocus de deux ans sur plusieurs oléoducs acheminant le brut des gisements de Sharara et El Feel, dans l'ouest du pays.

- Le Turkménistan a coupé dimanche le robinet du gaz vers l'Iran après plusieurs jours de tensions entre les deux pays, a annoncé la Compagnie nationale du gaz d'Iran, citée par l'agence Shana qui dépend du ministère du Pétrole. Ces derniers jours, les deux pays avaient mené des discussions mais visiblement aucun accord n'a été trouvé sur le paiement et le montant d'arriérés dus par l'Iran au Turkménistan.

- EDF ne rachètera finalement pas le projet de centrale hydroélectrique brésilien Itaocara. Le développeur actuel, Light (Groupe Cemig) a fait savoir dans un communiqué diffusé le 30 décembre que les négociations exclusives entre les deux sociétés ont été rompues à l'initiative du français. EDF avait transmis en septembre dernier une offre informelle à Light pour le rachat de 51% de la société portant le projet de barrage sur le fleuve Paraíba, dans l'Etat de Rio de Janeiro. Les parties avaient alors démarré des négociations exclusives.

Industrie / Minières / Automobile

- L'Iran et le constructeur aéronautique européen ATR devraient signer au cours de la semaine à venir un accord définitif sur l'achat par Téhéran de 20 avions court-courriers, a déclaré samedi un haut responsable iranien. ATR, dont Airbus et Leonardo Finmeccanica sont coactionnaires, a annoncé en février un accord provisoire sur une commande iranienne de 20 appareils ATR 72-600, assortie de 20 options, qu'il estimait alors à un milliard d'euros.

- Les immatriculations de voitures neuves en France ont augmenté de 5,8% en décembre en données brutes par rapport au même mois de 2015, a annoncé dimanche le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Sur l’ensemble de l’année écoulée, la hausse du marché automobile français ressort à 5,1% en données brutes, avec 2.015.193 immatriculations, précise le CCFA. Sur le seul mois de décembre, les immatriculations du groupe PSA se sont contractées de 3,5%, avec une progression de 5,0% pour la marque Peugeot mais des replis de 10,8% pour la marque Citroën et de 36,6% pour DS, la nouvelle marque haut de gamme du constructeur. Celles du groupe Renault ont augmenté de 0,6% avec une progression de 2,4% pour la marque éponyme mais un repli de 6,5% pour la marque low cost Dacia.
Financières

- Le président du conseil de surveillance de la Deutsche Bank, Paul Achleitner, exclut dans une interview publiée samedi par le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung les pistes d'une fusion avec un établissement bancaire européen ou d'un renflouement public pour faire face à l'amende négociée avec les autorités américaines.

- Le groupe KBC rachète United Bulgarian Bank et Interlease et devient le premier groupe de bancassurance de Bulgarie
Informations et Technologies

- Foxconn (notamment sous-traitant d'Apple), a annoncé un investissement de 8,3 milliards d'euros pour ouvrir en Chine une usine d'écrans LCD, mais son patron Terry Gou s'est dit plus circonspect sur d'éventuels projets aux Etats-Unis.

- Controversée lors de sa nomination il y a juste huit mois, la responsable de Twitter pour la Chine, où le réseau social reste bloqué, a annoncé samedi qu'elle démissionnait, tout en se félicitant de l'envolée du nombre d'"annonceurs" chinois ces dernières années.

- Le traditionnel SMS de bonne année a poursuivi sa chute amorcée il y a deux ans, au profit des MMS, agrémentés de photos et vidéos, ou des messageries instantanées, selon les décomptes publiés dimanche par les opérateurs. Orange a recensé 94,9 millions de SMS entre 21H00 et 2H00 dans la nuit de samedi à dimanche, soit une baisse de 6% par rapport à l'an dernier. Même tendance chez Bouygues qui a dénombré 45 millions de SMS envoyés entre 21H et 2h, en chute de 9,7%. Chez Free le nombre de SMS envoyés entre 21h00 et 02h00 s'est élevé à 60 millions cette année, soit une baisse d'environ 4% par rapport à l'année dernière, a-t-il indiqué

Consommation

- Barry Callebaut (BC) a finalisé le rachat de la fabrique de chocolat de Mondelez International à Halle, en Belgique. Cette acquisition avait été annoncée en septembre dernier et les consultations avec le conseil d'entreprise sont maintenant achevées et les conditions pour la conclusion de l'opération remplies, a indiqué BC samedi dans un communiqué. La fabrique de chocolat à Halle sera intégrée dans le réseau global de fabriques de BC au 1er janvier 2017 et les capacités de production pour le chocolat et les remplissages belges seront augmentées. L'accord passé avec Mondelez pour la livraison à long terme de 30'000 tonnes de chocolat liquide par année prend aussi effet en janvier.

- Le secteur horloger suisse peut profiter du succès croissant des montres connectées car les consommateurs vont rechercher des déclinaisons haut de gamme de cette nouvelle technologie, a déclaré un vétéran du secteur, Jean-Claude Biver, qui dirige plusieurs marques du groupe LVMH.

Pharmaceutique

- Sanofi et Boehringer Ingelheim ont confirmé la clôture de l'échange de leurs activités au 1er janvier 2017. En vertu de l'accord signé en juin 2016, cette transaction consiste à échanger l'activité Santé Animale de Sanofi (« Merial ») contre l'activité Santé Grand Public (CHC), de Boehringer Ingelheim (BI) dans la plupart des pays en date du 1er Janvier 2017. Cette étape marque l'aboutissement de la transaction amorcée par des négociations exclusives en décembre 2015.


 



 

 
 

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