Pilatus ne prend plus de nouvelles commandes pour son PC-24

lundi, 06.06.2016

Le carnet de commandes pour le Pilatus PC-24 est complet jusqu'à fin 2019.

Le Pilatus PC-24 a été entièrement développé en Suisse.

Le Pilatus PC-24 a été entièrement développé en Suisse. (Reuters)

Pilatus est victime de son succès: le Conseil fédéral, le président de Nestlé Peter Brabeck et de nombreux autres veulent avoir son dernier joyau, le biréacteur d'affaires PC-24. Face à la demande, l'avionneur nidwaldien n'accepte plus aucune nouvelle commande.

Pilatus a vendu 84 exemplaires du PC-24 lors de la présentation de l'appareil il y a deux ans. "Nous sommes complets jusqu'à fin 2019", déclare le président de Pilatus Oscar Schwenk dans une interview parue lundi dans le Tages-Anzeiger et dans le Bund.

Le PC-24 est le premier avion à réaction construit par l'entreprise de Suisse centrale, spécialisée jusque-là dans les appareils à hélice. Parmi les clients dont les commandes ont été acceptées se trouvent le Conseil fédéral, Peter Brabeck, des sociétés de locations d'avions et des compagnies charters.

Depuis, la première vague de commande, Pilatus n'a plus pris aucun mandat. L'entreprise attend d'avoir toutes les autorisations nécessaires avant de rouvrir son carnet. "Nous devons être sûrs que nous pouvons respecter nos promesses", explique M. Schwenk.

Mais l'arrêt des commandes a aussi son prix. Des clients ont été perdus, reconnaît-il. "Mais on peut vivre avec, la demande étant assez grande".

Le premier PC-24 sera livré dans une année et demie, en novembre 2017, à la firme américaine Planesense. Le Conseil fédéral ne recevra pas son jet avant la fin de l'été 2018.

D'ici là, toutes les maladies d'enfance auront été soignées, estime M. Schwenk.

Le nouvel avion du Conseil fédéral coûte 8,9 millions de dollars (8,7 millions de francs), un prix fixe. "Le Conseil fédéral a pensé qu'il pourrait marchander", mais il doit payer le prix normal, selon le président de Pilatus.

Le PC-24 a été entièrement développé en Suisse. La Suisse compte de nombreux avantages, ajoute M. Schwenk. Elle offre notamment l'innovation, la qualité du travail et l'absence de grève. Pilatus n'a donc aucune intention de quitter le pays.

Les hauts salaires sont le revers de la médaille. Ils érodent les marges. Ces dernières années, tous les collaborateurs de Pilatus ont reçu 14,5 mois de salaire. C'est beaucoup d'argent, mais ça rapporte cent fois plus à l'entreprise en terme de qualité du travail, relève M. Schwenk. (awp)





 
 

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