La Morning note de Mirabaud Securities - spéciale élection présidentielle française

vendredi, 21.04.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention l’élection présidentielle française avec un numéro spécialement consacré. Ceci à travers une analyse décortiquée des enjeux économiques.

John Plassard

Dire que nous sommes heureux de la tournure et de la tendance qu’ont pris les indices américains hier soir est une douce litote euphémique. En effet, nous n’avons eu de cesse de répéter que le momentum haussier des indices étaient bien trop puissant pour que la fameuse correction que tout le monde attendait n’arrive de sitôt.

Les indices américains ont donc fini en franche hausse alimentés par un très important rachat de positions vendeuses (short squeeze), des bons résultats d’entreprises américaines (American Express), le commentaires rassurants du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin (qui a réaffirmé que la priorité économique des États-Unis était de relancer la croissance à travers une refonte des impôts et une réforme des règlementations, répétant l'objectif de faire grimper l'expansion du PIB américain à 3% au lieu de 1,6% en 2016) et les rumeurs d’une future intervention chinoise en Corée du Nord. Si le Dow Jones reste toujours sous sa moyenne mobile des 50 jours, le Nasdaq quant à lui a accroché un nouveau record historique.

Dans les toutes dernières minutes d'échanges, les indices ont toutefois perdu un peu du terrain gagné en séance après l'annonce d'une fusillade sur les Champs-Elysées.

Au niveau des nouvelles macroéconomiques, l'activité manufacturière de la région de Philadelphie, troisième plus importante région évaluée par la Réserve fédérale, a ralenti en avril pour le deuxième mois consécutif tout en restant en territoire positif.

En revanche l'indice composite du Conference Board des principaux indicateurs a progressé en mars.

Enfin, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont progressé un peu plus que prévu mais restent à un niveau relativement faible. Quant aux réinscriptions, elles sont au plus bas en 17 ans.

Au niveau des secteurs, les valeurs financières ont amorcé un rebond bien mérité avec la progression (enfin) remarquée de Goldman Sachs (+1.86%). Cependant les secteurs de l’industrie (+1.08%), des matériaux (+1.06%), de la consommation discrétionnaire (+1%) et de l’énergie (+0.4%) n’ont pas été en reste. Signalons la forte hausse des actions du secteur sidérurgique après que le président américain Donald Trump ait annoncé l'ouverture d'une enquête destinée à établir si l'acier étranger constitue une menace pour la sécurité nationale.

Au niveau des valeurs individuelles, CSX s'est envolé de +5,7% grâce à de bons résultats et qui excèdent le consensus. A noter également les hausses dans le secteur de la tech de Analog Devices et Broadcom (+2,2%) puis Vertex (+2,3%), Skyworks (+2,43%) et Micron (+2,6%).

Du côté des déceptions, l'opérateur téléphonique Verizon (-1,08%) a annoncé un plongeon de son résultat net, plombé par des désabonnements inattendus.

Les cours du pétrole n'ont pas vraiment dégagé de tendance hier soir, tentant de reprendre pied au lendemain d'une forte baisse, face à une actualité par ailleurs plutôt encourageante pour le marché.

La volatilité (VIX) a une nouvelle fois fortement baissé, le VIX passant sous la barre des 14 en séance.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montant à 2,223% contre 2,215% la veille, et celui des bons à 30 ans à 2,884%, contre 2,872% précédemment.

1. SPECIAL ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANCAISES

À l’avant-veille d’une élection présidentielle potentiellement historique, nous avons fait une analyse profonde et complète de la situation en France, aussi bien au niveau politique, économique et social. Nous avons aussi passé en revue les programmes des 4 principaux candidats. Analyse et synthèse.

1. Quelles sont les candidats à l’élection présidentielle française ?

A l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, les bureaux de vote fermeront à 19h au lieu de 18h. Le vote sera clos à 19 heures dans l'ensemble des bureaux, avec dérogations locales possibles jusqu'à 20 heures. Une mesure qu'il a expliquée par la volonté de limiter les risques de divulgation prématurée des premiers résultats partiels.

Jusqu'à présent, les bureaux fermaient leurs portes à 18h dans les communes faiblement et modérément peuplées, et à 20h dans les grandes villes.

a. Que disent les sondages ?

Les sondages officiels datés d’hier donnent globalement Emmanuel Macron devant Marine Le Pen et suivraient juste après dans un mouchoir de poche François Fillon et Jean-Luc Melenchon.

Pour y voir un peu plus clair, comme nous le rappelions récemment, il faut peut-être plus se fier à deux éléments de poids beaucoup trop minimisés par les instituts de sondage : L’abstention et la conviction.

b. La conviction

Selon la définition, une conviction politique correspond à un principe, une idée qui a un caractère fondamental pour quelqu’un. Si on regarde une étude qui vient d’être publiée, on conçoit que « seulement » 71% de personnes interrogées sont sûr de leur choix pour la présidentielle française.

En y regardant de plus près on remarque que les plus à même de voir des « voix partir » au premier tour des présidentielles sont dans l’ordre Jean-Luc Mélanchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

c. L’abstention

Six électeurs sur dix (59,4 %) considèrent que le scrutin ne vaut pas le déplacement : ce record de démobilisation a été observé lors des élections européennes en 2009. Pour les suivantes, en 2014, l’abstention avait timidement reculé à… 57 %.

Pour le choix de ses députés européens, la France se situe néanmoins dans la moyenne (56,89 %), mais loin derrière la Belgique (où le vote est obligatoire) et ses 10 %.

Les élections nationales sont plus mobilisatrices. Parmi celles-là, la présidentielle fait figure d’exception : de la première élection d’un président au suffrage universel direct de la Ve République, en 1965 (15,2 % d’abstention), à 2007 (16,2 %), c’est l’élection qui a le plus de succès.

La mobilisation moins forte – et avec la même tendance baissière – se note lors des municipales et des législatives. Ces dernières semblent avoir soufferts de l’introduction du quinquennat, en 2000, et de la proximité avec le scrutin présidentiel.

Historiquement l’abstention profite aux candidats dont le socle de conviction est le plus solide. Les électeurs de Marine Le Pen par exemple se déplaceront donc en masse aux urnes, c’est une quasi-certitude. Ce qui, en cas de forte abstention, entraînera mathématiquement un score plus élevé pour la candidate frontiste. D’autant que face à Marine Le Pen, certains camps peineront sans doute à mobiliser.

En résumé, si un camp parvient moins à mobiliser (imaginons une fuite de 15 à 20% des électeurs) qu’un autre, la défaite est assurée.

d. La messe n’est pas dite pour le deuxième tour

Même si Emmanuel Macron et François Fillon sont donnés par les sondages largement devant Marine Le Pen au second tour, la présidente du Front National n’est pas déjà battue pour autant.

Selon un simple calcul mathématique, il « suffirait », pour que Marine Le Pen gagne, que 90% de ceux qui lui donnent une intention de vote votent vraiment pour elle, tandis que seulement 70% des électeurs qui déclarent une intention de vote Emmanuel Macron ou François Fillon aillent réellement voter…..

e. Et enfin, le sondage peut-être le plus important.

C’est peut-être le sondage le plus important de la série. En effet, en cas de tête à tête Macron – Le Pen, le leader du mouvement En Marche ! serait « seulement » crédité de 58.5% de voix. Rappelons (c’est une autre époque cependant) que Jean-Marie Le Pen n’avait obtenu que 17.9% des voix face à Jacques Chirac en 2002. Les français seraient donc de plus en plus prêts à faire un saut dans l’inconnu….

2. Elasticité de l’acceptation

Après les élections présidentielles américaines de novembre 2016 et le référendum italien de décembre 2016, nous vous avions montré que les résultats surprenant auraient pu être prévu par une analyse économique plutôt qu’une analyse sociopolitique, la fameuse théorie de « l’élasticité de l’acceptation ». À l’avant-veille de l’élection présidentielle français en qui pourrait potentiellement perturber les marchés financiers lundi matin et plus globalement la stabilité économique et politique en zone euro, nous vous proposons de passer la France dans le moule de « l’élasticité de l’acceptation » pour voir si une crise politique est possible.

a. Ecouter le peuple

Le 24 août 2011 nous avancions notre théorie de « l’élasticité de l’acceptation » pour expliquer que dans plus en plus de pays les gouvernements en place (opérants le même type de politique depuis des décennies), se devaient absolument d’écouter avec le plus grand sérieux et la plus grande attention le peuple (quelle que soit sa classe sociale) pour éviter une fracture. L’élection de Donald Trump à la tête de la première économie mondiale, le choix des britanniques de quitter l’Union européenne (UE) ou le référendum italien de décembre 2016 nous prouve aujourd’hui que les gouvernements ne sont toujours pas à l’écoute.

b. Définition

Selon la définition « l’élasticité de l’acceptation » permet de déterminer jusqu’à quel point un gouvernement peut entreprendre des actions sans que le peuple ne le sanctionne dans les urnes.

En d’autres termes plus cette élasticité est importante plus un pays sera à même de faire passer des réformes et des plans d’austérité.

Sa mesure s’avère indispensable pour éviter les fractures, rétablir une confiance avec le peuple ainsi qu’une base pour une croissance saine.

En zone euro par exemple, l’Allemagne, de par son passé et sa culture a un niveau « d’élasticité de l’acceptation » plus important qu’un pays comme la France, moins à même d’accepter des réformes ou des modifications d’acquis sociaux.

c. Comment déterminer ce niveau ?

Pour déterminer le niveau « d’élasticité de l’acceptation », il est indispensable de prendre en compte plusieurs facteurs déterminants comme :

  • Le taux de chômage réel
  • Le pouvoir d’achat
  • La durée moyenne du chômage/Nombre de personnes qui n’y apparaissent plus
  • Le nombre d’employés de la fonction publique
  • L’inflation
  • L’état des infrastructures du pays
  • Le niveau de rejet de l’immigration

d. Passage en revue

Sans allez trop en détail, quelle est l’analyse que nous pouvons faire de ces facteurs en Italie ? Passage en revue :

  • Taux de chômage réel

Selon les toutes dernières données disponibles pour le mois de mars 2017, le taux de chômage en France s'établit à 9,7% soit au-dessus de la moyenne de la zone euro, qui était de 9.5% en mars. Chez les jeunes de 15 à 24 ans ce taux atteint désormais 23.6% (graphique).

Cependant si on lit les dernières conclusions de l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF) on apprend que le taux de chômage serait plus proche des 20%. En effet, l’ensemble de la société repose sur le travail de 31% de la population. Les 69% restants sont à la charge, d’une manière ou d’une autre, des 31%. Le taux d’emploi (64,2%) est inférieur à celui de l’Allemagne (77,7%) ou du Royaume-Uni (71,9%). Pire, si on retirait les indépendants (qui n’ont pas le droit au chômage) et les agents publics (qui ont la garantie de l’emploi) on se retrouve avec un taux de chômage atteignant les 30% de la population active. Un salarié sur trois serait aujourd’hui au chômage.

  • Pouvoir d’achat

Selon un sondage publié au début de mois d’avril 2017, Plus de huit Français sur dix (81 %) ont le sentiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dernières années. 12 % des personnes interrogées estiment que leur pouvoir d’achat a augmenté, 7 % jugent qu’il est resté stable. Lorsqu’ils font leurs courses alimentaires, les Français sont plus d’un tiers (37 %) à faire attention à ce qu’ils dépensent à cinq euros près ou moins ; 36 % calculent à dix euros près ; 27 % sont à 50 euros près ou ne comptent pas vraiment. Seul un tiers (35 %) déclare réussir à mettre de l’argent de côté à la fin du mois.

Dans une étude publiée par la banque centrale européenne (BCE) qui dresse les conséquences pour les ménages de la zone euro de sa politique monétaire dont les taux n'ont cessé de baisser depuis 2008, ce sont les Italiens et les français qui ont le plus perdu.

Les experts de la BCE ont bien sûr pris en compte, à la fois le point de vue des épargnants et celui des emprunteurs. Toute baisse des taux tend bien sûr à pénaliser les premiers tout en favorisant les seconds.

Or depuis 2008 il apparaît que les épargnants de la zone euro ont collectivement perdu l'équivalent de 3,2% de leur revenu annuel du fait de la baisse des taux.

En revanche les emprunteurs ont gagné au change, car les taux de crédits ont baissé, pour l'acquisition de logements en particulier, et au total il en est résulté pour eux un gain global représentant 3% de leur revenu annuel.

Parmi les principaux candidats à la présidentielle, Jean-Luc Melenchon est celui à qui les sondés font le plus confiance pour faire des propositions en matière de pouvoir d’achat (43 %), devant Emmanuel Macron (38 %), Benoît Hamon (34 %), Marine Le Pen (28 %) et François Fillon (20 %).

  • La durée moyenne du chômage/nombre de personnes qui n’y apparaissent plus

Le graphique ci-dessus ne laisse pas de place au doute : le nombre de demandeurs d'emploi de longue durée (DELD) au sens de l'Insee, c'est-à-dire le nombre de chômeurs de catégories A, B et C inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus, a explosé ces dernières années en France métropolitaine. Il a bondi de… 146% depuis juin 2008, pour atteindre les 2 410 100 inscrits en février 2017. Sur un an, il recule de 2,8%, soit 68 200 personnes de moins.

Le chômage de longue durée s'est accentué avec la crise "car les entrées dans le chômage ont augmenté tandis que les sorties bénéficient en priorité aux chômeurs au chômage depuis peu", explique l'Insee. Les populations qui ont le plus souffert de l'aggravation de ce phénomène entre 2008 et 2013 ? Les ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme, parents isolés, habitants des zones urbaines sensibles et immigrés, énumère l'Institut.

  • Le nombre d’employés de la fonction publique

S’il y a un record que détient bien la France, c’est le nombre d’emploi dans la fonction publique. Dans l’hexagone, les emplois de la fonction publique représentent 20% du total des emplois, soit un peu plus de 5,4 millions de personnes. Mais le nombre de fonctionnaires, c'est-à-dire les personnes travaillant dans le public et relevant de ce statut particulier synonyme de sécurité de l’emploi, s'élève lui à un peu plus de 3,8 millions de Français. Cette différence s'explique notamment par le recours à des contractuels (17,3% des emplois publics) et par le statut particulier des militaires (5,6%).

Un rapport du ministère de la Fonction publique souligne néanmoins que les recrutements dans la fonction publique se font davantage sous contrat que sous le statut de fonctionnaire.

  • L’inflation

Début 2017, l'inflation a bondi passant de 0.6% à 1.3% pour légèrement baisser par la suite. La première cause réside cependant et bien évidemment dans le coût de l'énergie. Depuis 2013 l'énergie ne contribuait plus à l'inflation et la faisait même baisser ces dernières années. Ceci a donc changé en janvier 2017 avec une contribution de 0.8 point sur les 1.3 du mois. En deuxième cause, on retrouve les produits alimentaires, dans une moindre mesure, avec une contribution de 0.2 point.

Les experts pronostiquent une inflation modérée pour 2017, voisine de 1.1% en moyenne sur l'année. Beaucoup d'incertitudes rendent cependant l'avenir proche assez incertain :

· Incertitude sur le prix du pétrole avec les USA qui continuent leur production et les autres pays producteurs qui commencent à se réguler

· Incertitudes politiques avec de nouveaux dirigeants élus ou à venir

· Incertitudes sur le QE (Quantitative Easing) de la BCE qui continue à injecter 60 Milliards d'Euros par mois depuis Mars 2015, mais avec peu d'efficacité sur sa cible à 2% d'inflation.

  • L’état des infrastructures du pays

Lors du Forum des Travaux Publics organisé jeudi 23 février 2017 au Carrousel du Louvre à Paris, quatre candidats à la présidentielle (Macron, Fillon, Hamon et Le Pen) ont répondu aux questions de la FNTP. Tous s'accordent sur la nécessité de dégager des moyens pour relancer l'investissement dans les infrastructures.

Un exemple, un seul. Si la France était première mondiale en 2008 pour l'état des routes, le pays n’est plus que dixième en 2016. Selon un rapport du Sénat rendu publique en mars dernier, les routes françaises seraient littéralement malades. Départementales, nationales mais aussi les 8'951 kilomètres d’autoroute concédées à des entreprises privées seraient très mal entretenues.

  • Le niveau de rejet de l’immigration

Selon un récent sondage du think tank britannique Chatham House (10’000 Européens de dix États différents ont été interrogés sur l'immigration provenant de pays musulmans), 55% des Européens souhaiteraient suspendre l'entrée des immigrés venant des pays musulmans. Cette proportion s'élèverait à 61% chez les Français.

Le sondage révèle que les Européens souhaiteraient suspendre l'immigration en provenance des pays de confession musulmane. Les Espagnols (41%) et les Britanniques (47%) seraient les seuls à ne pas franchir le seuil de la majorité. Avec 61%, la France arriverait après la Pologne (71%), l'Autriche (65%), la Belgique (64%) et la Hongrie (64%), mais devant l'Allemagne (53%).

Les personnes interrogées devaient répondre d'accord ou pas d'accord à cette formulation: «Toute nouvelle migration de pays principalement musulmans doit être arrêtée» («All further migration from mainly Muslim countries should be stopped», en anglais dans le texte).

· Résultat

Sans aucune connotation politique, force est de constater que l’élasticité de l’acceptation en France est extrêmement tendue et définitivement sur le point de se briser. Un candidat de l’extrême, voire deux candidats qui seraient au deuxième tour en serait la démonstration et les précédents gouvernements ne devraient pas s’en estimer surpris.

3. Que faudra-t-il surveiller lundi

Il y a bien évidemment plusieurs cas de figure à l’élection présidentielle française. Donc plusieurs réactions probable lundi matin à l’ouverture des marchés :

a. Secteurs et valeurs

· En cas de surprises « négative » (Le Pen/Melenchon)

Même si l’organisation d’une sortie de la zone euro devait se heurter à plusieurs obstacles constitutionnels, plusieurs secteurs seraient directement impactés. En premier lieu les valeurs financières après l’écartement des spreads de crédit entre les dettes françaises et allemandes. Ceci pourrait s’accompagner d’une crise financière importante.

On se souvient que les actions des géants bancaires britanniques les plus exposés à l’Union européenne avaient perdu jusqu’à 30% après le vote pour le Brexit. Cela dit, le Royaume-Uni avait déjà sa propre monnaie. Si la France devait revenir au franc, l’impact sur les banques françaises pourrait logiquement être plus violent, surtout sur la durée.

Il ne faudra donc surtout pas investir dans les valeurs financières, les valeurs endettées et les valeurs exposées au marché domestique.

Parmi les grands perdants identifiés figureraient donc les acteurs sensibles aux taux d’intérêt comme les valeurs bancaires (BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole), les utilities (Vinci, Eiffage) et les actions des acteurs de l’immobilier (Nexity).

Le secteur automobile (Renault, Peugeot) pourrait être touché négativement à travers leur endettement. Globalement c’est le made in France qui serait impacté dans un premier temps.

· En cas de surprises « positive » (Le Pen/Macron, Le Pen/Fillon, Le Pen absente du deuxième tour)

Tous les secteurs devraient en bénéficier mais particulièrement les valeurs très internationales, exportatrices et peu endettées (plus à risque en cas de surprises négatives). Au niveau des secteurs à privilégier figurent le luxe (Hermes, LVMH), la défense (Thales) et les boissons (exportateurs donc Rémy Cointreau par exemple).

Le secteur de la santé (Sanofi) pourrait aussi être entouré tout comme celui du pétrole (Total), des semi-conducteurs (STMicroelectronics) et de la technologie (Dassault Systèmes).

b. Devises et obligations d’Etat

En cas de surprise négative, les mouvements les plus forts interviendraient sur les taux et l’euro. Concernant les taux, l'écart de taux pour le 10 ans français avec l'Allemagne pourrait atteindre 300 points de base pour la France et 600 points de base pour l'Italie.

C’est en effet la contagion aux pays de l'Europe périphérique qui serait le plus à craindre. Le 10 ans allemand pourrait retomber en terrain négatif. Il sera cependant difficile de déterminer le niveau de juste valorisation du marché obligataire pendant un certain temps.

Comme la France n’a pas sa propre devise, c’est bien évidemment l'euro qui serait affecté négativement. La monnaie unique pourrait reculer de près de 5% face au dollar.

Rappelons que lors de l’élection grecque de 2012, qui souleva pour la première fois la question d’une sortie de la zone euro, la monnaie unique chuta de 6% durant le mois qui avait suivi et les marchés actions plongèrent de près de 10%.

c. Les indices

C’est la question la plus importante. Comment vont réagir les indices européens. Rappelons-nous que lors de toutes les dernières importantes élections (Brexit et élection de Donald Trump), les indices ont tout d’abord baisser pour finir en franche hausse.

Rappelons ici qu’en cas de victoire finale de Marine Le Pen, Jean-Luc Melenchon ou Emmanuel Macron, aucun d’entre eux n’auraient apparemment de majorité parlementaire en juin pour gouverner (quoi qu’en disait François Mitterrand "Les Français ne sont pas assez bêtes pour élire un président de la République en mai et lui refuser la majorité pour gouverner au mois de juin"). Le seul candidat à même d’avoir la majorité et de faire passer des réformes serait François Fillon….

En cas de duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron nn pourrait donc avoir une progression des indices dans un premier temps puis une prise de bénéfice dans l’attente des élections législatives de juin (11 et 18 juin).

Le duel le plus positif pour les indices serait un deuxième tour entre François Fillon et Marine Le Pen.

4. Les programmes politiques des 4 principaux candidats

Veuillez trouver ci-dessous les grandes lignes de campagnes des 4 principaux candidats à l’élection présidentielle française.

a. Résumé des grandes lignes sociales/politiques et économiques d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a promis s'il est élu de s'engager sur six chantiers: réforme de l'école, "société du travail", modernisation de l'économie, sécurité, stratégie internationale et moralisation de la vie publique. En voici les principales mesures.

· MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE/ DÉMOCRATIE

-interdiction pour les parlementaires d'exercer des activités de conseil

-fiscalisation de l'intégralité de la rémunération des parlementaires

- fin du régime spécial de retraite des parlementaires

- interdiction pour les parlementaires d'employer des proches ou des membres de leur famille

- interdiction de cumuler de plus de trois mandats identiques successifs

- interdiction pour tous les détenteurs d'un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection

- réduction d'un tiers du nombre de parlementaires

- utilisation le plus souvent possible de la procédure d'urgence pour examiner les textes législatifs

· TRAVAIL

- organisation "de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise"

- instauration d'un bonus/malus pour les entreprises abusant des CDD courts

- création d'un système universel d'assurance-chômage financé par l'impôt et piloté par l'Etat

- hausse de la prime d'activité de 50 %

- suspension du versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres pour un emploi "décent"

- suppression de la totalité des charges "générales" au niveau du SMIC. Pour tous les salaires: suppression des cotisations maladie et des cotisations chômage grâce à une augmentation de 1,7 point de la CSG, en protégeant les chômeurs et 40 % des retraités les plus modestes

- rétablissement des exonérations de cotisation sociales sur les heures supplémentaires

- suppression du Régime social des indépendants (RSI)

· ÉCONOMIE/NOUVEAU MODÈLE DE CROISSANCE

- plan d'investissement de 50 milliards d'euros (dont 15 pour la formation, 15 pour la transition écologique)

- baisse de l'impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 %

- transformation de l'ISF en "Impôt sur la fortune immobilière" (excluant le patrimoine financier)

- création d'un prélèvement unique sur les revenus du capital, de l'ordre de 30 %

- prime de 1.000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant, neuf ou d'occasion

- rénovation d'un million de logements mal isolés

- 50 % d'aliments bio, écologiques ou issus des circuits courts dans les cantines scolaires ou d'entreprises d'ici 2022

- réduction à 50 % de "la part du nucléaire dans (la) production d'énergie"

· ÉDUCATION

- autonomie pour les écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique

- prime de 3.000 euros nets par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+

- dans ces zones, pas plus de 12 élèves par enseignant en CP-CE1

- création de 4.000 à 5.000 postes d'enseignants

- rétablissement des classes bi-langues, des sections européennes

- rétablissement des études dirigées

- interdiction de l'usage des téléphones portables au collège et à l'école primaire

- modernisation du baccalauréat en limitant l'examen final à quatre matières obligatoires

- les universités pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations

- enseignement sur le fait religieux à l'école

· SÉCURITÉ

- création d'une "police de sécurité quotidienne"

- création de 10.000 postes de policiers et gendarmes

- création d'une injonction d'éloignement du territoire des délinquants, sous le contrôle du juge

- toute peine prononcée sera exécutée

- 15.000 nouvelles places de prison

- augmentation du budget de la Défense à 2 % du PIB

- création d'un état-major centralisé du renseignement rapportant directement au Conseil de défense auprès du président de la République

- création de centres pénitentiaires dédiés aux "foreign fighters" (combattants étrangers)

· EUROPE

- limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché

- création d'une force de 5.000 garde-frontières avec les partenaires européens

- imposer les grands groupes internet sur leur chiffre d'affaires réalisé en France

- mise en place d'un budget de la zone euro avec un Parlement et un ministre de l'Économie et des Finances de la zone euro

- réserver l'accès aux marchés publics européens aux entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe

- création d'un Fonds européen de défense qui financera les équipements militaires communs et d'un Quartier général européen permanent

- mise en place d'un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe pour préserver les secteurs stratégiques

- lancement dans toute l'Union européenne, après les élections allemandes de l'automne 2017, de conventions démocratiques, qui aboutiront à un projet adopté par tous les pays le souhaitant.

b. Résumé des grandes lignes sociales/politiques et économiques de Jean-Luc Melenchon

· EUROPE

S'exonérer du pacte de stabilité et des règles européennes encadrant les déficits

Fin de l'application unilatérale de la directive sur le détachement de travailleurs en France

Refus des traités de libre-échange (Tafta, Ceta...)

Dévaluation de l'euro pour revenir à la parité avec le dollar

Refondation démocratique, sociale et écologique des traités européens par la négociation / application d'un "plan B" en cas d'échec des négociations

· ECOLOGIE

Fermeture immédiate de Fessenheim, abandon des projets EPR de Flamanville et d'Hinkley Point

Injection de 100 milliards d'euros supplémentaires dans l'économie pour des investissements écologiquement et socialement utiles

Transformation des 41 milliards d'euros annuels du pacte de responsabilité et du crédit d'import compétitivité pour financer la transition énergétique et les activités socialement utiles

· MIGRATIONS

Refondation de la politique européenne de contrôle des frontières extérieures et refus de la militarisation de la politique de contrôle des flux migratoires

Refus de l'accord "visa + adhésion contre migrants" avec la Turquie

Construction de camps d'accueil aux normes internationales sur le modèle de Grande-Synthe

· SANTÉ

Remboursement à 100% des soins de santé prescrits

Abolition des dépassements d'honoraires, renforcement du paiement au forfait, reconstruction du service public hospitalier, retour sur la tarification à l'acte

· EDUCATION

Abrogation de la réforme du collège du gouvernement Valls

Recrutement d'au moins 60.000 enseignants supplémentaires sur le quinquennat, revalorisation du salaire des enseignants, en particulier ceux du primaire

· DEFENSE/SECURITE

Sortie de l'Otan et refus de la participation de la France à toute alliance militaire permanente à l'exception des opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'Onu

Possibilité d'effectuer son service citoyen obligatoire sous la forme d'un service militaire

Effectifs de policiers et gendarmes ramenés à ceux de 2007

· INTERNATIONAL

Sur la Syrie : mise en place d'une coalition universelle sous mandat de l'Onu pour éradiquer l'Etat islamique ; construction d'une solution politique reposant sur un cessez-le-feu excluant les groupes islamistes, le soutien au processus de Genève et l'organisation d'élections libres et pluralistes sous surveillance de l'Onu

Reconnaissance de l'Etat palestinien, appui à la solution à deux Etats coexistant pacifiquement par l'application pleine et entière des résolutions de l'Onu

· SOCIAL

Abrogation de la loi El Khomri

Augmentation immédiate du smic net mensuel de 16% pour le porter à 1.326 euros net pour 35 heures

Droit à la retraite à 60 ans à taux plein, durée de cotisation pour une retraite complète à 40 ans

· ECONOMIE/FINANCES

Revenir sur le programmes de privatisation

Instauration d'un protectionnisme solidaire pour produire en France

Séparation des banques d'affaire et de détail et création d'un pôle public bancaire

Sortie du FMI et de la Banque mondiale pour oeuvrer à la création d'un Fonds d'urgence sociale et d'une Banque solidaire d'investissement

· SOCIÉTÉ

Légalisation et encadrement de la consommation, de la production et de la vente de cannabis

Suppression de la Hadopi et mise en place d'une cotisation universelle sur les abonnements internet, finançant la création

· INSTITUTIONS

Réunion d'une Assemblée constituante

Droit de vote à 16 ans, vote obligatoire et généralisation de la représentation proportionnelle

c. Résumé des grandes lignes sociales/politiques et économiques de Marine Le Pen

· EUROPE

Renégocier les traités européens afin de rendre à la France sa "souveraineté", puis organiser, à l'issue de ces tractations, un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne.

Rétablir une monnaie nationale.

Sortir de l'espace Schengen.

Retirer le drapeau européen des lieux publics.

· INSTITUTIONS

Soumettre une révision de la Constitution (inscription de la "priorité nationale", réduction du nombre de parlementaires, suppression des conseils régionaux, notamment) à un référendum.

· FISCALITÉ-ENTREPRISES

Abroger la loi Travail.

Instaurer un taux intermédiaire de l'impôt sur les sociétés, à 24%, applicable aux PME.

Défiscaliser les heures supplémentaires.

Baisser de 5% les tarifs réglementés du gaz et de l'électricité.

Revenir sur le prélèvement à la source.

Baisser de 10% l'impôt sur le revenu pour les trois premières tranches.

Supprimer les taxes pour les donations parents-enfants de 100.000 euros tous les cinq ans, contre 15 ans actuellement.

Instaurer une taxe de 3% sur les importations et en reverser le produit aux salariés touchant jusqu'à 1.500 euros par mois.

Ramener l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, avec un seuil de 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite pleine.

· FINANCES PUBLIQUES

Créer un fonds souverain sous la tutelle de la Caisse des dépôts et consignations, qui aura pour mission de protéger les entreprises françaises des "fonds vautour" et des OPA hostiles.

Augmenter de 30% le budget public alloué à la recherche.

Permettre le financement du Trésor auprès de la Banque de France.

Nationaliser les sociétés d'autoroutes.

Privilégier les entreprises françaises pour les commandes publiques si l'écart de prix est raisonnable.

· IMMIGRATION

Ramener le solde migratoire à 10.000 personnes par an.

Supprimer le droit du sol.

Abroger l'Aide médicale d'Etat allouée aux étrangers en situation illégale.

· PRIORITÉ NATIONALE

Inscrire dans la Constitution la "priorité nationale", qui consiste à réserver des avantages aux ressortissants français en matière d'emploi ou de logement.

Réserver en priorité les logements sociaux aux ressortissants Français.

Instaurer une taxe applicable aux contrats de salariés étrangers.

· SÉCURITÉ-JUSTICE

Recruter 15.000 policiers et gendarmes ainsi que 6.000 agents des douanes.

Rétablir les peines plancher.

Supprimer le versement des aides sociales aux parents de mineurs délinquants récidivistes.

Instaurer une peine de prison à perpétuité incompressible pour les crimes les plus graves.

Créer 40.000 places de prison supplémentaires sur le quinquennat.

Expulser automatiquement les criminels et délinquants étrangers.

Expulser et interdire l'entrée sur le territoire aux binationaux "lié(s) à une filière djihadiste".

· DÉFENSE

Porter le budget de la Défense à 2% du PIB dès la première année puis viser les 3% à la fin du quinquennat.

Commander un deuxième porte-avions.

Augmenter les effectifs de l'armée d'environ 50.000 militaires.

Rétablir le service militaire, avec un minimum obligatoire de trois mois.

Quitter le commandement intégré de l'Otan.

d. Résumé des grandes lignes sociales/politiques et économiques de François Fillon

2. Aujourd’hui

Aujourd’hui, nous prendrons connaissance de l’activité manufacturière en Allemagne et en zone euro. Les ventes au détail en Grande-Bretagne devraient nous confirmer (ou non) le potentiel ralentissement économique du pays. Enfin, les PMI américains pourraient aussi apporter un peu de volatilité aux indices.

Les indices européens devraient ouvrir en légère hausse ce matin dans le sillage de la clôture américaine et de la poursuite du rachat de positions vendeuses (short squeeze) avant une élection présidentielle française de tous les dangers…. Rappelons qu’aujourd’hui sera marqué par une échéance d’options qui pourrait enfin apporter du volume aux indices.

Tendance asiatique

Les indices asiatiques sont en hausse ce matin dans le sillage du nouveau record pour le Nasdaq et la forte hausse du Dow Jones. C’est cependant le calme plat du côté des devises avant une semaine qui sera notamment marquée par la réunion de la banque centrale du Japon (BoJ). Rappelons que selon les dernières rumeurs, la BoJ pourrait commencer à signaler une normalisation de sa politique monétaire après les récents bons chiffres économiques.

Actualité

Le ministre allemand des Finances a estimé qu'il serait possible de faire évoluer le Mécanisme de stabilité européen (MES) en un fonds monétaire européen. Prié de dire si cela était possible à court terme, Wolfgang Schäuble a répondu : "Oui, je crois".

Un policier a été tué hier soir sur les Champs-Elysées, à Paris, et deux autres ont été gravement blessés dans une fusillade revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle française.

A Le Conseil des gardiens de la Révolution iranienne a validé la candidature du président sortant, Hassan Rohani, à la présidentielle, ainsi que celle du conservateur Ibrahim Raisi, mais a rejeté celle de l'ancien dirigeant Mahmoud Ahmadinejad

L'Union Européenne (UE) veut que le montant dont devra s'acquitter le Royaume-Uni pour se désengager soit défini "en euros", à l'abri des fluctuations de la livre britannique, selon un document de la Commission européenne consulté par l'AFP.

Le Venezuela a connu une nouvelle journée de protestations contre le président Nicolas Maduro marquées par des affrontements, et l'opposition annonce d'autres manifestations dans les prochains jours.

Energie / Utilities

► BP envisage de vendre ses participations dans trois projets de sables bitumineux au Canada, ont dit cette semaine à Reuters des sources proches du dossier, des cessions qui rentreraient dans le cadre de la volonté du géant pétrolier britannique de se défaire d'actifs non-stratégiques. La part de 50% de BP dans le projet Sunrise, situé dans la province de l'Alberta, est l'actif le plus important de ces trois projets avec une valorisation de quelque 810 millions de dollars. Le canadien Husky Energy détient le solde de Sunrise et en est également l'opérateur.

Prix du baril

Le prix du baril de pétrole évolue sans tendance ce matin dans une semaine qui aura été marquée par une très forte volatilité. Le prochain gamer changer pour le prix de l’or noir pourrait bien être la réunion de l’Opep en mai.

Industrie / Minières / Automobile

► AccorHotels a dégagé une croissance organique de 7,4% au premier trimestre, marqué par un net redressement de son activité en France et une très solide activité en Europe qui a permis de compenser une chute au Brésil pour cause de crise économique. Le chiffre d'affaires du numéro un européen de l'hôtellerie, qui ne consolide plus sa division de gestion immobilière - dont il s'apprête à céder une majorité du capital -, a totalisé 425 millions d'euros, signant une hausse de 35,4% en données publiées liée aux multiples acquisitions réalisées par le groupe. A périmètre et changes constants, la progression est ressortie à 7,4% après une hausse de 3,1% au dernier trimestre de 2016, et à 5,6% pour la seule activité de gestion hôtelière (HotelServices). "Le trimestre a été très positif (...), reflétant une activité très soutenue dans la majorité des régions et la contribution significative des hôtels de luxe qui génèrent 44% du chiffre d'affaires d'HotelServices", s'est félicité le directeur financier Jean-Jacques Morin lors d'une conférence de presse téléphonique. En France, premier marché du groupe, le chiffre d'affaires a reculé de 1,3% en raison d'éléments exceptionnels liés notamment au passage en franchise d'une soixantaine d'hôtels de Grape Hospitality, à un jour d'activité en moins et à des facturations pour des ouvertures d'hôtels.

► Michelin a annoncé que ses ventes nettes avaient grimpé de 9,9% au premier trimestre, à 5,57 milliards d'euros, dans ' un environnement de marchés globalement dynamiques '. Le groupe clermontois a par ailleurs confirmé ses prévisions pour l'exercice 2017 : il anticipe une croissance des volumes ' en ligne avec l'évolution mondiale des marchés ', un résultat opérationnel sur activités courantes supérieur ou égal à celui de 2016, hors effet de change et une génération de trésorerie disponible de plus de 900 millions d'euros. Le premier semestre devrait concentrer l'essentiel de la croissance du fait des achats d'anticipation déjà constatés en amont des hausses de prix, tandis que le second semestre bénéficiera de l'amélioration de rentabilité issue de ces hausses ', a déclaré le groupe dans un communiqué. Par ailleurs, le groupe poursuivra ' le pilotage agile ' de ses prix pour protéger ses marges unitaires dans un contexte de hausse des matières premières, dont il estime l'impact à environ 900 millions d'euros sur l'année. ' De nouvelles augmentations de tarifs ont ainsi été annoncées sur certains marchés ', a-t-il souligné.

► Tesla a annoncé le rappel de 53.000 berlines et 4x4 des gammes Model X et Model S, en raison d'un problème sur le frein à main qui pourrait empêcher son fonctionnement. La société californienne a affirmé qu'elle lançait ce rappel volontaire par "excès de précaution" en dépit du fait que le problème n'ait entraîné aucun accident ni provoqué de blessures. Le rappel couvre des véhicules produits entre février et octobre 2016. Selon Tesla, le problème affecte moins de 5% des véhicules rappelés. Tesla a vendu 76.000 véhicules dans le monde sur l'ensemble de l'année 2016.

► General Motors a annoncé la saisie par les autorités vénézuéliennes de son usine de Valencia, dans le nord du Venezuela, et a promis d'utiliser "toutes les mesures" pour défendre ses droits face à la mesure jugée illégale.

► Dottikon ES va abandonner son activité de recyclage de solvants pour tiers au deuxième semestre 2017. Le groupe argovien veut concentrer ses ressources sur la synthèse d'ingrédients pharmaceutiques actifs, indique-t-il. Des éléments extraordinaires pèseront à hauteur de 5 mio CHF sur l'exercice décalé 2016/17, qui devrait néanmoins boucler sur une croissance stable. Tous les employés touchés par la restructuration seront transférés vers d'autres usines du groupe, où les effectifs seront renforcés afin de répondre à la croissance organique attendue en 2017/18. Malgré la cessation du recyclage de solvants, Dottikon va conserver son activité d'incinération de déchets chimiques pour les tiers, précise le communiqué. A plus d'un mois de la publication des chiffres pour l'exercice décalé 2017/18, le groupe chimique lève un coin du voile sur ses états financiers. Il prévient que des éléments exceptionnels vont peser à hauteur de 5 mio CHF sur le résultat. Dans le détail, des correctifs de valeurs et des provisions pour la décontamination de terrain auront un effet négatif de 11 mio CHF. Un gain supplémentaire de 5 mio pourra cependant être inscrit en raison d'une norme sur les avantages du personnel, l'IAS 19.

Financières

► Même si les grands groupes bancaires américains accueilleraient favorablement un assouplissement de la réglementation du secteur, notamment de la loi Dodd-Frank et de la règle Volcker, ils continuent de se défendre de vouloir revenir à l'époque où leurs divisions de banque de financement et d'investissement pouvaient prendre des paris sur le marché pour leur propre profit. "Nous soutenons absolument le fait que les banques ne doivent pas être impliquées dans des opérations de trading pour compte propre", a affirmé le directeur financier de Citigroup, John Gerspach, à des analystes. "Et le trading pour compte propre ne fait pas partie de notre modèle d'affaires", a-t-il ajouté.

► Deutsche Bank a accepté de payer 157 millions de dollars à la Réserve fédérale (Fed) pour mettre un terme à un litige concernant des violations présumées des règles en matière de trading sur le marché des changes.

► Visa a fait état de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, de plus en plus de personnes utilisant les réseaux de paiement de l'émetteur de cartes américain. Dans des échanges d'après-Bourse, le titre Visa gagnait 3%. Le bénéfice net ajusté des trois mois au 31 mars, deuxième trimestre de l'exercice fiscal 2016-2017, est ressorti à 2,1 milliards de dollars (1,96 milliard d'euros), soit 0,86 dollar par action alors que les analystes financiers avaient anticipé 0,79 dollar selon le consensus. Le chiffre d'affaires sur la période est ressorti à 4,5 milliards de dollars contre un consensus de 4,29 milliards. Visa a également dit anticiper pour l'ensemble de l'année un bénéfice net ajusté dans le haut de sa fourchette de prévisions.

► La société d'investissement Anacap a annoncé l'acquisition des services d'informations financières Ellisphere à Natixis.

Informations et Technologies

► Temenos a dégagé au premier trimestre 2017 un Ebit ajusté en hausse de 23% sur un an à 27,3 mio USD. A taux de change constants (tcc), la progression est de 15%. La marge Ebit s'est montée à 19,2%, après 17,2%. Le bénéfice par action a été relevé de 29% à 0,27 USD. Toutes les données communiquées sont non-IFRS. Le chiffre d'affaires total a crû de 10% à 142,7 mio USD et de 13% tcc. Les recettes des licences ont augmenté de 16% à 45,4 mio USD et de 19% tcc. Les banques continuent à donner la priorité à leur développement numérique et adoptent de plus en plus des soulutions globales plutôt que de procéder à des changements partiels, a indiqué la société dans un communiqué. Ces résultats sont légèrement supérieurs aux prévisions des analystes. Le consensus AWP avait tablé sur un chiffre d'affaires total de 138,4 mio USD et de 44,4 mio pour les licences, un Ebit de 25,1 mio et un bénéfice par action (EPS) de 0,26 USD.

► Samsung a lancé ce matin en Corée du Sud son nouveau Galaxy S8, une étape capitale pour un groupe qui cherche à se refaire une image après le fiasco du Note 7 et l'incarcération de son vice-président.

Consommation

► Danone a relevé sa prévision annuelle de bénéfice pour tenir compte de l'acquisition du spécialiste américan des produits bio WhiteWave finalisée la semaine dernière. Le groupe table désormais sur une hausse à deux chiffres de son résultat net courant par action à changes constants en 2017, au lieu de la hausse d'au moins 5% anticipée en février dernier. Les variations de change devraient en outre avoir un effet légèrement positif sur le résultat cet année, a indiqué la directrice financière Cécile Cabanis lors d'une conférence avec les analystes. Le groupe vise également une progression de sa marge malgré une hausse de 5% du prix de ses matières premières attendue cette année. Danone a par ailleurs publié un chiffre d'affaires en hausse de 3% au premier trimestre, à 5,46 milliards d'euros, soutenu par une croissance organique de 0,7%. Selon le consensus, le chiffre d'affaires était attendu en moyenne à 5,51 milliards d'euros. Les ventes de produits laitiers frais du groupe ont reculé de 2,3% au premier trimestre en données comparables. Ce repli a été accompagné d'une croissance modeste des ventes d'eau (+1,7%) et d'une progression plus soutenue en nutrition infantile (+4,1%) et en nutrition médicale (+8,8%). Danone a par ailleurs confirmé ses prévisions de création de valeur liée à l'acquisition de WhiteWave pour 12,5 milliards de dollars, à savoir des synergies représentant 300 millions de dollars de bénéfice opérationnel à l'horizon 2020, un gain de 0,5% à 1% de taux de croissance des ventes annuelles et un impact relutif sur la marge opérationnelle courante à partir de 2018.

► Mattel a annoncé une perte trimestrielle beaucoup plus marquée que prévu ainsi qu'une baisse de ses ventes, sous le coup notamment d'une demande mitigée des détaillants pour les marques phares du fabricant de jouets américain, telles que Barbie et Fisher Price. L'entreprise, dont le titre cédait plus de 5% dans des échanges d'après-Bourse, a également pâti d'importants rabais consentis pour écouler les stocks d'invendus remontant à la période des fêtes. Dans le sillage de l'action Mattel, le titre du concurrent Hasbro, qui publie ses résultats lundi, cédait 3%. Fin janvier, le numéro un mondial du secteur devant le danois Lego, avait prévenu que la faiblesse des ventes constatée lors de la période des fêtes allait peser sur ses performances commerciales du premier trimestre. Mais l'impact du mauvais trimestre des fêtes est plus important que ce qu'avaient prévu aussi bien les investisseurs que l'entreprise elle-même. Le chiffre d'affaires a baissé de 15,4% sur la période, à 735,6 millions de dollars (687 millions d'euros), accusant son recul le plus prononcé depuis 2009.

Pharmaceutique

► Entre 2.150 et 4.100 enfants ayant été exposés in utero au valproate, la substance active de l'antiépileptique Dépakine de Sanofi, et à ses dérivés sur la période 1967-2016 seraient atteints d'au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires


 



 



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